Héritage

A Raisin in the Sun

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Texte Lorraine Hansberry

Mise en scène Mike Payette

Traduction Mishka Lavigne

Interprétation Patrick Émmanuel Abellard, Lyndz Dantiste, Myriam De Verger, Malik Gervais-Aubourg, Tristan D. Lalla, Tracy Marcelin, Mireille Métellus, Éric Paulhus, Frédéric Pierre, Jason Selman

Du 4 septembre au 5 octobre 2019

Durée approximative : 2h30

Trois générations d’une famille afro-américaine, les Younger, vivent entassées dans un appartement d’un quartier pauvre de Chicago. Nous sommes dans les années 50 et chacun des membres de ce foyer voit ses opportunités limitées par la domination blanche. Ils aspirent malgré tout à une vie meilleure et leurs rêves s’enflamment alors que la prime d’assurance du patriarche décédé est sur le point d’arriver. Mama envisage d’acheter une maison; son fils Walter Lee veut investir dans un magasin d’alcool; Beneatha, la cadette, dégourdie et idéaliste, veut poursuivre ses études en médecine. Tandis que chacun entrevoit enfin la chance de s’élever, une crise familiale éclate. Dix mille dollars c’est beaucoup, mais insuffisant pour réaliser tous les rêves et pour anéantir toute injustice.

Dans un monde dur et en mutation, les luttes héroïques des Younger tissent une histoire intemporelle d’espoir, d’amour et de courage. Au cœur de celle-ci se dégage la force des femmes, doublement opprimées puis tiraillées entre un besoin de s’émanciper «à l’Américaine» et la préservation de leur identité noire. Ce récit visionnaire de la dramaturge Lorraine Hansberry, première pièce d’une Afro-Américaine à être produite à Broadway, a marqué un tournant dans l’histoire du théâtre. Attirant les foules, elle récoltait en 1959 le New York Drama Critics’ Circle Award de la meilleure pièce, une première pour un auteur noir. S’imposant comme une œuvre phare de son époque et bien au-delà, cette pièce demeure l’une des plus inspirantes de la dramaturgie américaine.

Avec le soutien de

Extraits de critiques

et

Témoignages

Tout à fait ravie, enchantée par la performance époustouflante de Yves Jacques, l’ingéniosité de la mise en scène, la page d’histoire et la rectitude du propos. Tout à fait génial!
— JD

J’ai trouvé le spectacle GÉNIAL! Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu de l’acteur… Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une pièce de théâtre.
— IM

Le spectacle était à la hauteur de mes attentes qui étaient très grandes. La scénographie et le jeu du comédien étaient exceptionnelles.
— AM

J’ai complètement adoré. La technologie est un plus mais le jeu de Yves Jacques est superbe. Rien que du bon! À recommander à mes amis.
— ML

Un excellent spectacle qui nous a transportés du début à la fin. Un texte d’une grande richesse, une mise en scène originale et créative et une interprétation magistrale, tous les éléments étaient réunis pour nous faire apprécier cette pièce.
— AM

C’était magnifique! L’utilisation du décor, la trame sonore, la conception d’éclairages, la mise en scène et bien sûr, le comédien! J’ai grandement apprécié cette œuvre dans son entièreté.
— MB

Mise en scène très originale, inédite, très créatrice, et qui sort des sentiers battus. Excellente performance du comédien Yves Jacques.
— PP

La mise en scène était magique! 2h15 de pur bonheur avec un comédien maîtrisant son rôle à la perfection.
— FBD

Première pièce de Robert Lepage : nous avons été complètement soufflés, ébahis par les aspects multimédias et la qualité de l’interprétation.
— ADM

C’est tout une performance d’Yves Jacques et le génie de M. Lepage. Bravo à eux et aux artisans magiques.
— RL

Le théâtre de Robert Lepage fait appel à notre intelligence. Sa non-linéarité, le non-respect des conventions théâtrales, le jeu exceptionnellement sensible de Yves Jacques, m’ont complètement chamboulée. J’en ai pleuré de bonheur.
— DP

Nous ne pouvions demander mieux, superbe moment de théâtre !
— SH

Une super production qui vaut le détour. L’ingéniosité de la scénographie est impressionnante. Yves Jacques est sublime. IMMENSE coup de cœur pour la scène finale!
— MLG

Tout simplement extraordinaire. J’ai dégusté ce spectacle du début à la fin, du grand Lepage, joué par un grand acteur.
— SR

Performance incroyable d’Yves Jacques. Usage ingénieux des éléments du décor, très introspectif comme pièce. Toute en finesse, du grand Robert Lepage.
— CB

J’ai apprécié ce spectacle autant que la première fois que je l’ai vu, à sa création, joué par Robert Lepage lui-même. Yves Jacques se l’ait bien approprié. La scénographie est extraordinaire, on croirait voir un film.
— OL

Très impressionnant tant au niveau technique qu’au niveau du jeu. Yves Jacques était tout simplement sublime.
— SL

Absolument fantastique! Quel génie que Robert Lepage et Yves Jacques, quel acteur! — ME Magnifiquement présenté. L’acteur, l’histoire, le mécanisme de la scène, la poésie derrière.
— NL

J’ai vu le spectacle à sa création, revu avec Yves Jacques et une troisième fois hier soir, en plus d’avoir vu le film. Toujours aussi ravie…
— RM

Ma fille et à moi avons adoré la pièce, autant la mise en scène que le jeu exceptionnel d’Yves Jacques.
— SV

Absolument fantastique. La mise en scène était parfaite et Yves Jacques sublime. Je reverrais ce même spectacle encore et encore.
— ST

Superbe! très bien joué et témoigne de la grande créativité de l’auteur et du metteur en scène!
— MB

Calendrier

Du 4 septembre au 5 octobre 2019
19h30
20h - Complet
17h - Entretien
20h
15h
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Distribution

Photo : Jeremy Cabrera

Patrick Émmanuel
Abellard

George Murchison
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Photo : Daphné Caron

Lyndz
Dantiste

Joseph Asagai
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Photo : Monique Richard

Myriam
De Verger

Ruth Younger
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Malik
Gervais-Aubourg

Travis Younger
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Tristan D.
Lalla

Bobo
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Photo : Annie Éthier

Tracy
Marcelin

Beneatha Younger
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Photo : Annie Éthier

Mireille
Métellus

Lena Younger
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Photo : Andréanne Gauthier

Éric
Paulhus

Karl Lindner
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Photo : Andréanne Gauthier

Frédéric
Pierre

Walter Lee Younger
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Photo : Herb Photographie

Jason
Selman

Musicien et voisin
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Crédits

Décor
Eo Sharp
Costumes
Elen Ewing
Éclairages
Luc Prairie
Musique
Mathieu Désy
Accessoires
Normand Blais
Assistance à la mise en scène
Elaine Normandeau, Dayane Ntibarikure

Médias

Autrice

Lorraine
Hansberry

Écrivaine et dramaturge, Lorraine Hansberry est née en 1930 à Chicago. Son père y a fondé la Lake Street Bank, l’une des premières banques de la ville accueillant les Noirs. Élevée par des parents actifs dans le mouvement des droits civiques, Lorraine Hansberry a elle-même passé toute sa vie à se battre pour la justice sociale.

Le 11 mars 1959, sa pièce A Raisin in the Sun, que l’on présente cette saison sous le titre Héritage, est créée à New York. C’est la première œuvre d’une dramaturge afro-américaine à être produite sur Broadway et la première d’un auteur noir à remporter le New York Drama Critics’ Circle Award de la meilleure pièce. Du haut de ses 28 ans, Lorraine Hansberry devenait aussi la plus jeune Américaine et la cinquième femme à récolter ce prix.

Cette oeuvre est inspirée par sa propre enfance. Alors qu’elle avait huit ans, sa famille s’est installée dans un quartier réservé aux Blancs à Chicago. Leurs voisins, hostiles, se sont rapidement tournés vers la loi pour les chasser. Son père a contesté la décision de la Cour suprême de l’Illinois et obtenu gain de cause. Ce jugement historique rendu par la Cour suprême des États-Unis est connu sous le nom Hansberry v. Lee.

Quant au titre de la pièce, A Raisin in the Sun, il est tiré d’un texte du poète américain Langston Hughes: «What happens to a dream deferred? Does it dry up like a raisin in the sun? (Qu’advient-il d’un rêve repoussé? Est-ce qu’il se dessèche comme un raisin au soleil?)».

Lorraine Hansberry est décédée d’un cancer du pancréas le 12 janvier 1965, le soir même de la dernière représentation à Broadway de The Sign in Sidney Brustein’s Window, sa deuxième pièce. Elle avait 34 ans. En 2013, elle était intronisée à titre posthume au Temple de la renommée du théâtre américain.

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Metteur en scène

Mike
Payette

Metteur en scène et acteur montréalais, Mike Payette a cofondé et fut directeur artistique du Théâtre Tableau D’Hôte de 2005 à 2016. Depuis 2016, il assure la direction artistique et exécutive du Geordie Theatre, l’une des plus importantes compagnies de théâtre anglophone jeune public au Canada. Il est également membre fondateur du Metachroma Theatre et fut directeur artistique adjoint du Black Theatre Workshop.

Parmi les diverses mises en scène qu’il a créées, nommons celle de Harlem Duet, A Line in the Sand, Another Home Invasion, Choir Boy, Around the World in 80 Days, la récente tournée nationale The Tashme Project et Angélique. Pour celle de Hosanna de Michel Tremblay en version anglaise, il était récompensé du prix de la meilleure mise en scène lors des META Awards (Montreal English Theatre Awards) en 2015. La même année, il dirigeait une autre production honorée par les META, The Mighty Carlins, «un joyau étincelant, une production que je mets très haut dans ma liste des meilleures de l’année», écrira Jim Burke dans The Gazette, en 2016.

Comme acteur, Mike Payette a fait ses débuts professionnels à l’âge de 12 ans, au sein de la distribution de Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat d’Andrew Lloyd Weber présenté à la Place des Arts. Depuis, il a joué à la télévision, au cinéma et sur quelques unes des plus importantes scènes canadiennes. Son travail de comédien et de metteur en scène lui a valu dès 2006 le prix de la révélation de l’année décerné aux MECCA Awards (Montreal English Critics Circle Award).

Mike Payette a enseigné dans divers établissements et fut artiste en résidence pour le Neworld Theatre à Vancouver. Il siège actuellement au conseil d’administration de l’Association professionnelle des théâtres canadiens et de la Maison Théâtre.

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Traductrice

Photo : Jonathan Lorange

Mishka
Lavigne

Titulaire d’un baccalauréat en théâtre ainsi que d’une maîtrise en création dramaturgique de l’Université d’Ottawa, Mishka Lavigne est autrice dramatique et traductrice littéraire, autant vers le français que vers l’anglais. On a pu apprécier son travail de traduction notamment à Ottawa, Toronto et Montréal. Elle a signé une dizaine de traductions de théâtre et de poésie, dont La petite scrap de Dominick Parenteau-Lebeuf qui était finaliste aux prix Rideau Awards à Ottawa (2011), Tumit de Reneltta Arluk (2015) et, plus récemment, Angélique de Lorena Gale pour le Black Theatre Workshop de Montréal (2018).

Elle a écrit Cinéma, pièce lauréate de l’Aide à la création du Centre national du théâtre à Paris, créée en 2015 par le Théâtre la Catapulte et le Théâtre Belvédère. On lui doit aussi Vigile, monologue salué par la critique et produit en 2017 par le Théâtre Rouge Écarlate en collaboration avec le Théâtre du Trillium. Elle est l’autrice de Murs, mis en lecture lors de la biennale des Zones Théâtrales en septembre 2017 et de Havre. Traduite en anglais par Neil Blackadder (Haven) et en allemand par Frank Weigand (Hafen), Havre a été créée par la Troupe du Jour de Saskatoon en septembre 2018 et ensuite au POCHE/GVE à Genève en janvier 2019. Cinéma et Havre sont publiées aux Éditions L’interligne.

Sa pièce Albumen, en anglais, a été créée à Ottawa en mars 2019 et a été lue à Chicago en juillet 2018. De plus, avec son nouveau texte Shorelines, elle est l’autrice en résidence du Horseshoes & Hand Grenades Theatre. Elle travaille actuellement avec le metteur en scène Éric Perron sur Copeaux qui sera présentée en 2019-2020 à Ottawa.

Mishka Lavigne a été honorée à trois reprises par la Fondation pour l’avancement du théâtre au Canada français ; elle recevait le Prix national RBC pour un artiste émergent en 2013 et le Prix Ontario en 2015 et en 2018. En 2017, elle s’est aussi vu remettre le Prix Québec-Ontario pour la version publiée de Cinéma et, en 2018, la traduction allemande de son texte Havre a été récompensé du Prix de la meilleure pièce au Festival Primeurs à Sarrebrücken. Elle est lectrice pour le comité anglophone de la Maison Antoine-Vitez de Paris, depuis 2015.

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Auteur 2

Photo : Jocelyn Michel

Robert
Lepage

Artiste multidisciplinaire, Robert Lepage exerce avec une égale maîtrise les métiers d’auteur dramatique, de metteur en scène, d’acteur et de réalisateur. Salué par la critique internationale, il crée et porte à la scène des œuvres originales qui bouleversent les standards en matière d’écriture scénique, notamment par l’utilisation de nouvelles technologies. Il puise son inspiration dans l’histoire contemporaine et son œuvre, moderne et insolite, transcende les frontières. 

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Québec, il se perfectionne à Paris en 1978. En 1984, il crée la pièce Circulations, présentée partout au Canada. Suivent La Trilogie des dragons (1985), Vinci (1986), Le Polygraphe (1987) et Les Plaques tectoniques (1988). 

De 1989 à 1993, il occupe le poste de directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa. En parallèle, il poursuit sa démarche artistique avec Les Aiguilles et l’opium (1991), CoriolanMacbeth et La Tempête (1992) ainsi que A Midsummer Night’s Dream (1992), pièce qui lui permet de devenir le premier Nord-Américain à diriger une pièce de Shakespeare au Royal National Theatre de Londres. En 1994, il fonde Ex Machina, puis scénarise et réalise Le Confessionnal pour le cinéma. 

Parmi ses autres œuvres les plus marquantes, mentionnons au théâtre, La Face cachée de la LuneLe Projet Andersen, Lipsynch et 887; ses œuvres multimédias Le Moulin à images et La bibliothèque, la nuit; à l’opéra Le Rossignol et autres fables, le cycle Der Ring des Nibelungen de Wagner et L’Amour de loin; les spectacles The Secret World Tour et The Growing Up Tour de Peter Gabriel; et avec le Cirque du Soleil,  et TOTEM

Sa plus récente mise en scène de Coriolan, d’abord présentée au Festival de Stratford en 2018 puis tout récemment au Théâtre du Nouveau Monde, a été acclamée tant par la critique que le public. 

Parmi les nombreux prix décernés à Robert Lepage, mentionnons la Légion d’honneur, le prix Stanislavski, le Prix Europe, le Prix du Gouverneur général du Canada, le prix Eugene-McDermott du MIT, le prix Glenn-Gould et il a été fait Compagnon des arts et des lettres du Québec. 

Dernière mise à jour : mars 2019

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Auteur

Photo : Jocelyn Michel

Robert
Lepage

Artiste multidisciplinaire, Robert Lepage exerce avec une égale maîtrise les métiers d’auteur dramatique, de metteur en scène, d’acteur et de réalisateur. Salué par la critique internationale, il crée et porte à la scène des œuvres originales qui bouleversent les standards en matière d’écriture scénique, notamment par l’utilisation de nouvelles technologies. Il puise son inspiration dans l’histoire contemporaine et son œuvre, moderne et insolite, transcende les frontières. 

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Québec, il se perfectionne à Paris en 1978. En 1984, il crée la pièce Circulations, présentée partout au Canada. Suivent La Trilogie des dragons (1985), Vinci (1986), Le Polygraphe (1987) et Les Plaques tectoniques (1988). 

De 1989 à 1993, il occupe le poste de directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa. En parallèle, il poursuit sa démarche artistique avec Les Aiguilles et l’opium (1991), CoriolanMacbeth et La Tempête (1992) ainsi que A Midsummer Night’s Dream (1992), pièce qui lui permet de devenir le premier Nord-Américain à diriger une pièce de Shakespeare au Royal National Theatre de Londres. En 1994, il fonde Ex Machina, puis scénarise et réalise Le Confessionnal pour le cinéma. 

Parmi ses autres œuvres les plus marquantes, mentionnons au théâtre, La Face cachée de la LuneLe Projet Andersen, Lipsynch et 887; ses œuvres multimédias Le Moulin à images et La bibliothèque, la nuit; à l’opéra Le Rossignol et autres fables, le cycle Der Ring des Nibelungen de Wagner et L’Amour de loin; les spectacles The Secret World Tour et The Growing Up Tour de Peter Gabriel; et avec le Cirque du Soleil,  et TOTEM

Sa plus récente mise en scène de Coriolan, d’abord présentée au Festival de Stratford en 2018 puis tout récemment au Théâtre du Nouveau Monde, a été acclamée tant par la critique que le public. 

Parmi les nombreux prix décernés à Robert Lepage, mentionnons la Légion d’honneur, le prix Stanislavski, le Prix Europe, le Prix du Gouverneur général du Canada, le prix Eugene-McDermott du MIT, le prix Glenn-Gould et il a été fait Compagnon des arts et des lettres du Québec. 

Dernière mise à jour : mars 2019

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Auteur et metteur en scène

Photo : Jocelyn Michel

Robert
Lepage

Artiste multidisciplinaire, Robert Lepage exerce avec une égale maîtrise les métiers d’auteur dramatique, de metteur en scène, d’acteur et de réalisateur. Salué par la critique internationale, il crée et porte à la scène des œuvres originales qui bouleversent les standards en matière d’écriture scénique, notamment par l’utilisation de nouvelles technologies. Il puise son inspiration dans l’histoire contemporaine et son œuvre, moderne et insolite, transcende les frontières. 

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Québec, il se perfectionne à Paris en 1978. En 1984, il crée la pièce Circulations, présentée partout au Canada. Suivent La Trilogie des dragons (1985), Vinci (1986), Le Polygraphe (1987) et Les Plaques tectoniques (1988). 

De 1989 à 1993, il occupe le poste de directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa. En parallèle, il poursuit sa démarche artistique avec Les Aiguilles et l’opium (1991), CoriolanMacbeth et La Tempête (1992) ainsi que A Midsummer Night’s Dream (1992), pièce qui lui permet de devenir le premier Nord-Américain à diriger une pièce de Shakespeare au Royal National Theatre de Londres. En 1994, il fonde Ex Machina, puis scénarise et réalise Le Confessionnal pour le cinéma. 

Parmi ses autres œuvres les plus marquantes, mentionnons au théâtre, La Face cachée de la LuneLe Projet Andersen, Lipsynch et 887; ses œuvres multimédias Le Moulin à images et La bibliothèque, la nuit; à l’opéra Le Rossignol et autres fables, le cycle Der Ring des Nibelungen de Wagner et L’Amour de loin; les spectacles The Secret World Tour et The Growing Up Tour de Peter Gabriel; et avec le Cirque du Soleil,  et TOTEM

Sa plus récente mise en scène de Coriolan, d’abord présentée au Festival de Stratford en 2018 puis tout récemment au Théâtre du Nouveau Monde, a été acclamée tant par la critique que le public. 

Parmi les nombreux prix décernés à Robert Lepage, mentionnons la Légion d’honneur, le prix Stanislavski, le Prix Europe, le Prix du Gouverneur général du Canada, le prix Eugene-McDermott du MIT, le prix Glenn-Gould et il a été fait Compagnon des arts et des lettres du Québec. 

Dernière mise à jour : mars 2019

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Mot de la direction artistique

C’est au cours d’un repas de fin de soirée improvisé que l’idée de reprendre La Face cachée de la Lune à Montréal nous est apparue. Yves Jacques venait de faire un laboratoire avec notre ami Mathieu Quesnel. Et c’est ce soir-là, en écoutant ses savoureuses histoires de tournée, que l’idée a sérieusement commencé à germer.

 

Au cours de cette période, nous passions beaucoup de temps à réfléchir aux bases de notre future direction artistique. Un questionnement nous habitait depuis un bon moment: quels seront les classiques québécois de demain? Quels sont les créateurs dont nous parlerons encore dans 50 ou 100 ans? Lorsqu’on évoque ces classiques, nos références nous renvoient souvent aux premiers succès de la dramaturgie québécoise. Serait-il temps de faire découvrir les grandes œuvres des années 90 et 2000 à une nouvelle génération? Et la réponse s’est imposée d’elle-même grâce la rencontre fortuite d’un artiste exceptionnel revenu se poser à Montréal entre deux blocs de tournée: absolument.

Alors que nous étions encore sur les bancs d’école, la création de La Face cachée de la Lune avait provoqué une onde de choc dans nos réseaux et sur la scène culturelle québécoise. Célébrée pour son inventivité, son humanité et son accessibilité, cette œuvre propulsait la dramaturgie québécoise contemporaine aux quatre coins du monde.

 

Avec cette œuvre, Robert Lepage réussit habilement à concilier l’infiniment petit et l’infiniment grand. À travers ses recherches sur la conquête de l’espace et ses tentatives de rapprochement avec son frère cadet, le personnage de Philippe nous force à nous poser de grandes questions.

Sommes-nous seuls?

 

Quoi qu’il en soit, nous espérons que votre présence entre nos murs aujourd’hui saura vous convaincre de la puissance du théâtre comme expérience collective et humaine.

 

Bon spectacle,
David Laurin et Jean-Simon Traversy

Mot du metteur en scène

Depuis que nous l’avons sondée, explorée, cartographiée et que nous y avons planté un drapeau, notre intérêt pour la Lune semble avoir grandement diminué. Déjà, au début des années 70, les dernières missions Apollo ne suscitaient plus assez d’intérêt pour justifier leurs télédiffusions.

 

Mais bien qu’elle ait perdu un peu de son mystère, la Lune n’a certainement pas perdu sa force poétique. En m’intéressant à certains épisodes de la conquête de l’espace, j’ai découvert que ma jeunesse – que je croyais pourtant ensoleillée – baignait la plupart du temps dans les tonalités bleues et grises de la Lune.

 

J’ose espérer que cette histoire de réconciliation entre deux frères saura vous toucher et réveiller en vous un peu de cette nostalgie lunaire.

 

Robert Lepage

Auteur, concepteur et metteur en scène

Entrevue avec Yves Jacques

L’acteur Yves Jacques mène une brillante carrière, ici comme à l’international. Ces dernières années, il a partagé la scène avec Isabelle Huppert, le grand écran avec Nicole Kidman ou encore Fabrice Luchini. À compter de 2001, il est devenu la voix et le visage de La Face cachée de la Lune de Robert Lepage. Depuis, il a fait le tour du monde, livrant ce solo plus de 300 fois en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie, en Europe et en Océanie. Acteur virtuose, donnant vie à tous les personnages de ce spectacle culte, il recevait le Prix Gascon-Roux (2003) et le Prix des abonnés du Théâtre du Trident (2011) pour cette performance. Entretien avec Yves Jacques.

 

Dans La Face cachée de la Lune, Robert Lepage dépeint le personnel pour atteindre l’universel et il a dit qu’il se souviendrait toujours de votre interprétation en Corée du Sud. Cette œuvre sur deux frères qui tentent de se réconcilier a pris une dimension particulière dans ce pays, en conflit avec « sa sœur », la Corée du Nord. Y a-t-il d’autres représentations dont vous vous rappelez plus spécialement ?

 

Je reviens d’abord sur la Corée. On y est retourné en mai 2018 et c’est incroyable l’effet que cette pièce peut avoir là-bas. Les gens sont d’une extrême fébrilité, parfois même en larmes quand ils viennent me rencontrer après la représentation. Des membres de l’équipe du théâtre, avec qui on a travaillé une ou deux semaines, étaient aussi très émus, bouleversés. En Corée, les familles sont déchirées, au Nord et au Sud. Ils ne se voient plus depuis des dizaines d’années et il y a tellement de Coréens qui ne demandent que ça, une réconciliation. La Face cachée de la Lune touche partout dans le monde, mais quand on a vu la réaction si intense des spectateurs de Séoul, c’est incomparable.

Ce que je trouve par ailleurs fascinant — et c’est là que je constate à quel point Lepage sait vraiment toucher l’âme humaine — c’est de voir les spectateurs de partout réagir aux mêmes endroits, à la réplique près, que ce soit en français ou en anglais, car je joue cette pièce dans les deux langues. Cependant, la façon de réagir est différente d’un pays à l’autre. Par exemple, au Mexique, je n’ai jamais vu une salle rire comme ça de ma vie. Les spectateurs avaient ouvert leurs cellulaires, ils s’envoyaient des textos sur ce qui se passait sur scène, prenaient des photos. Ils avaient un fun noir entre eux et je n’avais plus aucun contrôle. C’était débridé et déchaîné !

Sinon, je pense à la Chine, où les salles sont immenses, pour la présentation des opéras, des comédies musicales, de grands ballets. On se retrouve dans ces lieux parce que les petites salles ne sont pas assez larges pour accueillir notre décor. Je me souviens d’une fois en particulier, c’était juste avant que le spectacle commence. Je suis alors derrière le miroir, comme toujours. Mais, cette fois, je n’entends aucun, mais aucun son venir du public. On est à quelques minutes du début de la représentation. Je marche doucement en coulisse et je demande au régisseur : « Coudon, est-ce qu’il y a au moins quelques spectateurs ? » Il me répond que c’est plein à craquer ! Je repars, et on n’entend toujours rien, sauf le bruit de mes chaussures quand je retourne à ma place pour commencer le show ! C’était hallucinant, complètement le contraire de ce que j’avais vécu au Mexique.

Un autre moment dont je me souviens, tout à fait charmant celui-là, c’est lorsqu’on nous a invités en Catalogne, à Barcelone plus précisément. On leur a offert de présenter le spectacle en anglais ou en français. Ils ont exigé qu’on le fasse en français. Eux, ils parlent le catalan dans un pays espagnol et on nous a dit quelque chose comme : « Ça n’est certainement pas nous qui allons vous obliger à jouer la pièce en anglais alors qu’au départ elle a été créée en français, au Québec » !

Est-ce qu’elle a été présentée en Russie ?

Oui ! C’était Robert Lepage qui ouvrait un festival à Moscou en 2007 avec La Face cachée de la Lune, et moi, j’y étais avec Le Projet Andersen. Il ne le savait pas, mais le cosmonaute Alexeï Leonov, le héros de son enfance et l’inspiration même de la pièce qu’il jouait, était dans la salle. Après le spectacle, Leonov a rencontré Robert et lui a offert une bouteille de vodka, celle qu’il avait apportée avec lui dans le vaisseau spatial à l’époque, semble-t-il !

Il y a près de 20 ans, Robert Lepage vous confiait l’interprétation de La Face cachée de la Lune. « Elle est à toi maintenant », vous a-t-il dit. Comment vous êtes-vous réapproprié ce rôle, d’abord créé par Lepage, lui-même ?

Robert a effectué quelques légères adaptations quand je suis arrivé. Mais, j’ai toujours fait en sorte que ça demeure très respectueux de son travail. Je n’ai pas « kidnappé » le show à mes propres fins, ça reste un spectacle de Robert Lepage. D’abord, je l’ai joué de 2001 à 2005, puis j’ai repris Le Projet Andersen jusqu’en 2012, encore une fois, partout dans le monde.

En 2011, on nous a invités à présenter La Face au Trident à Québec — où la pièce avait été créée en 2000 — pour célébrer les 40 ans de ce théâtre. On a encore constaté un vrai engouement pour cette production que plusieurs considèrent comme l’une des plus accessibles et les plus populaires de Robert Lepage. À partir de là, les gens ont voulu revoir La Face cachée de la Lune et on a repris la route. L’hiver dernier, j’étais en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Séoul. L’automne d’avant, j’étais en Belgique et en France après avoir joué à Cardiff et Plymouth en Angleterre. Prochainement, on est attendus à Shanghai, Singapour et Barcelone. Ça n’arrête pas !

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Un pièce qui voyage!

D’Aarhus à Zurich, La Face cachée de la Lune a été applaudie par les spectateurs de 65 villes, dans 27 pays. Ce solo a été joué près de 450 fois à ce jour, dont plus de 300 par Yves Jacques.

Alunissage

3 janvier 2019

PREMIER ALUNISSAGE SUR LA FACE CACHÉE DE LA LUNE LE 3 JANVIER 2019 : UN ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Un premier engin spatial a réussi à se poser en douceur sur la face cachée de la Lune le 3 janvier dernier et cette mission, une première dans l’histoire, n’était ni russe ni américaine. Elle était chinoise. L’appareil Chang’e-4, du nom d’une divinité de la Lune dans la mythologie chinoise, avait quitté la Terre le 8 décembre 2018.

Contrairement à la face qui est toujours tournée vers notre planète et qui avait notamment été explorée par les missions Appolo, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’avait encore jamais touché le sol de l’autre côté. Il s’agit d’une opération particulièrement difficile du point de vue technologique, car la face cachée de notre satellite naturel est montagneuse, accidentée et parsemée d’une multitude de cratères.