FUN HOME —
ALBUM DE FAMILLE

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Texte et paroles Lisa Kron

Musique Jeanine Tesori

D’après le roman graphique d’Alison Bechdel

Mise en scène Jean-Simon Traversy

Traduction David Laurin

Interprétation Frédérique Cyr-Deschênes, Lyndz Dantiste, Kathleen Fortin, Eve Landry, Sarah Laurendeau, Renaud Paradis, distribution à compléter

Du 15 avril au 16 mai 2020

Durée approximative: 1h45

Au tournant de son 44e anniversaire, âge auquel son père est mort de manière inattendue, Alison Bechdel plonge dans ses souvenirs pour raconter l’histoire de cet homme raffiné, obsessif et unique en son genre; ce père imprévisible à la fois distant et si proche, dont le tempérament et les secrets brûlants ont défini ses relations et sa vie. Entre passé et présent, Alison relate son enfance au salon funéraire familial surnommé le « Fun Home ». Elle évoque la découverte et l’acceptation de son homosexualité et ranime les questions sans réponse sur les désirs cachés de son père.

Basé sur le roman graphique et autobiographique d’Alison Bechdel, best-seller acclamé et sacré Livre de l’année 2006 par Time Magazine, ce théâtre musical aussi drôle que déchirant met en scène l’autrice et dessinatrice américaine à trois époques différentes de sa vie: enfant, adolescente et adulte. On y explore avec une remarquable originalité et une grande finesse l’attrait obsédant de la mémoire et le pouvoir qu’elle possède sur le cheminement vers le monde adulte. Reconnu comme l’un des spectacles les plus révolutionnaires présentés à Broadway, salué par la critique du monde entier, Fun Home — Album de famille de Jeanine Tesori et Lisa Kron a été maintes fois récompensé depuis sa création en 2015, récoltant cinq Tony Awards et figurant parmi les finalistes pour le prix Pulitzer.

Avec le soutien de

Extraits de critiques

et

Témoignages

Tout à fait ravie, enchantée par la performance époustouflante de Yves Jacques, l’ingéniosité de la mise en scène, la page d’histoire et la rectitude du propos. Tout à fait génial!
— JD

J’ai trouvé le spectacle GÉNIAL! Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu de l’acteur… Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une pièce de théâtre.
— IM

Le spectacle était à la hauteur de mes attentes qui étaient très grandes. La scénographie et le jeu du comédien étaient exceptionnelles.
— AM

J’ai complètement adoré. La technologie est un plus mais le jeu de Yves Jacques est superbe. Rien que du bon! À recommander à mes amis.
— ML

Un excellent spectacle qui nous a transportés du début à la fin. Un texte d’une grande richesse, une mise en scène originale et créative et une interprétation magistrale, tous les éléments étaient réunis pour nous faire apprécier cette pièce.
— AM

C’était magnifique! L’utilisation du décor, la trame sonore, la conception d’éclairages, la mise en scène et bien sûr, le comédien! J’ai grandement apprécié cette œuvre dans son entièreté.
— MB

Mise en scène très originale, inédite, très créatrice, et qui sort des sentiers battus. Excellente performance du comédien Yves Jacques.
— PP

La mise en scène était magique! 2h15 de pur bonheur avec un comédien maîtrisant son rôle à la perfection.
— FBD

Première pièce de Robert Lepage : nous avons été complètement soufflés, ébahis par les aspects multimédias et la qualité de l’interprétation.
— ADM

C’est tout une performance d’Yves Jacques et le génie de M. Lepage. Bravo à eux et aux artisans magiques.
— RL

Le théâtre de Robert Lepage fait appel à notre intelligence. Sa non-linéarité, le non-respect des conventions théâtrales, le jeu exceptionnellement sensible de Yves Jacques, m’ont complètement chamboulée. J’en ai pleuré de bonheur.
— DP

Nous ne pouvions demander mieux, superbe moment de théâtre !
— SH

Une super production qui vaut le détour. L’ingéniosité de la scénographie est impressionnante. Yves Jacques est sublime. IMMENSE coup de cœur pour la scène finale!
— MLG

Tout simplement extraordinaire. J’ai dégusté ce spectacle du début à la fin, du grand Lepage, joué par un grand acteur.
— SR

Performance incroyable d’Yves Jacques. Usage ingénieux des éléments du décor, très introspectif comme pièce. Toute en finesse, du grand Robert Lepage.
— CB

J’ai apprécié ce spectacle autant que la première fois que je l’ai vu, à sa création, joué par Robert Lepage lui-même. Yves Jacques se l’ait bien approprié. La scénographie est extraordinaire, on croirait voir un film.
— OL

Très impressionnant tant au niveau technique qu’au niveau du jeu. Yves Jacques était tout simplement sublime.
— SL

Absolument fantastique! Quel génie que Robert Lepage et Yves Jacques, quel acteur! — ME Magnifiquement présenté. L’acteur, l’histoire, le mécanisme de la scène, la poésie derrière.
— NL

J’ai vu le spectacle à sa création, revu avec Yves Jacques et une troisième fois hier soir, en plus d’avoir vu le film. Toujours aussi ravie…
— RM

Ma fille et à moi avons adoré la pièce, autant la mise en scène que le jeu exceptionnel d’Yves Jacques.
— SV

Absolument fantastique. La mise en scène était parfaite et Yves Jacques sublime. Je reverrais ce même spectacle encore et encore.
— ST

Superbe! très bien joué et témoigne de la grande créativité de l’auteur et du metteur en scène!
— MB

Calendrier

Du 15 avril au 16 mai 2020
19h30
20h - Complet
20h
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Distribution

Photo: Annie Éthier

Frédérique
Cyr-Deschênes

Alison ado
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Photo: Daphné Caron

Lyndz
Dantiste

Roy et autres personnages
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Photo: Patrick Jougla

Kathleen
Fortin

Helen Bechdel
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Photo: Christian Bujold

Eve
Landry

Alison Bechdel
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Photo: Hugo B. Lefort

Sarah
Laurendeau

Maude
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Photo: Karine Lévesque

Renaud
Paradis

Bruce Bechdel
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Crédits

Décor
Odile Gamache
Costumes
Linda Brunelle
Éclairages
Renaud Pettigrew
Accessoires
Normand Blais
Direction musicale
David Terriault
Chorégraphies
Isabelle Boulanger
Coach vocal
Estelle Esse
Assistance à la mise en scène
Marie-Christine Martel

Médias

Autrice

Lisa
Kron

Lisa Kron est née en 1961 et a grandi dans le Michigan. Elle est la fille d’Ann, une militante communautaire et de Walter, un avocat né en Allemagne, survivant de l’Holocauste. Elle a passé une bonne partie de son enfance à se sentir différente, en grande partie à cause de sa religion et de sa sexualité. Lisa Kron s’est installée à New York en 1984, où elle trouve le succès tant comme actrice que comme dramaturge.

Elle signe, de concert avec la compositrice Jeanine Tesori, le spectacle Fun Home (cinq Tony Awards et finaliste pour le prix Pulitzer), une comédie musicale révolutionnaire basée sur le roman graphique d’Alison Bechdel. Alors qu’elle dépeint les expériences de sa propre enfance dans plusieurs de ses œuvres, elle connaîtra la gloire dès 1999 avec sa pièce autobiographique 2.5 Minute Ride, récompensée des prix OBIE, L.A. Drama-Logue, New York Press et GLAAD Media Awards. 2.5 Minute Ride continue d’ailleurs d’être interprétée par Lisa dans le monde entier.

Elle est aussi l’autrice de 101 Humiliating Stories qui lui valait une nomination aux Drama Desk Awards en 1995. Elle a signé également In The Wake, couronnée meilleure pièce de 2010 par TimeOut et Backstage, en plus de figurer parmi les finalistes pour les prix Lortel, GLAAD Media et Susan Smith Blackburn. Lisa Kron a écrit et joué dans Well, créée au Public Theatre puis présentée à Broadway. Pour ce rôle, elle recevait une nomination aux Tony Awards 2006 dans la catégorie meilleure actrice. Well fut sacrée meilleure pièce de l’année 2004 par le New York Times, l’Associated Press, le Newark Star Ledger, le Backstage et The Advocate. Deux de ses œuvres se retrouvent dans le Best Plays Theatre Yearbook: In The Wake (2010-2011) et Well (2003-2004).

Lisa Kron est cofondatrice de The Five Lesbian Brother, compagnie de théâtre bien établie qui produit, depuis 1989, des œuvres avec une perspective féministe et une bonne dose d’humour.

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Compositrice

Jeanine
Tesori

La compositrice, arrangeuse, pianiste et chef d’orchestre américaine Jeanine Tesori est une des compositrices théâtrales les plus prolifiques et honorées de l’histoire. Sa première comédie musicale, Violet, produite off-Broadway en 1997, a été nommée à sept reprises aux Drama Desk Awards. Elle fut aussi récompensée aux New York Drama Critics’ Circle Awards et Lucile Lortel Awards, récoltant de plus une mention spéciale aux OBIE.

Autre immense succès critique et populaire pour la musicienne: la célèbre comédie musicale Fun Home, créée sur Broadway en 2015, puis à Londres en 2018. Jeanne Tesori en conçoit la musique sur un livret de Lisa Kron. Basé sur le best-seller d’Alison Bechdel, Fun Home recevait notamment le Tony Award de la meilleure partition et celui de la meilleure comédie musicale. Le spectacle a aussi été honoré des prix New York Drama Critics’ Circle, Lucille Lortel, Outer Critics Circle, Drama League et Drama Desk. Fun Home était également en lice pour le Pulitzer.

Compositrice de la musique originale des pièces A Free Man of Color (de John Guare, 2010) et Mother Courage and Her Children (de Bertolt Brecht, 2006) mettant en vedette Meryl Streep, Jeanine Tesori a signé les partitions de nombreuses comédies musicales présentées à Broadway, dont Thoroughly Modern Millie (texte de Dick Scanlan, 2000), Caroline, Or Change (texte de Tony Kushner, 2003) et Shrek the Musical (texte de David Lindsay-Abaire, 2008). Sa dernière, Soft Power (texte de David Henry Hwang), a été créée à San Francisco en mai 2018. «Tesori, une compositrice d’une portée apparemment illimitée», lira-t-on alors dans le Los Angeles Times.

Conférencière en musique à Yale et professeure à la Columbia University, Jeanine Tesori recevait en 2017 le prix de mentorat Einhorn décerné par Primary Stages pour son travail exceptionnel avec de jeunes artistes.

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Autrice (roman graphique)

Alison
Bechdel

Alison Bechdel est autrice et dessinatrice américaine. Après sa graduation en 1981 du Oberlin College dans l’Ohio, elle déménage à New York et travaille dans le domaine de l’édition. En 1983, elle commence la création de la série Dykes to Watch Out For. Cette bande dessinée influente, connue pour ses thèmes forts —l’homosexualité féminine et l’engagement politique—, est parue de 1983 à 2008.

Une vignette publiée en 1985, intitulée The Rule, est à l’origine du fameux «test de Bechdel-Wallace» qui permet de détecter si un film est sexiste. Pour réussir le test, une œuvre doit notamment comporter au moins deux personnages féminins qui discutent sur un sujet autre qu’un homme. Outil désormais bien connu dans le monde du cinéma et des médias, il contribue à la mission de Bechdel de mieux représenter les femmes sur scène, dans les livres et à l’écran.

En 2006, Alison Bechdel publie son célèbre mémoire graphique et autobiographique Fun Home: A Family Tragicomic, où elle raconte sa relation avec son père et la mort de ce dernier. Best-seller acclamé, sacré Livre de l’année par Time Magazine et finaliste pour le National Book Critics Circle Award, Fun Home: A Family Tragicomic remportait, entre plusieurs autres honneurs, un prix Eisner. Il s’agit de la plus prestigieuse récompense de l’industrie de la bande dessinée. Créée pour la scène par Lisa Kron (livret) et Jeanine Tesori (musique), la comédie musicale Fun Home faisait ses débuts à Broadway en 2015, récoltant, elle aussi, de très nombreuses distinctions dont cinq Tony Awards. Alison Bechdel a publié en 2012 un second mémoire graphique, Are You My Mother?, qui explore cette fois sa relation avec sa mère.

Couronnée du titre de meilleure bédéiste du Vermont en 2017, elle recevait le prix MacArthur Genius Award en 2014, distinction décernée à des citoyens ou des résidents américains qui font preuve d’une créativité exceptionnelle. Alison Bechdel vit à Bolton dans le Vermont, avec sa femme.

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Metteur en scène

Photo: Maxyme G. Delisle

Jean-Simon
Traversy

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2007, Jean-Simon Traversy est directeur artistique, metteur en scène et traducteur. En avril 2017, dix ans après sa sortie de l’école, il était nommé à la direction artistique de Duceppe, conjointement avec son équipier de longue date, David Laurin. Auparavant, les deux hommes étaient à la barre de la compagnie LAB87, animés par une passion commune pour la dramaturgie anglo-saxonne émergente. La solide amitié entre les deux créateurs, leur complicité et leur complémentarité durent depuis une douzaine d’années.

Avec LAB87, Jean-Simon Traversy a mis en scène Les flâneurs célestes d’Annie Baker, Constellations de Nick Payne et Yen d’Anna Jordan, en plus de travailler comme assistant-metteur en scène de Frédéric Blanchette sur L’Obsession de la beauté de Neil LaBute et Tribus de Nina Raine. LAB87, conjointement avec Denis Bernard, a également mis sur pied Les 5 à 7 de La Licorne avec les pièces L’amour est un dumpling et Toutes les choses parfaites. Les productions de LAB87 ont été présentées plus de 200 fois et ont rejoint près de 40 000 spectateurs à travers le Québec.

Jean-Simon Traversy a assuré la mise en scène de nombreuses autres pièces parmi lesquelles Super Poulet de Stéphanie Labbé, Farragut North de Beau Willimon, Eigengrau de Penelope Skinner, Simone et le whole shebang d’Eugénie Beaudry et Hamster de Marianne Dansereau. Il était l’un des six metteurs en scène de À te regarder, ils s’habitueront d’Olivier Kemeid et Mani Soleymanlou et, en tournée dans les parcs de Montréal pour La Roulotte, il a dirigé Bras-de-Fer de Mathieu Héroux et Astéroïde B612 d’Éric Noël.

Également traducteur, il signe la version québécoise des pièces Eigengrau de Penelope Skinner, Rouge Speedo de Lucas Hnath, Tribus de Nina Raine et Toutes les choses parfaites de Duncan Macmillan.

À la saison 2018-2019 de Duceppe, la première sous sa direction, il signe une mise en scène saluée unanimement, celle de la pièce Le Terrier de David Lindsay-Abaire, qu’il avait d’abord créée au Théâtre Denise-Pelletier à l’automne 2016.

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Traducteur

Photo: Maxyme G. Delisle

David
Laurin

Diplômé de l’École de théâtre du Collège Lionel-Groulx en 2005, David Laurin est comédien et traducteur. Depuis avril 2017, il est codirecteur artistique chez Duceppe, aux côtés de Jean-Simon Traversy.

David Laurin a traduit plus d’une vingtaine de pièces de théâtre dont Ceux que l’on porte de Andrew Dainoff, Les marches du pouvoir de Beau Willimon, L’obsession de la beauté de Neil LaBute, L’absence de guerre de David Hare, Les flâneurs célestes de Annie Baker, Scotstown de Fabien Cloutier et Constellations de Nick Payne. Chez Duceppe, il a traduit les pièces Ils étaient tous mes fils d’Arthur Miller en 2015 et Oslo de J.T. Rogers, pièce acclamée par la critique et le public l’automne dernier. On lui doit également la traduction de quelques romans, biographies, séries télévisées et jeux vidéo.

Comme acteur, il fait ses premières armes dans Antoine et Cléopâtre au TNM, avant de participer à une trentaine de pièces, dont Les Misérables, L’obsession de la beauté, Mika l’enfant pleureur, Le Cid, Le blues d’la métropole, Le Petit Roy et Tribus. Sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe, on l’a applaudi alors qu’il interprétait Gabriel Law dans la pièce Quand la pluie s’arrêtera en 2017. Il collabore aussi aux productions Un peu de tendresse, bordel de merde! et La pornographie des âmes du chorégraphe Dave St-Pierre.

Au petit écran, il incarne le jeune Jean Duceppe dans la série éponyme, en plus de faire des apparitions dans Minuit le soir, Virginie, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Le cœur a ses raisons, Toute la vérité et Lâcher prise. Il décroche son premier rôle au cinéma dans le film À vos marques party! 2.

En 2009, avec le désir d’établir un pont avec la dramaturgie anglo-saxonne émergente, il cofonde LAB87 avec Mathieu Quesnel, François-Simon Poirier et Jean-Simon Traversy. La compagnie a notamment présenté les pièces L’obsession de la beauté, Les flâneurs célestes, Tribus, L’amour est un dumpling, Quand la pluie s’arrêtera, Il faudra bien qu’un jour et Toutes les choses parfaites. Ces deux dernières pièces seront reprises dans le cadre des 5 à 7 Duceppe au printemps et à l’automne 2019.

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Mot de la direction artistique

C’est au cours d’un repas de fin de soirée improvisé que l’idée de reprendre La Face cachée de la Lune à Montréal nous est apparue. Yves Jacques venait de faire un laboratoire avec notre ami Mathieu Quesnel. Et c’est ce soir-là, en écoutant ses savoureuses histoires de tournée, que l’idée a sérieusement commencé à germer.

 

 

Au cours de cette période, nous passions beaucoup de temps à réfléchir aux bases de notre future direction artistique. Un questionnement nous habitait depuis un bon moment: quels seront les classiques québécois de demain? Quels sont les créateurs dont nous parlerons encore dans 50 ou 100 ans? Lorsqu’on évoque ces classiques, nos références nous renvoient souvent aux premiers succès de la dramaturgie québécoise. Serait-il temps de faire découvrir les grandes œuvres des années 90 et 2000 à une nouvelle génération? Et la réponse s’est imposée d’elle-même grâce la rencontre fortuite d’un artiste exceptionnel revenu se poser à Montréal entre deux blocs de tournée: absolument.

 

Alors que nous étions encore sur les bancs d’école, la création de La Face cachée de la Lune avait provoqué une onde de choc dans nos réseaux et sur la scène culturelle québécoise. Célébrée pour son inventivité, son humanité et son accessibilité, cette œuvre propulsait la dramaturgie québécoise contemporaine aux quatre coins du monde.

 

 

Avec cette œuvre, Robert Lepage réussit habilement à concilier l’infiniment petit et l’infiniment grand. À travers ses recherches sur la conquête de l’espace et ses tentatives de rapprochement avec son frère cadet, le personnage de Philippe nous force à nous poser de grandes questions.

 

Sommes-nous seuls?

 

 

Quoi qu’il en soit, nous espérons que votre présence entre nos murs aujourd’hui saura vous convaincre de la puissance du théâtre comme expérience collective et humaine.

 

Bon spectacle,
David Laurin et Jean-Simon Traversy

Mot du metteur en scène

Depuis que nous l’avons sondée, explorée, cartographiée et que nous y avons planté un drapeau, notre intérêt pour la Lune semble avoir grandement diminué. Déjà, au début des années 70, les dernières missions Apollo ne suscitaient plus assez d’intérêt pour justifier leurs télédiffusions.

Mais bien qu’elle ait perdu un peu de son mystère, la Lune n’a certainement pas perdu sa force poétique. En m’intéressant à certains épisodes de la conquête de l’espace, j’ai découvert que ma jeunesse –que je croyais pourtant ensoleillée– baignait la plupart du temps dans les tonalités bleues et grises de la Lune.

J’ose espérer que cette histoire de réconciliation entre deux frères saura vous toucher et réveiller en vous un peu de cette nostalgie lunaire.

Robert Lepage
Auteur, concepteur et metteur en scène

Entrevue avec Yves Jacques

L’acteur Yves Jacques mène une brillante carrière, ici comme à l’international. Ces dernières années, il a partagé la scène avec Isabelle Huppert, le grand écran avec Nicole Kidman ou encore Fabrice Luchini. À compter de 2001, il est devenu la voix et le visage de La Face cachée de la Lune de Robert Lepage. Depuis, il a fait le tour du monde, livrant ce solo plus de 300 fois en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie, en Europe et en Océanie. Acteur virtuose, donnant vie à tous les personnages de ce spectacle culte, il recevait le Prix Gascon-Roux (2003) et le Prix des abonnés du Théâtre du Trident (2011) pour cette performance. Entretien avec Yves Jacques.

 

Dans La Face cachée de la Lune, Robert Lepage dépeint le personnel pour atteindre l’universel et il a dit qu’il se souviendrait toujours de votre interprétation en Corée du Sud. Cette œuvre sur deux frères qui tentent de se réconcilier a pris une dimension particulière dans ce pays, en conflit avec «sa sœur», la Corée du Nord. Y a-t-il d’autres représentations dont vous vous rappelez plus spécialement?

 

Je reviens d’abord sur la Corée. On y est retourné en mai 2018 et c’est incroyable l’effet que cette pièce peut avoir là-bas. Les gens sont d’une extrême fébrilité, parfois même en larmes quand ils viennent me rencontrer après la représentation. Des membres de l’équipe du théâtre, avec qui on a travaillé une ou deux semaines, étaient aussi très émus, bouleversés. En Corée, les familles sont déchirées, au Nord et au Sud. Ils ne se voient plus depuis des dizaines d’années et il y a tellement de Coréens qui ne demandent que ça, une réconciliation. La Face cachée de la Lune touche partout dans le monde, mais quand on a vu la réaction si intense des spectateurs de Séoul, c’est incomparable.

Ce que je trouve par ailleurs fascinant —et c’est là que je constate à quel point Lepage sait vraiment toucher l’âme humaine— c’est de voir les spectateurs de partout réagir aux mêmes endroits, à la réplique près, que ce soit en français ou en anglais, car je joue cette pièce dans les deux langues. Cependant, la façon de réagir est différente d’un pays à l’autre. Par exemple, au Mexique, je n’ai jamais vu une salle rire comme ça de ma vie. Les spectateurs avaient ouvert leurs cellulaires, ils s’envoyaient des textos sur ce qui se passait sur scène, prenaient des photos. Ils avaient un fun noir entre eux et je n’avais plus aucun contrôle. C’était débridé et déchaîné!

Sinon, je pense à la Chine, où les salles sont immenses, pour la présentation des opéras, des comédies musicales, de grands ballets. On se retrouve dans ces lieux parce que les petites salles ne sont pas assez larges pour accueillir notre décor. Je me souviens d’une fois en particulier, c’était juste avant que le spectacle commence. Je suis alors derrière le miroir, comme toujours. Mais, cette fois, je n’entends aucun, mais aucun son venir du public. On est à quelques minutes du début de la représentation. Je marche doucement en coulisse et je demande au régisseur: «Coudon, est-ce qu’il y a au moins quelques spectateurs?» Il me répond que c’est plein à craquer! Je repars, et on n’entend toujours rien, sauf le bruit de mes chaussures quand je retourne à ma place pour commencer le show! C’était hallucinant, complètement le contraire de ce que j’avais vécu au Mexique.

Un autre moment dont je me souviens, tout à fait charmant celui-là, c’est lorsqu’on nous a invités en Catalogne, à Barcelone plus précisément. On leur a offert de présenter le spectacle en anglais ou en français. Ils ont exigé qu’on le fasse en français. Eux, ils parlent le catalan dans un pays espagnol et on nous a dit quelque chose comme: «Ça n’est certainement pas nous qui allons vous obliger à jouer la pièce en anglais alors qu’au départ elle a été créée en français, au Québec»!

Est-ce qu’elle a été présentée en Russie ?

Oui ! C’était Robert Lepage qui ouvrait un festival à Moscou en 2007 avec La Face cachée de la Lune, et moi, j’y étais avec Le Projet Andersen. Il ne le savait pas, mais le cosmonaute Alexeï Leonov, le héros de son enfance et l’inspiration même de la pièce qu’il jouait, était dans la salle. Après le spectacle, Leonov a rencontré Robert et lui a offert une bouteille de vodka, celle qu’il avait apportée avec lui dans le vaisseau spatial à l’époque, semble-t-il!

Il y a près de 20 ans, Robert Lepage vous confiait l’interprétation de La Face cachée de la Lune. «Elle est à toi maintenant», vous a-t-il dit. Comment vous êtes-vous réapproprié ce rôle, d’abord créé par Lepage, lui-même?

Robert a effectué quelques légères adaptations quand je suis arrivé. Mais, j’ai toujours fait en sorte que ça demeure très respectueux de son travail. Je n’ai pas «kidnappé» le show à mes propres fins, ça reste un spectacle de Robert Lepage. D’abord, je l’ai joué de 2001 à 2005, puis j’ai repris Le Projet Andersen jusqu’en 2012, encore une fois, partout dans le monde.

En 2011, on nous a invités à présenter La Face au Trident à Québec —où la pièce avait été créée en 2000— pour célébrer les 40 ans de ce théâtre. On a encore constaté un vrai engouement pour cette production que plusieurs considèrent comme l’une des plus accessibles et les plus populaires de Robert Lepage. À partir de là, les gens ont voulu revoir La Face cachée de la Lune et on a repris la route. L’hiver dernier, j’étais en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Séoul. L’automne d’avant, j’étais en Belgique et en France après avoir joué à Cardiff et Plymouth en Angleterre. Prochainement, on est attendus à Shanghai, Singapour et Barcelone. Ça n’arrête pas!

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Un pièce qui voyage!

D’Aarhus à Zurich, La Face cachée de la Lune a été applaudie par les spectateurs de 65 villes, dans 27 pays. Ce solo a été joué près de 450 fois à ce jour, dont plus de 300 par Yves Jacques.

Alunissage

3 janvier 2019

PREMIER ALUNISSAGE SUR LA FACE CACHÉE DE LA LUNE LE 3 JANVIER 2019 : UN ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Un premier engin spatial a réussi à se poser en douceur sur la face cachée de la Lune le 3 janvier dernier et cette mission, une première dans l’histoire, n’était ni russe ni américaine. Elle était chinoise. L’appareil Chang’e-4, du nom d’une divinité de la Lune dans la mythologie chinoise, avait quitté la Terre le 8 décembre 2018.

Contrairement à la face qui est toujours tournée vers notre planète et qui avait notamment été explorée par les missions Appolo, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’avait encore jamais touché le sol de l’autre côté. Il s’agit d’une opération particulièrement difficile du point de vue technologique, car la face cachée de notre satellite naturel est montagneuse, accidentée et parsemée d’une multitude de cratères.