Design intérieur

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Texte et musique Brigitte Saint-Aubin

Mise en scène Eric Jean

Musiciens Guido Del Fabbro, Bernard Falaise, Vincent Carré

Du 16 au 20 juin 2021

Durée approximative: 1h20

«Où suis-je? Qu’ai-je fait? Que dois-je faire encore?

Quel transport me saisit? Quel chagrin me dévore?»

Cette citation est tirée d’Andromaque de Racine. Brigitte a interprété cet extrait en 1994, à l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe. Elle avait vingt-trois ans. Aujourd’hui, elle en a quarante-cinq, ses enfants ne la réclament plus à tous les instants et sa mère vient de mourir. Ébranlée, passablement désorientée, la quadragénaire fonce vers une sortie de secours et, dans cette échappée solitaire, personnelle comme professionnelle, elle retourne au cégep étudier le design intérieur.

Conçu avec la complicité du metteur en scène Eric Jean, Design intérieur est un spectacle sensible et novateur, un objet scénique hybride qui allie le théâtre, les projections et la chanson. Entourée des musiciens Guido Del Fabbro, Bernard Falaise et Vincent Carré, l’autrice, compositrice, chanteuse et comédienne Brigitte Saint-Aubin se livre avec authenticité, poésie, une pointe d’humour et d’autodérision. Elle invite le public à la suivre dans un périple personnel où elle se repositionne, se questionne et teste sa capacité à lâcher prise; un état d’esprit dans lequel plusieurs sauront se reconnaître après cette année marquée par la pandémie. 

 

Les treize chansons originales qui ponctuent le spectacle Design intérieur ont également fait l’objet d’un album, bien accueilli par la critique, à propos duquel Sylvain Cormier écrivait dans Le Devoir : « Nécessaire traversée : plus c’est intime, plus on s’y retrouve. […] Les mélodies sont belles, et les mots, justes ». Présenté sur scène pour la première fois lors de l’édition 2018 de Coup de cœur francophone, la version théâtrale de Design intérieur fera vibrer la grande scène de Duceppe et son public distancié, en toute complicité.

 

🎧 Écoutez un extrait de l’album 

Une production

Extraits de critiques

et

Témoignages

Fabuleux. Excellent jeu des comédiens, histoire intéressante, on y reconnaît même certains membres de nos familles! J’aime ce mélange d’humour et de drame.
— LB

Excellente pièce de théâtre. René Richard Cyr a fait un travail sensationnel. Bravo!
— RD

Tout simplement super, extraordinaire, fabuleux, les mots me manquent pour l’appréciation de tous ces acteurs et actrices!
— GL

Une histoire de secrets de famille très intéressante. Des rôles féminins forts et bien interprétés.
— SL

Mise en scène vivante qui nous fait oublier le temps, les deux heures sont passées comme un coup de vent… Les acteurs sont tous excellents mais mention spéciale à Roger Léger, Marie-Hélène Thibault et surtout Christiane Pasquier!
— FR

Excellente adaptation d’une pièce majeure de la dramaturgie américaine, nettement mieux réussie que la version cinématographique!
— LC

Vraiment aucune fausse note! Texte particulièrement touchant, vrai, incisif, réaliste, profond et humain.
— CC

Excellent. Duceppe poursuit de belle façon son renouvellement: direction artistique inspirée, acteurs solides, performance magistrale de Christiane Pasquier et parfaite de Marie-Hélène Thibault. Merci à tous les artisans.
— AB

Une belle soirée. J’ai tout aimé: les comédiens, le décor, la mise en scène, les infos sur les écrans à l’entracte, tout! Bravo! J’aime les textes actuels qui nous font réfléchir sur l’humain.
— LL

J’ai tout simplement adoré la pièce et le jeu des comédiens. Nous la recommandons à tous nos amis.
— LT

J’ai beaucoup aimé le souffle et l’énergie de Christiane Pasquier, la vraisemblance d’une famille et des non dits.
— SL

J’adoré la pièce! Les acteurs étaient excellents… J’y retournerais demain matin!
— CC

Excellente soirée de théâtre avec une pièce qui roule autant dans le drame que dans la comédie! La distribution est particulièrement remarquable, surtout avec mesdames Pasquier et Thibault qui donnent le ton. Une belle fresque de la société américaine.
— RP

Excellent spectacle. Christiane Pasquier époustouflante. Bravo!
— PYB

Vraiment extraordinaire: 2h30 et je n’ai pas vu le temps passé. Chaque comédien était fabuleux, aucun temps mort. J’y retournerais sans hésitation!
— JC

Quelle bonne pièce et quels dialogues captivants, spécialement la scène du dîner! Le jeu de tous les comédiens était excellent. Beaucoup d’émotions, nous avons passé une excellente soirée.
— CB

Sublime! Belle pièce et bravo à tous ces excellents comédiens.
— CB

Ce spectacle m’a complètement renversée et plusieurs heures plus tard, je ressens encore cette fébrilité… réelle performance de tous les acteurs dirigés par un metteur en scène unique. Merci de m’avoir donné l’occasion de vivre ces moments magiques.
— EL

Extraordinaire! Mon épouse et moi avons tout aimé de cette pièce. Le texte, la mise en scène et le jeu des comédiens. Mention spéciale à Christiane Pasquier qui est tout à fait formidable. C’est une pièce dramatique avec quelques pointes d’humour bien dosées.
— MB

Pièce intéressante, qui allie humour et drame. Excellente mise en scène. Chapeau aux comédiens, surtout aux comédiennes.
— PB

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️! Une excellente pièce, dans la tradition du meilleur théâtre américain. Un texte puissant porté par des prestations impeccables de la part des comédiens et une mise en scène exceptionnelle. Un sublime moment de théâtre.
— SRB

Bon scénario, excellents comédiens, mise en scène vivante, décors superbes, une pièce magistrale.
— NT

Du grand théâtre. Excellent texte dont les révélations successives décapent l’une après l’autre les couches de l’hypocrisie et du mensonge non seulement d’une famille, mais de la société dont elle est le fruit. Production remarquable dans tous ses aspects.
— MO

Calendrier

16 au 20 juin 2021
19h
19h
19h
16h
15h

Distribution

Photo: Daniel Robillard

Brigitte
Saint-Aubin

Arnaud

Avec quatre albums à son actif, Être… (récipiendaire du Prix de la relève de la Musique Folk Canadienne), Les rêves à l’envers, Glamour et Design intérieur, l’autrice-compositrice-interprète Brigitte Saint-Aubin est une musicienne accomplie. Artiste multidisciplinaire, elle œuvre également au cinéma (Henri-Henri), à la télévision (30 vies, Mémoires vives) et au théâtre (Chante avec moi, Les foirées Montréalaises). Influencée à la fois par la musique folk et la chanson française, développant des thèmes tels que le temps, les rêves, l’acceptation de soi et l’amour, Brigitte se fraie un chemin dans les dédales de l’âme humaine en usant de poésie et de douce mélancolie. 

Au tournant de la quarantaine, Brigitte se lance un nouveau défi: intégrer les chansons de son plus récent album Design intérieur à une œuvre théâtrale solo qui porte le même titre. C’est le désir de raconter son histoire au-delà des chansons qui a guidé ce projet unique qui unit l’ensemble de sa pratique artistique. Dans une mise en scène du talentueux Eric Jean (Dance me/ Leonard Cohen, Variations sur un temps, Hippocampe), Design intérieur renouvelle, à sa façon, le style du récit musical et la manière de véhiculer un album de chansons.

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Crédits

Conseil dramaturgique
François Archambault
Direction musicale
Guido Del Fabbro
Scénographie
Max-Otto Fauteux
Conception lumière
Gonzalo Soldi (HUB Studio)
Conception vidéo
Gaspard Philippe (HUB Studio)
Sonorisation
Frédéric Auger
Assistance à la mise en scène
Carol-Anne Bourgon Sicard

Médias

Entrevue avec l'autrice

Comédienne et autrice-compositrice-interprète, Brigitte Saint-Aubin mène de front une carrière à la fois musicale, théâtrale et télévisuelle. Avec le spectacle Design intérieur, C’est la première fois qu’elle réunit ses deux passions: la musique et le jeu. Elle en rêvait depuis longtemps. Entretien.


Votre spectacle prend sa source dans un profond chagrin et un grand désarroi… mais on rit beaucoup
! Un beau tour de force. C’était important pour vous l’humour et l’autodérision?

Tellement, oui! L’humour fait réellement partie de ma vie et, ici, c’est un élément clé pour amener le public à me suivre dans mon monde. Comme un fil d’Ariane… je tiens un fil et j’amène les gens dans une grotte. Et l’humour est ce fil qui marque le passage dans tout ce qu’il y a de sombre. C’est l’espoir que la fin soit heureuse !

Vous aimeriez que le public retienne quoi en sortant de la salle?

J’espère que les gens se reconnaîtront quelque part dans le spectacle, qu’ils quitteront le théâtre avec un élan de vitalité. C’est un solo que je souhaite lumineux, rempli d’espoir, très loin du désespoir. J’aimerais que les gens sortent de la salle avec une lueur dans les yeux et une envie de rebondir!

Design intérieur, c’est d’abord un disque encensé, votre quatrième. Vous avez exprimé en entrevue que ce solo est né d’un désir de «parler plus grand qu’une chanson et d’occuper la scène autrement comme interprète». Pouvez-vous m’en dire plus?

C’était une envie de sortir de la boîte, de la forme. Une chanson, c’est très formel. Plus restrictif, plus mathématique. Tandis que le théâtre est plus libre, dans la manière comme dans le contenu. 

J’avais un grand besoin de parler du deuil et de la maladie de ma mère. Et je me suis rendu compte que les chansons étaient de trop petites cases. Ce sont de brèves histoires de trois minutes, des moments. Par ailleurs, une chanson, c’est formidable pour cette raison, c’est condensé! Mais, je voulais m’exprimer davantage sur mes questionnements, sur le vécu, les traces, où tout ça m’amenait…

J’ai commencé à écrire de plus longs textes, puis des monologues. Petit à petit, le spectacle de théâtre s’est construit. Finalement, chansons et textes, les deux se répondaient. Ils se sont emboîtés de manière naturelle. Les chansons étant l’avenue peut-être plus poétique. Aussi, la musique apporte un tout autre aspect à la compréhension des choses, dans le non-dit et la sensation. 

Vous avez créé ce spectacle avec l’aide du dramaturge François Archambault et du metteur en scène Éric Jean. Pouvez-vous me parler de leurs rôles?

François était là dès le départ, au moment où j’envisageais uniquement un spectacle théâtral, avant même de penser à imbriquer les chansons. Il a été mon regard extérieur. Il m’a suivie dans toute la construction dramatique et, ensemble, on a développé ce langage qui comporte plusieurs niveaux de récit. Parfois, je m’adresse directement au public, il y a aussi des scènes où je joue les personnages, et il y a mon discours intérieur. Sans compter qu’il y a le côté direct dans le temps et des flashbacks. On retrouve plusieurs couches, divers niveaux de communication. J’ai pu expérimenter tout cela avec le retour d’un auteur aguerri, que j’admire énormément. Aussi, François a une plume qui s’exprime dans un vocabulaire naturel, un aspect cinématographique dans son écriture très proche du concret et du quotidien. C’était exactement dans cette voie que je souhaitais aller.

Eric est arrivé quand j’ai décidé d’imbriquer mes chansons et de créer un spectacle théâtral où la musique serait présente. C’était la personne idéale, parce qu’il aime beaucoup la musique. Elle est importante dans sa vie, dans son œuvre. Il construit souvent à partir de la musique et je savais qu’il appréciait la mienne.

De plus, j’avais envie de travailler avec quelqu’un que je connaissais, qui était proche de moi. Avec qui je n’avais aucune barrière, avec qui je pouvais plonger dans cet univers très personnel et émotif. Eric a été très présent, au-delà de la mise en scène, dans toutes les sphères de cette création. 

Diriez-vous que c’est un solo autobiographique? Êtes-vous réellement retournée au Cégep?

Je suis retournée un an au Cégep en design intérieur. C’est certain que, comme dans toute construction fictive, il y a une part arrangée avec le gars des vues. Mais, ici… pas tant que ça! C’est une démarche personnelle, très autobiographique, sur la reconstruction. Ma mère a été malade pendant cinq ans avant de mourir et ç’a été difficile pour elle d’accepter la fin. Elle demeurait à Québec, elle était loin, j’avais de jeunes enfants… Pour être franche, ç’a été épuisant. 

Depuis ma sortie de l’école de théâtre, c’est la création qui m’habite. J’ai toujours cherché à exprimer les choses différemment. Mais, après son décès, je n’avais plus rien à dire. J’étais dans une espèce de vide, pendant plusieurs mois. J’étais à plat, épuisée de mon métier aussi. Épuisée de me «réinventer»! Mais, en même temps, je voulais tout refaire chez moi… J’ai donc reçu une designer et j’ai réalisé que cette femme allait chez les gens, les écoutait, s’affairait à rendre meilleur leur milieu de vie. Il y a de la psychologie, du dessin, de la créativité et je me suis dit, tiens, peut-être que je pourrais me retrouver dans ce genre de métier… Et je me suis inscrite au Cégep sur un coup de tête!

Design intérieur est un spectacle introspectif, à la fois extrêmement personnel et étonnamment universel, n’est-ce pas

Le besoin de se redéfinir, le fait d’arriver à un carrefour de sa vie et se questionner, je pense que ça peut toucher tout le monde. Pour qui je fais les choses? Pourquoi? Nous cherchons tous une façon de lâcher prise et d’accepter qui nous sommes vraiment.

Cette année, il y a eu de nombreux deuils. Des gens ont dû se réorienter, se repositionner, d’autres se sont mis sur pause et ne l’avaient jamais fait. Design intérieur soulève la question: sur quelles valeurs base-t-on nos choix de vie? C’est une année qui nous a remué·e·s, je pense, comme société, et dans le quotidien de chacun·e, cette question a pris davantage de place. Celle que Duceppe pose sur le visuel promotionnel de la pièce, «La réussite: une question de perspective?», résume bien l’ensemble du spectacle. 

Pour certain·e·s, la dernière année a permis d’acquérir une certaine perspective, a amené de grands changements. Un peu comme la finalité du parcours de ma mère m’a projetée, malgré moi. Plusieurs ont vécu la même chose pendant la pandémie: une occasion de se questionner et de se projeter. Il n’y a pas eu que du mauvais. 

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Entretien avec René Richard Cyr

La dernière présence de René Richard Cyr chez Duceppe remonte à dix ans déjà. Le réputé et prolifique metteur en scène dirigeait alors Minuit chrétien de Tilly. Nous sommes heureux d’accueillir de nouveau ce créateur formidable, qui a donné vie sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe aux personnages de Tennessee Williams comme à ceux de Michel Tremblay, aux univers de Serge Boucher et de Peter Shaffer. Cette fois, René Richard Cyr s’attaque à une partition colossale de treize rôles savoureux, créés par l’Américain Tracy Letts. Entretien avec le metteur en scène.

Vous envisagiez de monter cette pièce depuis un moment, n’est-ce pas?

Quand cette pièce a été présentée à New York pour la première fois, en 2007, j’ai reçu deux, sinon trois coups de fil, dont celui de Frédéric Blanchette, qui en signe ici la traduction québécoise. Il m’a dit: «Écoute, j’ai vu une pièce, c’est pour toi! Il faut que tu la montes.»

D’autres personnes m’ont aussi écrit et je crois que l’on pensait à moi parce qu’il y a une certaine parenté entre cette œuvre et l’univers de l’auteur québécois Serge Boucher, un univers hyperréaliste. Dans ma carrière, j’ai monté plusieurs textes de Serge, et j’avais à ce moment-là déjà mis en scène Les bonbons qui sauvent la vie, 24 poses (portraits) et , ici, chez Duceppe. J’ai donc lu cette pièce américaine et je l’ai beaucoup aimée, mais, pour toutes sortes de raisons, elle est restée quelques années dans mes cartons. Quand David (Laurin) et Jean-Simon (Traversy) sont arrivés à la direction artistique, nous avions le désir de travailler ensemble et August: Osage County faisait partie des projets possibles. Après mûre réflexion, leur choix s’est finalement arrêté sur ce grand texte que l’on a renommé Disparu·e·s.

Pourquoi ce titre?

Dans cette pièce, on parle d’abord d’un père qui est porté disparu. Mais, assez rapidement, on se rend compte qu’énormément de choses se sont aussi envolées. Les valeurs familiales ont disparu, les couples s’effritent, plus rien ne s’installe vraiment dans la durée. Le personnage de la mère, Violet Weston, s’efface dans les drogues, elle n’est plus tout à fait là. Ses filles se sont éloignées du noyau familial depuis des années…

À un moment donné, il y a un personnage qui dit: «Ce qui est en train de disparaître était en fait déjà disparu». Dans le sens que l’on ne peut plus vivre comme avant. Nos valeurs profondes sont ébranlées. Nous sommes aussi en train de disparaître. En fait, nos vies sont faites de mille disparitions par jour.

Vous avez déjà dit qu’il n’y a pas de rôle principal dans cette pièce. Pourquoi?

C’est ce qui est extraordinaire dans Disparu·e·s! Il y a presque treize rôles principaux. La pièce est en ce sens surprenante, enthousiasmante. Il a de nouveaux personnages qui arrivent tout le temps, au fur et à mesure que l’action avance. Il y a constamment des éléments de surprise. La mère, Violet, est tout de même centrale. C’est celle par qui tout est provoqué, celle sur qui tout rebondit. Mais, il demeure que tous les autres personnages ne font pas que saupoudrer quelques petites épices, ils participent réellement à l’histoire.

Il y a des moments hilarants dans cette pièce, comme des instants presque tragiques. Avez-vous attaqué cette œuvre comme une comédie ou plutôt comme un drame?

Je me dis que c’est un mélodrame comique. Il y a un côté très mélodramatique. Toutes les maladies de l’Amérique moderne, ou à peu près, y sont exploitées!

C’est un peu comme si l’auteur Tracy Letts avait mélangé du Arthur Miller, du Tennessee Williams et du Eugene O’Neill dans un gros blender… On y retrouve une telle charge d’événements dramatiques! Mais la steam est régulièrement libérée et l’humour devient salvateur à plusieurs moments. Ç’a été un grand plaisir de créer cette famille complètement dysfonctionnelle autour du personnage de la mère, très emblématique. C’est la comédienne Christiane Pasquier qui l’incarne.

J’avais de la difficulté à m’imaginer quelqu’un d’autre pour l’interpréter. Christiane a une vérité profonde, elle peut être très touchante et en même temps excessivement punchée, extrêmement comique. Ça prenait une actrice avec une grosse boîte de Prismacolor dans son cœur! C’est-à-dire, une actrice qui peut donner une tonne de couleurs à son personnage.

Et pour répondre à la question de savoir comment j’ai attaqué cette œuvre, comme une comédie ou comme un drame, je dirais que je l’ai d’abord attaquée sous l’angle de la vérité. À la première lecture, je ne savais pas si c’était un drame ou une comédie. J’ai dit aux acteurs et aux actrices: «C’est vous qui allez me le dire». Pour moi, ce qui est intéressant, c’est de pouvoir jouer avec tous ces éléments de contraste. À mon avis, c’est ce qui fait souvent la qualité des grands textes. Prenons, par exemple, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou de Tremblay. C’est une œuvre incroyablement tragique, mais, tout à coup, il y a une chicane sur le beurre de peanuts qui fait rire tout le monde et l’humour nous permet d’évacuer toute la lourdeur du propos. Dans Disparu·e·s, les répliques sont tellement vitrioliques qu’on ne peut pas faire autrement que de rire. Ces gens se disent des horreurs, certains éléments dans la situation sont démesurés. Mais, comme metteur en scène, on ne peut pas choisir d’en faire une comédie ou une tragédie.

J’essaie seulement d’y aller dans la vérité et dans la psychologie de chacun des personnages, en laissant au public le choix de trouver ça drôle, ou pas.

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Autrice

Photo: Daniel Robillard

Brigitte
Saint-Aubin

Avec quatre albums à son actif, Être… (récipiendaire du Prix de la relève de la Musique Folk Canadienne), Les rêves à l’envers, Glamour et Design intérieur, l’autrice-compositrice-interprète Brigitte Saint-Aubin est une musicienne accomplie. Artiste multidisciplinaire, elle œuvre également au cinéma (Henri-Henri), à la télévision (30 vies, Mémoires vives) et au théâtre (Chante avec moi, Les foirées Montréalaises). Influencée à la fois par la musique folk et la chanson française, développant des thèmes tels que le temps, les rêves, l’acceptation de soi et l’amour, Brigitte se fraie un chemin dans les dédales de l’âme humaine en usant de poésie et de douce mélancolie. 

Au tournant de la quarantaine, Brigitte se lance un nouveau défi: intégrer les chansons de son plus récent album Design intérieur à une œuvre théâtrale solo qui porte le même titre. C’est le désir de raconter son histoire au-delà des chansons qui a guidé ce projet unique qui unit l’ensemble de sa pratique artistique. Dans une mise en scène du talentueux Eric Jean (Dance me/ Leonard Cohen, Variations sur un temps, Hippocampe), Design intérieur renouvelle, à sa façon, le style du récit musical et la manière de véhiculer un album de chansons.

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Metteur en scène

Photo : Pierre Manning

Eric
Jean

Eric Jean est un metteur en scène estimé. Directeur artistique et général du Théâtre de Quat’Sous de 2004 à 2016, il y a proposé une dramaturgie éclatée et de nouveaux savoir-faire. C’est sous son mandat que s’est effectuée la reconstruction du célèbre théâtre de l’avenue des Pins. Il est également connu pour sa grande implication auprès de la relève, tant dans l’enseignement qu’au niveau professionnel.

Mais c’est surtout avec sa méthode de création axée sur les improvisations dirigées qu’Eric Jean a fait sa marque et sa réputation. Les exemples les plus probants de cette technique, que le metteur en scène nomme «écriture vivante», sont certainement les fameux Hippocampe, écrit en collaboration avec Pascal Brullemans, et couronné du Prix de la critique en 2003 et Chambre(s) écrit cette fois-ci avec Pascal Chevarie en 2009. Suite au succès du premier, le metteur en scène est mis en nomination pour le prix Siminovitch 2004.

Parmi ses autres mises en scène les plus marquantes, nommons Corps étrangers/Cuerpos extranos (2005), spectacle d’abord créé au Mexique et ensuite présenté au Québec et écrit en collaboration avec Pascal Brullemans, Opium37 (2009-2011), pièce écrite en collaboration avec Catherine Léger, S’embrasent (2009-2017) pièce pour public adolescent de Luc Tartar, Le ventriloque (2012) de Larry Tremblay, Survivre (2013) d’Olivier Kemeid, Testament (2014) de Vickie Gendreau, Variations sur un temps (2015) de David Ives et Le Joker (2016) de Larry Tremblay.

Au printemps 2019, à l’invitation de Sébastien Harrisson, Eric Jean s’est joint à lui pour partager la direction artistique et générale de la compagnie de théâtre Les 2 Mondes. 

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Mot de la direction artistique

August: Osage County, devenue Disparu·e·s chez Duceppe, s’inscrit dans la lignée des grandes fresques familiales américaines. C’est assurément l’une des pièces les plus puissantes issues de cette dramaturgie depuis le tournant du siècle.

Tracy Letts nous plonge dans l’univers des Weston, et plus particulièrement celui des trois générations de femmes qui sont l’âme, le cœur et le corps de cette famille.

Une famille forte, mais marquée par de profondes déchirures.

Des déchirures qui font écho aux dissensions qui affectent l’Amérique.

La cellule familiale est source de compromis. On y apprend à aimer ses proches de façon inconditionnelle et à apprécier leur différence. Mais quand un conflit affecte nos valeurs profondes, il arrive que nous soyons poussé·e·s dans nos derniers retranchements. Doit-on alors préserver la cellule familiale à tout prix?

Il y a longtemps que nous voulions travailler avec René Richard Cyr. S’il est devenu l’un de nos plus grands metteurs en scène, c’est justement parce qu’il a un don pour créer ces familles.

Une partie importante du travail de la mise en scène est de trouver la bonne actrice ou le bon acteur. Puis, de fil en aiguille, la famille est rassemblée. Au cours du processus des répétitions, elle rencontrera indéniablement des tempêtes, des périodes de doutes. C’est à ce moment que la mise en scène doit écouter, tempérer et éclairer.

René Richard excelle dans cet art parce qu’il élève tout le monde autour de lui.

Nous sommes fiers de vous présenter sa formidable famille de Disparu·e·s.

Bienvenue chez eux!

David et Jean-Simon

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Mot du metteur en scène

Nos vies sont traversées par mille disparitions.

L’enfance est vite passée, les désillusions s’amoncellent, l’amour ne dure pas toujours, l’argent est vite dépensé, les distances et le temps nous éloignent les uns des autres, les jours s’allongent, les nuits raccourcissent, la santé se fragilise, la vieillesse surgit trop tôt et finalement la mort rend tous nos efforts futiles et nos espoirs sont déçus. À vrai dire, on ne reconnait vraiment la valeur des gens et des choses que lorsqu’on les a perdus.

 

Il y a déjà longtemps que la famille Weston a explosé et même si l’on tentait d’en recoller les morceaux, les brèches et les blessures sont trop profondes et nombreuses pour que le passé soit effacé, le présent vivable et l’avenir possible. La précarité et la fragilité de leurs relations sont à l’image d’une Amérique déboussolée alors que tous les repères et les certitudes s’ébranlent. Confronté·e·s à tous les bouleversements sociaux, politiques et humains qui nous secouent, il devient de plus en plus impossible de vivre dans le confort et la quiétude. Et c’est peut-être tant mieux ainsi. Car le monde doit changer.

Nous savions que nous n’étions pas immortel·le·s, que nous étions tous inexorablement seul·e·s, nous sommes maintenant confronté·e·s au courage de ne pas sombrer dans le désespoir. Il faut vivre, il faut croire, mais il faut surtout tout réinventer.

À demain, en espérant que l’on ne soit pas disparu·e·s.

René Richard Cyr

P.S. Ah oui! J’oubliais! C’est peut-être aussi une comédie! La comédie humaine!

 

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