DISPARU·E·S

August: Osage County

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Texte Tracy Letts

Adaptation et mise en scène René Richard Cyr

Traduction Frédéric Blanchette

Interprétation Chantal Baril, Yves Bélanger, Sophie Cadieux, Alice Dorval, Hugo Dubé, Antoine Durand, Renaud Lacelle-Bourdon, Roger Léger, Guy Mignault, Christiane Pasquier, Kathia Rock, Évelyne Rompré, Marie-Hélène Thibault

Du 23 octobre au 23 novembre 2019

Durée approximative: 2h30 incluant l’entracte

Beverly Weston, poète jadis célèbre, disparaît mystérieusement. D’urgence, ses trois filles se réunissent dans la maison de leur enfance, au milieu des plaines suffocantes de l’Oklahoma. Souffrant d’un cancer et d’une dépendance aux médicaments, leur mère Violet fera de ces retrouvailles familiales un champ miné de confrontations aussi savoureuses qu’implacables. Reproches cinglants et ripostes décapantes, les secrets étouffés volent en éclats, les rancoeurs tenaces refont surface. En ce mois d’août, dans le canton d’Osage, personne n’est épargné. Et si, au bout du compte, ce violent orage d’été se révélait salutaire…

Avec humour, vivacité et intelligence, Disparu·e·s oscille sans cesse entre comédie noire et mélodrame. Véritable escalade de tensions culminant lors d’un infernal dîner qui frise l’hystérie, cette pièce de Tracy Letts propose treize partitions truculentes, absolument réjouissantes. Autant de personnages denses, à la fois cruels et attendrissants, qui composent cette étonnante fresque familiale. Et au-delà de cette plongée dans les malheurs et les obsessions du clan dysfonctionnel des Weston, cette histoire évoque plus largement une Amérique ébranlée, en perte de repères. Considérée par plusieurs comme l’une des pièces américaines les plus marquantes des vingt dernières années, Disparu·e·s valait à son auteur un prix Pulitzer en 2008 et cinq Tony Awards, dont celui du meilleur texte.

Extraits de critiques

et

Témoignages

Tout à fait ravie, enchantée par la performance époustouflante de Yves Jacques, l’ingéniosité de la mise en scène, la page d’histoire et la rectitude du propos. Tout à fait génial!
— JD

J’ai trouvé le spectacle GÉNIAL! Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu de l’acteur… Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une pièce de théâtre.
— IM

Le spectacle était à la hauteur de mes attentes qui étaient très grandes. La scénographie et le jeu du comédien étaient exceptionnelles.
— AM

J’ai complètement adoré. La technologie est un plus mais le jeu de Yves Jacques est superbe. Rien que du bon! À recommander à mes amis.
— ML

Un excellent spectacle qui nous a transportés du début à la fin. Un texte d’une grande richesse, une mise en scène originale et créative et une interprétation magistrale, tous les éléments étaient réunis pour nous faire apprécier cette pièce.
— AM

C’était magnifique! L’utilisation du décor, la trame sonore, la conception d’éclairages, la mise en scène et bien sûr, le comédien! J’ai grandement apprécié cette œuvre dans son entièreté.
— MB

Mise en scène très originale, inédite, très créatrice, et qui sort des sentiers battus. Excellente performance du comédien Yves Jacques.
— PP

La mise en scène était magique! 2h15 de pur bonheur avec un comédien maîtrisant son rôle à la perfection.
— FBD

Première pièce de Robert Lepage : nous avons été complètement soufflés, ébahis par les aspects multimédias et la qualité de l’interprétation.
— ADM

C’est tout une performance d’Yves Jacques et le génie de M. Lepage. Bravo à eux et aux artisans magiques.
— RL

Le théâtre de Robert Lepage fait appel à notre intelligence. Sa non-linéarité, le non-respect des conventions théâtrales, le jeu exceptionnellement sensible de Yves Jacques, m’ont complètement chamboulée. J’en ai pleuré de bonheur.
— DP

Nous ne pouvions demander mieux, superbe moment de théâtre !
— SH

Une super production qui vaut le détour. L’ingéniosité de la scénographie est impressionnante. Yves Jacques est sublime. IMMENSE coup de cœur pour la scène finale!
— MLG

Tout simplement extraordinaire. J’ai dégusté ce spectacle du début à la fin, du grand Lepage, joué par un grand acteur.
— SR

Performance incroyable d’Yves Jacques. Usage ingénieux des éléments du décor, très introspectif comme pièce. Toute en finesse, du grand Robert Lepage.
— CB

J’ai apprécié ce spectacle autant que la première fois que je l’ai vu, à sa création, joué par Robert Lepage lui-même. Yves Jacques se l’ait bien approprié. La scénographie est extraordinaire, on croirait voir un film.
— OL

Très impressionnant tant au niveau technique qu’au niveau du jeu. Yves Jacques était tout simplement sublime.
— SL

Absolument fantastique! Quel génie que Robert Lepage et Yves Jacques, quel acteur! — ME Magnifiquement présenté. L’acteur, l’histoire, le mécanisme de la scène, la poésie derrière.
— NL

J’ai vu le spectacle à sa création, revu avec Yves Jacques et une troisième fois hier soir, en plus d’avoir vu le film. Toujours aussi ravie…
— RM

Ma fille et à moi avons adoré la pièce, autant la mise en scène que le jeu exceptionnel d’Yves Jacques.
— SV

Absolument fantastique. La mise en scène était parfaite et Yves Jacques sublime. Je reverrais ce même spectacle encore et encore.
— ST

Superbe! très bien joué et témoigne de la grande créativité de l’auteur et du metteur en scène!
— MB

Calendrier

Du 23 octobre au 23 novembre 2019
19h30 - Complet
20h - Complet
20h
15h
19h30
17h - Causerie
20h
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15h
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19h30
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19h30
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15h

Distribution

Photo: Annie Éthier

Chantal
Baril

Mattie Fae Aiken
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Photo: Monic Richard

Yves
Bélanger

Sheriff Deon Gilbeau
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Photo: Maxyme G. Delisle

Sophie
Cadieux

Karen Weston
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Photo: Maxime Côté

Alice
Dorval

Jean Fordham
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Photo: Tzara Maud

Hugo
Dubé

Steve Heidebrecht
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Photo: Alain Desjean

Antoine
Durand

Bill Fordham
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Photo: Andréanne Gauthier

Renaud
Lacelle-Bourdon

P'tit Charlie Aiken
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Photo: Eva-Maude TC

Roger
Léger

Charlie Aiken
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Photo: Marc Leny Renb

Guy
Mignault

Beverly Weston
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Photo: Max Tremblay

Christiane
Pasquier

Violet Weston
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Photo: Stephan Ballard

Kathia
Rock

Johnna Monevata
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Photo: Jean-François Brière

Evelyne
Rompré

Ivy Weston
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Photo: Julie Perreault

Marie-Hélène
Thibault

Barbara Weston
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Crédits

Décor
Jean Bard
Costumes
Cynthia St-Gelais
Éclairages
Alexandre Pilon-Guay
Musique
Alain Dauphinais
Accessoires
Normand Blais
Assistance à la mise en scène
Marie-Hélène Dufort

Médias

Plus sur la pièce et son auteur

Quatrième pièce de l’Américain Tracy Letts, August: Osage County a été créée le 28 juin 2007 au Steppenwolf Theatre à Chicago, compagnie dont le dramaturge, aussi acteur, est membre depuis de nombreuses années. Applaudie ensuite sur Broadway, elle y tiendra l’affiche presque deux ans et récoltera un grand nombre de prix, dont un Pulitzer en 2008, l’une des plus illustres récompenses au monde, qui souligne chaque année les créations exceptionnelles en journalisme, littérature et théâtre. Deux autres pièces de Tracy Letts seront aussi finalistes pour cette prestigieuse récompense: Man from Nebraska (2004) et The Minutes (2018).

C’est Dennis Letts, le père du dramaturge, qui a créé le rôle du patriarche Beverly Weston dans August: Osage County à Chicago.

Passionné de théâtre, professeur d’anglais à la Southeastern Oklahoma State University, il s’est retiré du monde universitaire à l’âge de 50 ans pour devenir acteur. Malgré un diagnostic de cancer et un éprouvant traitement, il décidera de jouer la pièce de son fils à New York, donnant huit spectacles par semaine. Il quittera les planches en janvier 2008, peu de temps avant son décès, le 22 février.

Après Chicago, New York et Londres, les prestigieuses scènes d’Israël, de Porto Rico, d’Australie, d’Allemagne, d’Autriche, d’Argentine, de Suède, du Danemark, du Pérou, d’Espagne, de la Nouvelle-Zélande, de la Roumanie et du Canada comptent parmi celles qui ont tour à tour accueilli cette œuvre majeure, considérée par plusieurs comme l’une des pièces américaines les plus marquantes des vingt dernières années.

Parlant des origines du titre de sa pièce, Tracy Letts a déclaré:

«Je ne pourrais jamais prétendre à un titre aussi brillant que August: Osage County. M. Howard Starks, gentleman, professeur, poète, génie, mentor, ami a créé ce titre pour un poème extraordinaire qui est l’une des inspirations de ma pièce: je le lui vole avec déférence, mais sans excuses — Howard, j’en suis sûr, ne voudrait pas qu’il en soit autrement — et je dédie cette pièce à sa mémoire.»

Dust hangs heavy in the dull catalpas;
the cicadas are scraping interminably
at the heart-thickened air —
no rain in three weeks, no real breeze all day,
In the dim room,
the blinds grimly endure the deadly light,
protecting the machined air,
as the watchers watch the old lady die.

August: Osage County par Howard Starks (extrait)

Tracy Letts a signé l’adaptation cinématographique de sa pièce, portée à l’écran par le réalisateur John Wells. Tourné en Oklahoma, terre natale de l’auteur, le film a été présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto en septembre 2013. Il met en vedette une brillante distribution.

Meryl Streep y incarne Violet Weston, prestation qui lui vaudra une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice en 2014. Finaliste à cette même cérémonie, dans la catégorie de la meilleure actrice pour un second rôle, Julia Roberts y interprète sa fille, Barbara Weston.

Au Québec, la version en français a été projetée en 2014 sous le titre Le temps d’un été.

Au cours de la dernière décennie, Tracy Letts a aussi été salué pour ses performances d’acteur dans de nombreuses productions de renom, sur scène comme à l’écran.

De nouveau récompensé par un Tony Award en 2013, mais comme interprète cette fois — pour son rôle de George dans Who’s Afraid of Virginia Woolf? — Tracy Letts incarnait tout récemment Joe Keller dans All My Sons d’Arthur Miller sur Broadway, aux côtés d’Annette Bening.

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Entretien avec René Richard Cyr

La dernière présence de René Richard Cyr chez Duceppe remonte à dix ans déjà. Le réputé et prolifique metteur en scène dirigeait alors Minuit chrétien de Tilly. Nous sommes heureux d’accueillir de nouveau ce créateur formidable, qui a donné vie sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe aux personnages de Tennessee Williams comme à ceux de Michel Tremblay, aux univers de Serge Boucher et de Peter Shaffer. Cette fois, René Richard Cyr s’attaque à une partition colossale de treize rôles savoureux, créés par l’Américain Tracy Letts. Entretien avec le metteur en scène.

Vous envisagiez de monter cette pièce depuis un moment, n’est-ce pas?

Quand cette pièce a été présentée à New York pour la première fois, en 2007, j’ai reçu deux, sinon trois coups de fil, dont celui de Frédéric Blanchette, qui en signe ici la traduction québécoise. Il m’a dit: «Écoute, j’ai vu une pièce, c’est pour toi! Il faut que tu la montes.»

D’autres personnes m’ont aussi écrit et je crois que l’on pensait à moi parce qu’il y a une certaine parenté entre cette œuvre et l’univers de l’auteur québécois Serge Boucher, un univers hyperréaliste. Dans ma carrière, j’ai monté plusieurs textes de Serge, et j’avais à ce moment-là déjà mis en scène Les bonbons qui sauvent la vie, 24 poses (portraits) et , ici, chez Duceppe. J’ai donc lu cette pièce américaine et je l’ai beaucoup aimée, mais, pour toutes sortes de raisons, elle est restée quelques années dans mes cartons. Quand David (Laurin) et Jean-Simon (Traversy) sont arrivés à la direction artistique, nous avions le désir de travailler ensemble et August: Osage County faisait partie des projets possibles. Après mûre réflexion, leur choix s’est finalement arrêté sur ce grand texte que l’on a renommé Disparu·e·s.

Pourquoi ce titre?

Dans cette pièce, on parle d’abord d’un père qui est porté disparu. Mais, assez rapidement, on se rend compte qu’énormément de choses se sont aussi envolées. Les valeurs familiales ont disparu, les couples s’effritent, plus rien ne s’installe vraiment dans la durée. Le personnage de la mère, Violet Weston, s’efface dans les drogues, elle n’est plus tout à fait là. Ses filles se sont éloignées du noyau familial depuis des années…

À un moment donné, il y a un personnage qui dit: «Ce qui est en train de disparaître était en fait déjà disparu». Dans le sens que l’on ne peut plus vivre comme avant. Nos valeurs profondes sont ébranlées. Nous sommes aussi en train de disparaître. En fait, nos vies sont faites de mille disparitions par jour.

Vous avez déjà dit qu’il n’y a pas de rôle principal dans cette pièce. Pourquoi?

C’est ce qui est extraordinaire dans Disparu·e·s! Il y a presque treize rôles principaux. La pièce est en ce sens surprenante, enthousiasmante. Il a de nouveaux personnages qui arrivent tout le temps, au fur et à mesure que l’action avance. Il y a constamment des éléments de surprise. La mère, Violet, est tout de même centrale. C’est celle par qui tout est provoqué, celle sur qui tout rebondit. Mais, il demeure que tous les autres personnages ne font pas que saupoudrer quelques petites épices, ils participent réellement à l’histoire.

Il y a des moments hilarants dans cette pièce, comme des instants presque tragiques. Avez-vous attaqué cette œuvre comme une comédie ou plutôt comme un drame?

Je me dis que c’est un mélodrame comique. Il y a un côté très mélodramatique. Toutes les maladies de l’Amérique moderne, ou à peu près, y sont exploitées!

C’est un peu comme si l’auteur Tracy Letts avait mélangé du Arthur Miller, du Tennessee Williams et du Eugene O’Neill dans un gros blender… On y retrouve une telle charge d’événements dramatiques! Mais la steam est régulièrement libérée et l’humour devient salvateur à plusieurs moments. Ç’a été un grand plaisir de créer cette famille complètement dysfonctionnelle autour du personnage de la mère, très emblématique. C’est la comédienne Christiane Pasquier qui l’incarne.

J’avais de la difficulté à m’imaginer quelqu’un d’autre pour l’interpréter. Christiane a une vérité profonde, elle peut être très touchante et en même temps excessivement punchée, extrêmement comique. Ça prenait une actrice avec une grosse boîte de Prismacolor dans son cœur! C’est-à-dire, une actrice qui peut donner une tonne de couleurs à son personnage.

Et pour répondre à la question de savoir comment j’ai attaqué cette œuvre, comme une comédie ou comme un drame, je dirais que je l’ai d’abord attaquée sous l’angle de la vérité. À la première lecture, je ne savais pas si c’était un drame ou une comédie. J’ai dit aux acteurs et aux actrices: «C’est vous qui allez me le dire». Pour moi, ce qui est intéressant, c’est de pouvoir jouer avec tous ces éléments de contraste. À mon avis, c’est ce qui fait souvent la qualité des grands textes. Prenons, par exemple, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou de Tremblay. C’est une œuvre incroyablement tragique, mais, tout à coup, il y a une chicane sur le beurre de peanuts qui fait rire tout le monde et l’humour nous permet d’évacuer toute la lourdeur du propos. Dans Disparu·e·s, les répliques sont tellement vitrioliques qu’on ne peut pas faire autrement que de rire. Ces gens se disent des horreurs, certains éléments dans la situation sont démesurés. Mais, comme metteur en scène, on ne peut pas choisir d’en faire une comédie ou une tragédie.

J’essaie seulement d’y aller dans la vérité et dans la psychologie de chacun des personnages, en laissant au public le choix de trouver ça drôle, ou pas.

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Auteur

Tracy
Letts

Tracy Letts est auteur dramatique, scénariste et acteur américain. Il est né à Tulsa, en Oklahoma. Son père était un professeur d’anglais et sa mère romancière à succès. Son œuvre la plus célèbre est certainement August: Osage County, inspirée d’un chapitre sombre de sa propre histoire familiale et présentée sous le titre Disparu·e·s cette saison chez Duceppe.

Sacrée meilleure pièce par les New York Drama Critics Circle Awards, les Tony Awards, les Drama Desk Awards, elle récoltait de plus le prix Pulitzer en 2008. Elle fut créée au Steppenwolf Theatre à Chicago, avant de déménager sur Broadway en décembre 2007 pour y tenir l’affiche jusqu’en juin 2009, après 648 représentations et 18 avant-premières. À Chicago comme à New York, Dennis Letts, le père du dramaturge, était de la distribution. Devenu acteur après sa carrière dans l’enseignement, il incarnait avec un succès indiscutable le patriarche Beverly Weston.

Parmi les autres pièces de Tracy Letts, mentionnons Linda Vista, Mary Page Marlowe, The Scavenger’s Daughter, Superior Donuts, Man from Nebraska (finaliste prix Pulitzer), Bug, Killer Joe et The Minutes (finaliste prix Pulitzer). En plus de ses écrits pour la scène, il a signé les scénarios des adaptations cinématographiques de Bug (2006) et Killer Joe (2011), tous deux dirigés par William Friedkin, et d’August: Osage County (2013), mettant en vedette les stars Meryl Streep et Julia Roberts. L’année 2019 marquera la sortie du film The Woman in the Window, une adaptation de Letts du best-seller d’A. J. Finn.

Tracy Letts est également acteur. Couronné du Tony Award 2013 du meilleur acteur pour sa performance sur scène dans Qui a peur de Virginia Woolf?, on l’a aussi vu au cinéma et à la télévision, notamment dans le rôle du sénateur Lockhart lors de deux saisons de la série Homeland. Récemment, il a joué dans trois films acclamés par la critique: The Lovers, Lady Bird et The Post.

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Metteur en scène

Photo : Julie Perreault

René Richard
Cyr

Metteur en scène, comédien, auteur, réalisateur et animateur, René Richard Cyr est un homme de théâtre complet, un homme de spectacle passionné. Il a de nombreuses fois conquis les spectateurs de Duceppe avec ses mises en scène inspirées. Pensons notamment à Soudain l’été dernier de Tennessee Williams, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou et Le vrai monde? de Michel Tremblay, 24 poses (portraits), Les bonbons qui sauvent la vie, et Excuse-moi de Serge Boucher, Amadeus de Peter Shaffer et, finalement, Minuit Chrétien de Tilly en 2011. Il est enfin de retour cette saison avec l’adaptation du texte et la direction de l’impressionnante distribution de Disparu·e·s de Tracy Letts.

René Richard Cyr est derrière de nombreuses autres productions théâtrales marquantes, dirigeant des œuvres d’ici et d’ailleurs, de Molière à Brecht, de Michel Marc Bouchard à René Daniel Dubois. Il a également assuré la direction artistique de divers spectacles musicaux, notamment de Diane Dufresne et Céline Dion. Il a créé, avec Dominic Champagne, Zumanity, le cabaret érotique du Cirque du Soleil présenté à Las Vegas depuis 2003, en plus de signer la mise en scène de quelques grands opéras, parmi lesquels Don Giovanni de Mozart et Macbeth de Verdi produit à Montréal, Melbourne et au prestigieux Opéra de Sydney. En 2010, il concevait l’adaptation et la mise en scène de Belles-Sœurs, le théâtre musical et, en 2013, Le Chant de Sainte Carmen de la Main était créé.

Récemment, il a dirigé au TNM Caligula et Demain matin, Montréal m’attend — qui lui valait pour la cinquième fois le Félix du metteur en scène de l’année décerné par l’ADISQ — ainsi que les nouveaux spectacles de Luc Langevin et Fred Pellerin avec l’OSM, Les jours de la semelle.

René Richard Cyr fut directeur artistique et codirecteur général du Théâtre d’Aujourd’hui de 1998 à 2004. Il a également assuré la codirection artistique du Théâtre PÀP de 1981 à 1998.

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Traducteur

Photo : Daniel Desmarais

Frédéric
Blanchette

Auteur, acteur, traducteur et metteur en scène, Frédéric Blanchette occupe une place importante dans le paysage théâtral québécois. Chez Duceppe, en plus de signer la mise en scène de l’audacieuse pièce Consentement en décembre dernier, il a monté avec succès Quand la pluie s’arrêtera, L’espérance de vie des éoliennes et À présent. Comédien, on l’a aussi applaudi sur les planches du Théâtre Jean-Duceppe dans Sunderland et Août – Un repas à la campagne.

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1998, Frédéric Blanchette fait sa marque dans chacun des domaines artistiques qu’il touche. Il a d’ailleurs récolté plusieurs nominations au gala des Masques, étant notamment en lice en 2004 pour la révélation et la mise en scène de l’année pour Cheech ou les hommes de Chrysler sont en ville de François Létourneau. Trois ans plus tard, il reçoit le convoité Masque du meilleur texte original pour sa pièce Le Périmètre.

Parmi ses nombreuses mises en scène, mentionnons L’ancien quartier de David Mamet, Appelez-moi Stéphane de Claude Meunier et Louis Saia, Les Grandes Occasions de Bernard Slade, Le paradis à la fin de vos jours de Michel Tremblay, L’obsession de la beauté de Neil LaBute, Enfantillages de François Archambault, Being at home with Claude de René-Daniel Dubois et Tribus de Nina Raine. Tout récemment, il montait Dans le champ amoureux de Catherine Chabot et Amour et information de Caryl Churchill. Il signe aussi la mise en scène de Trahison d’Harold Pinter présentée au printemps 2018 au Rideau Vert.

Comédien, Frédéric Blanchette est apprécié autant au théâtre (Ennemi public, Les Trois Mousquetaires, Raphaël à Ti-Jean, Hamlet, etc.) qu’à la télévision (Béliveau, Boomerang, 19-2, Toute la vérité, etc.). Il jouait également dans la série Tu m’aimes-tu?, dont il est idéateur et coscénariste. Au cinéma, il était de la distribution des films Horloge biologique, Louis Cyr et Autrui.

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Mot de la direction artistique

C’est au cours d’un repas de fin de soirée improvisé que l’idée de reprendre La Face cachée de la Lune à Montréal nous est apparue. Yves Jacques venait de faire un laboratoire avec notre ami Mathieu Quesnel. Et c’est ce soir-là, en écoutant ses savoureuses histoires de tournée, que l’idée a sérieusement commencé à germer.

 

Au cours de cette période, nous passions beaucoup de temps à réfléchir aux bases de notre future direction artistique. Un questionnement nous habitait depuis un bon moment: quels seront les classiques québécois de demain? Quels sont les créateurs dont nous parlerons encore dans 50 ou 100 ans? Lorsqu’on évoque ces classiques, nos références nous renvoient souvent aux premiers succès de la dramaturgie québécoise. Serait-il temps de faire découvrir les grandes œuvres des années 90 et 2000 à une nouvelle génération? Et la réponse s’est imposée d’elle-même grâce la rencontre fortuite d’un artiste exceptionnel revenu se poser à Montréal entre deux blocs de tournée: absolument.

Alors que nous étions encore sur les bancs d’école, la création de La Face cachée de la Lune avait provoqué une onde de choc dans nos réseaux et sur la scène culturelle québécoise. Célébrée pour son inventivité, son humanité et son accessibilité, cette œuvre propulsait la dramaturgie québécoise contemporaine aux quatre coins du monde.

 

Avec cette œuvre, Robert Lepage réussit habilement à concilier l’infiniment petit et l’infiniment grand. À travers ses recherches sur la conquête de l’espace et ses tentatives de rapprochement avec son frère cadet, le personnage de Philippe nous force à nous poser de grandes questions.

Sommes-nous seuls?

 

Quoi qu’il en soit, nous espérons que votre présence entre nos murs aujourd’hui saura vous convaincre de la puissance du théâtre comme expérience collective et humaine.

 

Bon spectacle,
David Laurin et Jean-Simon Traversy

Mot du metteur en scène

Depuis que nous l’avons sondée, explorée, cartographiée et que nous y avons planté un drapeau, notre intérêt pour la Lune semble avoir grandement diminué. Déjà, au début des années 70, les dernières missions Apollo ne suscitaient plus assez d’intérêt pour justifier leurs télédiffusions.

 

Mais bien qu’elle ait perdu un peu de son mystère, la Lune n’a certainement pas perdu sa force poétique. En m’intéressant à certains épisodes de la conquête de l’espace, j’ai découvert que ma jeunesse – que je croyais pourtant ensoleillée – baignait la plupart du temps dans les tonalités bleues et grises de la Lune.

 

J’ose espérer que cette histoire de réconciliation entre deux frères saura vous toucher et réveiller en vous un peu de cette nostalgie lunaire.

 

Robert Lepage

Auteur, concepteur et metteur en scène

Entrevue avec Yves Jacques

L’acteur Yves Jacques mène une brillante carrière, ici comme à l’international. Ces dernières années, il a partagé la scène avec Isabelle Huppert, le grand écran avec Nicole Kidman ou encore Fabrice Luchini. À compter de 2001, il est devenu la voix et le visage de La Face cachée de la Lune de Robert Lepage. Depuis, il a fait le tour du monde, livrant ce solo plus de 300 fois en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie, en Europe et en Océanie. Acteur virtuose, donnant vie à tous les personnages de ce spectacle culte, il recevait le Prix Gascon-Roux (2003) et le Prix des abonnés du Théâtre du Trident (2011) pour cette performance. Entretien avec Yves Jacques.

 

Dans La Face cachée de la Lune, Robert Lepage dépeint le personnel pour atteindre l’universel et il a dit qu’il se souviendrait toujours de votre interprétation en Corée du Sud. Cette œuvre sur deux frères qui tentent de se réconcilier a pris une dimension particulière dans ce pays, en conflit avec « sa sœur », la Corée du Nord. Y a-t-il d’autres représentations dont vous vous rappelez plus spécialement ?

 

Je reviens d’abord sur la Corée. On y est retourné en mai 2018 et c’est incroyable l’effet que cette pièce peut avoir là-bas. Les gens sont d’une extrême fébrilité, parfois même en larmes quand ils viennent me rencontrer après la représentation. Des membres de l’équipe du théâtre, avec qui on a travaillé une ou deux semaines, étaient aussi très émus, bouleversés. En Corée, les familles sont déchirées, au Nord et au Sud. Ils ne se voient plus depuis des dizaines d’années et il y a tellement de Coréens qui ne demandent que ça, une réconciliation. La Face cachée de la Lune touche partout dans le monde, mais quand on a vu la réaction si intense des spectateurs de Séoul, c’est incomparable.

Ce que je trouve par ailleurs fascinant — et c’est là que je constate à quel point Lepage sait vraiment toucher l’âme humaine — c’est de voir les spectateurs de partout réagir aux mêmes endroits, à la réplique près, que ce soit en français ou en anglais, car je joue cette pièce dans les deux langues. Cependant, la façon de réagir est différente d’un pays à l’autre. Par exemple, au Mexique, je n’ai jamais vu une salle rire comme ça de ma vie. Les spectateurs avaient ouvert leurs cellulaires, ils s’envoyaient des textos sur ce qui se passait sur scène, prenaient des photos. Ils avaient un fun noir entre eux et je n’avais plus aucun contrôle. C’était débridé et déchaîné !

Sinon, je pense à la Chine, où les salles sont immenses, pour la présentation des opéras, des comédies musicales, de grands ballets. On se retrouve dans ces lieux parce que les petites salles ne sont pas assez larges pour accueillir notre décor. Je me souviens d’une fois en particulier, c’était juste avant que le spectacle commence. Je suis alors derrière le miroir, comme toujours. Mais, cette fois, je n’entends aucun, mais aucun son venir du public. On est à quelques minutes du début de la représentation. Je marche doucement en coulisse et je demande au régisseur : « Coudon, est-ce qu’il y a au moins quelques spectateurs ? » Il me répond que c’est plein à craquer ! Je repars, et on n’entend toujours rien, sauf le bruit de mes chaussures quand je retourne à ma place pour commencer le show ! C’était hallucinant, complètement le contraire de ce que j’avais vécu au Mexique.

Un autre moment dont je me souviens, tout à fait charmant celui-là, c’est lorsqu’on nous a invités en Catalogne, à Barcelone plus précisément. On leur a offert de présenter le spectacle en anglais ou en français. Ils ont exigé qu’on le fasse en français. Eux, ils parlent le catalan dans un pays espagnol et on nous a dit quelque chose comme : « Ça n’est certainement pas nous qui allons vous obliger à jouer la pièce en anglais alors qu’au départ elle a été créée en français, au Québec » !

Est-ce qu’elle a été présentée en Russie ?

Oui ! C’était Robert Lepage qui ouvrait un festival à Moscou en 2007 avec La Face cachée de la Lune, et moi, j’y étais avec Le Projet Andersen. Il ne le savait pas, mais le cosmonaute Alexeï Leonov, le héros de son enfance et l’inspiration même de la pièce qu’il jouait, était dans la salle. Après le spectacle, Leonov a rencontré Robert et lui a offert une bouteille de vodka, celle qu’il avait apportée avec lui dans le vaisseau spatial à l’époque, semble-t-il !

Il y a près de 20 ans, Robert Lepage vous confiait l’interprétation de La Face cachée de la Lune. « Elle est à toi maintenant », vous a-t-il dit. Comment vous êtes-vous réapproprié ce rôle, d’abord créé par Lepage, lui-même ?

Robert a effectué quelques légères adaptations quand je suis arrivé. Mais, j’ai toujours fait en sorte que ça demeure très respectueux de son travail. Je n’ai pas « kidnappé » le show à mes propres fins, ça reste un spectacle de Robert Lepage. D’abord, je l’ai joué de 2001 à 2005, puis j’ai repris Le Projet Andersen jusqu’en 2012, encore une fois, partout dans le monde.

En 2011, on nous a invités à présenter La Face au Trident à Québec — où la pièce avait été créée en 2000 — pour célébrer les 40 ans de ce théâtre. On a encore constaté un vrai engouement pour cette production que plusieurs considèrent comme l’une des plus accessibles et les plus populaires de Robert Lepage. À partir de là, les gens ont voulu revoir La Face cachée de la Lune et on a repris la route. L’hiver dernier, j’étais en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Séoul. L’automne d’avant, j’étais en Belgique et en France après avoir joué à Cardiff et Plymouth en Angleterre. Prochainement, on est attendus à Shanghai, Singapour et Barcelone. Ça n’arrête pas !

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Un pièce qui voyage!

D’Aarhus à Zurich, La Face cachée de la Lune a été applaudie par les spectateurs de 65 villes, dans 27 pays. Ce solo a été joué près de 450 fois à ce jour, dont plus de 300 par Yves Jacques.

Alunissage

3 janvier 2019

PREMIER ALUNISSAGE SUR LA FACE CACHÉE DE LA LUNE LE 3 JANVIER 2019 : UN ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Un premier engin spatial a réussi à se poser en douceur sur la face cachée de la Lune le 3 janvier dernier et cette mission, une première dans l’histoire, n’était ni russe ni américaine. Elle était chinoise. L’appareil Chang’e-4, du nom d’une divinité de la Lune dans la mythologie chinoise, avait quitté la Terre le 8 décembre 2018.

Contrairement à la face qui est toujours tournée vers notre planète et qui avait notamment été explorée par les missions Appolo, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’avait encore jamais touché le sol de l’autre côté. Il s’agit d’une opération particulièrement difficile du point de vue technologique, car la face cachée de notre satellite naturel est montagneuse, accidentée et parsemée d’une multitude de cratères.