J'AIME HYDRO

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Texte Christine Beaulieu

Dramaturgie Annabel Soutar

Mise en scène Philippe Cyr

Interprétation Christine Beaulieu, Mathieu Doyon, Mathieu Gosselin

10 au 12 janvier 2020

3h45 incluant l’entracte

«Maîtres chez nous». Le sommes-nous toujours? Plus de 50 ans après la nationalisation de l’électricité, le pacte entre les Québécois et Hydro-Québec tient-il encore? Sans réserve ni parti pris, avec courage et un profond respect de tous les intervenants, la comédienne Christine Beaulieu est montée au front en quête de réponses. Entrevues, audiences publiques, rencontres avec de hauts dirigeants, visites de barrages, elle s’est embarquée dans un périple mouvementé de presque trois ans! Avec une bonne dose d’humour, de suspense et d’émotions, elle livre maintenant sur scène un compte rendu captivant de cette vaste enquête citoyenne.

De Bernard «Rambo» Gauthier au PDG d’Hydro-Québec, en passant par des ingénieurs, des activistes et des représentants de communautés autochtones et le premier ministre François Legault, Christine Beaulieu a rencontré de nombreux joueurs dont les points de vue s’opposent farouchement. Attachante, authentique et d’une grande pertinence, elle a réussi à faire dialoguer différentes parties généralement campées sur leurs positions. Avec la complicité de Mathieu Gosselin —qui incarne toutes les personnes clés de cette aventure!—, elle partage maintenant sa passionnante et enrichissante histoire. Duceppe se réjouit que ce spectacle, présenté dans sa version intégrale, continue de vivre et de rejoindre le public. Sacré Spectacle de l’année par l’Association québécoise des critiques de théâtre, J’aime Hydro figurait parmi les finalistes du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal et recevait récemment le prix Michel-Tremblay, qui récompense le meilleur texte créé pour la scène pour la saison 2016-2017. Un succès retentissant. Une démonstration exemplaire de la force du théâtre qui vulgarise un enjeu essentiel.

Une production de Porte Parole et Champ gauche, en coproduction avec le Festival TransAmériques (épisodes 1 à 3)
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Voyez ces deux créations québécoises primées qui traitent d’enjeux énergétiques avec une approche différente, rafraichissante et pertinente.

Extraits de critiques

et

Témoignages

Tout à fait ravie, enchantée par la performance époustouflante de Yves Jacques, l’ingéniosité de la mise en scène, la page d’histoire et la rectitude du propos. Tout à fait génial!
— JD

J’ai trouvé le spectacle GÉNIAL! Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu de l’acteur… Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une pièce de théâtre.
— IM

Le spectacle était à la hauteur de mes attentes qui étaient très grandes. La scénographie et le jeu du comédien étaient exceptionnelles.
— AM

J’ai complètement adoré. La technologie est un plus mais le jeu de Yves Jacques est superbe. Rien que du bon! À recommander à mes amis.
— ML

Un excellent spectacle qui nous a transportés du début à la fin. Un texte d’une grande richesse, une mise en scène originale et créative et une interprétation magistrale, tous les éléments étaient réunis pour nous faire apprécier cette pièce.
— AM

C’était magnifique! L’utilisation du décor, la trame sonore, la conception d’éclairages, la mise en scène et bien sûr, le comédien! J’ai grandement apprécié cette œuvre dans son entièreté.
— MB

Mise en scène très originale, inédite, très créatrice, et qui sort des sentiers battus. Excellente performance du comédien Yves Jacques.
— PP

La mise en scène était magique! 2h15 de pur bonheur avec un comédien maîtrisant son rôle à la perfection.
— FBD

Première pièce de Robert Lepage: nous avons été complètement soufflés, ébahis par les aspects multimédias et la qualité de l’interprétation.
— ADM

C’est tout une performance d’Yves Jacques et le génie de M. Lepage. Bravo à eux et aux artisans magiques.
— RL

Le théâtre de Robert Lepage fait appel à notre intelligence. Sa non-linéarité, le non-respect des conventions théâtrales, le jeu exceptionnellement sensible de Yves Jacques, m’ont complètement chamboulée. J’en ai pleuré de bonheur.
— DP

Nous ne pouvions demander mieux, superbe moment de théâtre !
— SH

Une super production qui vaut le détour. L’ingéniosité de la scénographie est impressionnante. Yves Jacques est sublime. IMMENSE coup de cœur pour la scène finale!
— MLG

Tout simplement extraordinaire. J’ai dégusté ce spectacle du début à la fin, du grand Lepage, joué par un grand acteur.
— SR

Performance incroyable d’Yves Jacques. Usage ingénieux des éléments du décor, très introspectif comme pièce. Toute en finesse, du grand Robert Lepage.
— CB

J’ai apprécié ce spectacle autant que la première fois que je l’ai vu, à sa création, joué par Robert Lepage lui-même. Yves Jacques se l’ait bien approprié. La scénographie est extraordinaire, on croirait voir un film.
— OL

Très impressionnant tant au niveau technique qu’au niveau du jeu. Yves Jacques était tout simplement sublime.
— SL

Absolument fantastique! Quel génie que Robert Lepage et Yves Jacques, quel acteur! — ME Magnifiquement présenté. L’acteur, l’histoire, le mécanisme de la scène, la poésie derrière.
— NL

J’ai vu le spectacle à sa création, revu avec Yves Jacques et une troisième fois hier soir, en plus d’avoir vu le film. Toujours aussi ravie…
— RM

Ma fille et à moi avons adoré la pièce, autant la mise en scène que le jeu exceptionnel d’Yves Jacques.
— SV

Absolument fantastique. La mise en scène était parfaite et Yves Jacques sublime. Je reverrais ce même spectacle encore et encore.
— ST

Superbe! très bien joué et témoigne de la grande créativité de l’auteur et du metteur en scène!
— MB

Calendrier


Le spectacle est présenté au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts
19h
14h
14h

Distribution

Photo: Julie Artacho

Christine
Beaulieu

Photo: Philippe Drago

Mathieu
Gosselin

Tous les personnages

Mathieu
Doyon

Tous les personnages

Crédits

Scénographie
Odile Gamache
Costumes
Julie Breton
Lumière
Erwann Bernard
Conception sonore
Mathieu Doyon
Environnement sonore et sonorisation
Frédéric Auger
Illustrations
Mathilde Corbeil
Vidéo
HUB Studio / Gonzalo Soldi
Technicien vidéo
Guillaume Arseneault
Directeur technique
Normand Vincent
Assistance à la mise en scène et régie
Martine Richard

Médias

Autrice

Photo: Julie Artacho

Christine
Beaulieu

Créative, Christine Beaulieu a su, dès sa sortie de l’école de théâtre en 2003, épater le public québécois par sa polyvalence.

Depuis 2015, elle présente son premier texte J’aime Hydro, créé au FTA puis joué à La Licorne, à l’Usine C et en tournée partout au Québec. Sacré «Spectacle de l’année» par l’Association québécoise des critiques de théâtre en 2017, J’aime Hydro figurait parmi les finalistes du 33e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal et recevait le prix Michel-Tremblay qui couronne le meilleur texte créé à la scène pour la saison 2016-2017.

En mars 2018, à l’occasion du Salon du livre de Trois-Rivières, Christine est de nouveau récompensée, cette fois par le Prix des nouvelles voix de la littérature attribué aux nouveaux auteurs de la Mauricie. Le livre J’aime Hydro est en librairie depuis l’automne 2017 et est publié chez Atelier 10.

Actrice bien connue et appréciée du public, Christine Beaulieu s’est démarquée par plusieurs rôles au cinéma; elle a été dirigée par Simon Galiero dans La mise à l’aveugle, par Patrick Boivin dans Enfin l’automne, par Jean-François Richet dans Mesrine: L’instinct de mort. Elle a aussi brillé aux côtés de Roy Dupuis dans Ceci n’est pas un polar, un long métrage de Patrick Gazé. On l’a ensuite vue incarner Roxane dans Le mirage de Ricardo Trogi et Louis Morissette, rôle qui lui a valu deux nominations: aux prix Écrans canadiens et au Gala Québec Cinéma.

Christine Beaulieu a également participé à plus d’une vingtaine de pièces de théâtre parmi lesquelles Ce moment-là, Grain(s)/Seeds, Nyotaimori, La fureur de ce que je pense et La vie utile. Elle est aussi très appréciée au petit écran, alors qu’elle joue dans de nombreuses séries dont Les pêcheurs, Lâcher prise, District 31, Hubert et Fanny et Les Simone.

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Metteur en scène

Photo: Julie Artacho

Philippe
Cyr

Philippe Cyr est diplômé de l’École supérieure de théâtre de l’UQÀM. Il a fait ses débuts au Théâtre Prospero où il a signé ses premières mises en scène: Les Escaliers du Sacré-Cœur, Et si je n’étais pas passée par là? et Norway Today. À la suite de ces expériences, il complète une maîtrise en théâtre, toujours à l’UQAM, où il travaille à une adaptation de Mère Courage et ses enfants de Brecht. Puis, il est invité à mettre en scène le spectacle À la croisée des silences de Chloé Sainte-Marie, le iShow ainsi que Prouesses et épouvantables digestions du redouté Pantagruel au Théâtre-Denise Pelletier. Il collabore également à la vie académique de l’UQÀM et de l’École Nationale de Théâtre du Canada.

En 2012, il crée sa compagnie, L’Homme allumette, et présente au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui une adaptation du texte poétique de Jean-Paul Daoust Les Cendres bleues et la pièce Selfie de Sarah Berthiaume. Cette saison Le brasier et Ce qu’on attend de moi seront en tournée au Canada.

J’aime Hydro de Christine Beaulieu, dont il assure la mise en scène, a été chaudement saluée lors de sa création au Festival TransAmériques en 2016. Depuis, la pièce voyage partout à travers le Québec.

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Dramaturgie

Photo: Vivian Doan

Annabel
Soutar

Annabel Soutar est née à Montréal où elle a grandi. Elle étudie le théâtre à l’Université Princeton, décrochant un diplôme en mise en scène et dramaturgie. Sous la direction d’Emily Mann, dramaturge de renom et directrice du célèbre McCarter Theatre du New Jersey, elle développe son approche documentaire du théâtre. Depuis 1995, elle l’applique aux pièces qu’elle produit à Montréal: Novembre, 2000 Questions, Santé, Import/Export, Sexy béton, Seeds (V.F. Grains), The Watershed (V.F. Le partage des eaux) et Fredy.

Annabel Soutar assure la direction artistique de la compagnie Porte Parole qui contribue à mieux faire connaître le théâtre documentaire. À ce jour, elle y a créé et produit quatorze pièces documentaires, à propos d’ambitieux sujets tels que la santé, les bulles financières, la globalisation et l’immigration.

C’est en 2014 qu’elle invite Christine Beaulieu à écrire une pièce ayant pour sujet Hydro-Québec: J’aime Hydro. Elle guidera la comédienne québécoise tout au long du processus de création.

En 2018, Annabel Soutar crée le projet L’Assemblée et The Assembly, en collaboration avec les comédiens Alex Ivanovici et Brett Watson. Ce nouveau projet de théâtre documentaire est une réponse théâtrale à la polarisation politique. L’Assemblée sera adapté de ville en ville afin de traduire les thématiques le plus fidèlement possible face à des réalités diverses.

Elle collabore présentement avec l’auteur et comédien François Grisé pour développer Tout inclus, une pièce documentaire abordant le sujet des résidences pour aînés. Ils transforment ses recherches et ses expériences d’immersion en texte théâtral. Cette pièce prendra l’affiche à l’automne 2019.

Annabel cherche à transformer le contenu des pièces de Porte Parole dans l’espace numérique, afin de susciter le dialogue citoyen en dehors des salles de théâtre. Le balado J’aime Hydro représente ce premier pas vers cette nouvelle frontière numérique qu’Annabel souhaite atteindre.

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Mot des D.A.

Mot des codirecteurs artistiques de Duceppe, David Laurin et Jean-Simon Traversy

Notre premier engagement à la barre de la direction artistique de ce théâtre a été de programmer J’aime Hydro.

En lisant sur l’histoire de Duceppe, sur les motivations de son fondateur, puis sur celles de Michel Dumont, nous avions rapidement compris que l’identification était au cœur de leurs préoccupations. S’identifier aux histoires qui prennent vie sur scène. S’identifier aux personnages qui nous transportent. S’identifier aux acteurs qui les interprètent.

Parmi les spectacles que nous avions vus au cours des dernières années, J’aime Hydro était celui auquel nous nous étions le plus identifiés. Nous n’avons donc pas hésité une seconde avant de tendre la main à Christine Beaulieu.

Ce spectacle est fascinant. Tout simplement.

On suit Christine dans une recherche profonde et sincère sur Hydro-Québec, l’une de nos plus grandes fiertés nationales. En nous partageant les fruits de son enquête, elle pose des questions difficiles, toujours dans le but de pousser la réflexion collective.

Au cœur de J’aime Hydro, il y a la fierté et l’amour. Nous sommes fiers d’avoir nationalisé l’électricité, mais comme dans toute relation amoureuse, nous pouvons questionner les gestes, les actions et les décisions de l’être aimé. Non par vengeance, par méchanceté ou par ennui, mais par amour. Parce que nous tenons à lui. Parce que nous cherchons à le comprendre, à le rendre meilleur. Parce que nous voulons continuer à grandir à ses côtes.

J’aime Hydro nous fait aimer notre Québec, créatif et uni.

Laissez-vous surprendre par ce récit tendre, haletant et profondément engageant.

Bon spectacle!
David et Jean-Simon

Mot de Porte Parole

Mot de la directrice artistique et exécutive de Porte Parole ANNABEL SOUTAR

 

Un journaliste me demandait récemment comment j’expliquais le succès – tant critique que populaire – de J’aime Hydro. Comment une pièce de théâtre documentaire de près de quatre heures au sujet d’Hydro-Québec pouvait-elle captiver les Québécois à ce point?

 

Dans ma réponse, j’ai évoqué évidemment le formidable talent des artistes et de l’équipe administrative de Porte Parole qui ont participé à cette création épique depuis 2014. J’ai parlé de l’aptitude de Christine à combiner intelligence et naïveté lors de son travail de recherche, à être à la fois sincère et séduisante dans sa façon de raconter l’histoire, à être aussi transparente qu’astucieuse sur scène. En fait, je crois que ce sont toutes ces qualités, apparemment contradictoires, qui font que nous pouvons nous identifier à Christine tout en admirant l’héroïne qu’elle incarne.

 

J’ai aussi mentionné que le retentissement de la pièce était le reflet d’une chose très emballante à votre sujet, vous qui formez notre auditoire au Québec aujourd’hui. En effet, j’ai le sentiment très net que vous êtes prêts à relever le défi de réfléchir tout en étant divertis. J’ai aussi le sentiment que vous voulez participer à la conversation sur les façons dont le Québec pourrait s’y prendre pour être plus prospère. Et, je sais que vous savez que le succès du Québec dans l’économie globalisée du 21e siècle dépend, pour une large part, de notre gestion de nos extraordinaires ressources hydroélectriques.

 

En d’autres termes, je crois que vous partagez le sens de l’urgence qui nous anime, Christine et moi, quant à l’avenir d’Hydro-Québec.

 

C’est un sens de l’urgence qui offre sa matière première à une production théâtrale. C’est ce que Porte Parole met en scène chaque fois que la compagnie propose un nouveau projet documentaire. C’est aussi ce qui habite les citoyens lorsqu’ils s’engagent résolument dans leur communauté.

 

Merci pour votre énergie. Et merci d’avoir amené cette énergie avec vous au théâtre aujourd’hui.

 

Annabel Soutar

Entrevue avec Christine Beaulieu

Passionnément, à la folie: on aime Christine!

Depuis sa création, J’aime Hydro a conquis les critiques et passionné un vaste public. Ce docu-théâtre d’exception, présenté à guichets fermés partout au Québec, a récolté plusieurs distinctions, dont celle du meilleur spectacle de l’année, section Montréal, par l’Association québécoise des critiques de théâtre et le prix Michel-Tremblay pour le meilleur texte porté à la scène. J’aime Hydro figurait aussi parmi les finalistes pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal et aux prestigieux Prix littéraires du Gouverneur général. Et cette production de Porte-Parole et Champ Gauche n’a pas fini de frapper fort. En 2020, ce sera au tour du public européen de faire la connaissance de Christine Beaulieu, de découvrir la relation des Québécois avec Hydro-Québec et d’en savoir davantage sur l’avenir de notre hydroélectricité.

Entretien avec l’autrice et comédienne.

Vous avez créé la surprise avec cette pièce de théâtre documentaire. Vous vous y attendiez?

Non, pas du tout. Et, si vous le permettez, j’aimerais en profiter pour mettre en lumière l’équipe qui m’entoure. Annabel (Annabel Soutar, directrice artistique et fondatrice de Porte Parole), Philippe (Philippe Cyr, metteur en scène) et les deux Mathieu (Mathieu Gosselin, acteur et Mathieu Doyon, acteur et concepteur sonore) se sont complètement mis au service de J’aime Hydro et tous les objectifs individuels ou personnels ont pris le bord! Ensemble, on s’est rassemblés, tissés serrés, autour de cette histoire et sur la meilleure façon de la livrer au public. J’ai le sentiment, qu’à un moment donné, elle nous a dépassés. Elle est devenue plus grande que nous. Une chose est certaine, sans chacun de ses alliés, sans leur humilité, leur talent, leur intelligence, leurs encouragements, on n’en serait pas là. Jamais. Ce succès, c’est aussi le leur.

Pensiez-vous que votre spectacle pouvait trouver écho en dehors du Québec?

On jouera en France et en Belgique en mars 2020 et ces invitations m’ont étonnée. En même temps, avec J’aime Hydro, tout me dépasse! Personnellement, je ne croyais pas que ça pouvait toucher un public hors du Québec. Mais, certains créateurs qui tournent à l’international et qui ont vu le spectacle, comme Robert Lepage ou Marie Brassard, m’ont dit que J’aime Hydro avait vraiment beaucoup de potentiel à l’extérieur. Qu’au fond, ce sont souvent les enjeux locaux qui intéressent les étrangers. Sans compter qu’aujourd’hui, les défis autour de l’énergie sont planétaires.

D’un niveau plus théâtral, il y a l’amour qui porte la pièce du début à la fin, n’est-ce pas?

Oui. À un moment donné, on s’est dit que le moteur de notre enquête était «l’amour». D’abord, parce que le lien affectif que nous avons avec Hydro-Québec nous est apparu très théâtral. C’est une société d’État, donc, quelque part elle nous appartient à tous. On y est aussi lié de manière culturelle, car c’est la première grande entreprise gérée en français en Amérique du Nord. Sans compter qu’Hydro-Québec est liée à notre Révolution tranquille, on y associe des leaders mémorables de notre histoire, René Lévesque, Jean Lesage, Jacques Parizeau… On est attaché à Hydro, il faut l’avouer, et de façon beaucoup plus émotive qu’à probablement n’importe quelle autre entreprise au Québec. Comme dans une relation amoureuse, on est uni à Hydro quotidiennement, c’est incontournable. On est dépendant, on a besoin l’un de l’autre.

Puis, le récit a débordé sur mes propres difficultés relationnelles et amoureuses, malgré ma pudeur et mes réticences au départ. Mais, en même temps, pendant une bonne partie du processus de création de J’aime Hydro, je vivais ce que je vivais: j’étais au cœur d’une peine d’amour. Annabel jugeait important que l’on partage ça également aux spectateurs. J’ai trouvé difficile le fait de m’ouvrir publiquement avec mes histoires de cœur, mais finalement, je pense qu’elle a eu raison d’ajouter cette trame plus intime au récit.

Vous vous êtes entretenue avec le premier ministre François Legault le 4 février dernier. Êtes-vous satisfaite de cette rencontre?

Le fait que ce tête-à-tête ait eu lieu me touche beaucoup. Le premier ministre et son équipe des communications savaient que mon opinion sur l’avenir du développement hydroélectrique différait de leur propre vision. Cette ouverture au dialogue, malgré nos divergences, malgré nos désaccords, je la trouve saine dans une démocratie, je la trouve rassurante.

Avait-il vu le spectacle?

Non, mais plusieurs personnes de son entourage l’avaient vu. M. Legault savait exactement dans quoi il s’embarquait en acceptant de me rencontrer. Son équipe aux communications a d’ailleurs été formidable. Je fais toujours approuver le montage audio de ce que je retiens de mes discussions dans ce projet. C’est essentiel pour moi que tous les intervenants soient en accord avec le contenu que je présente dans le spectacle. Son équipe a accepté de travailler dans des délais très courts et on termine maintenant le spectacle depuis la mi-février avec le premier ministre. Cette nouvelle finale m’apparaît encore plus riche et aboutie que l’ancienne.

Avez-vous le sentiment que cette version du spectacle est définitive?

C’est important pour mon équipe de conclure la pièce sur les enjeux actuels. L’épilogue est donc constamment renouvelé. Cependant, pour le reste du spectacle, je pense que mon histoire est complète. J’ai l’impression d’avoir fait le tour du sujet, d’avoir rencontré toutes les personnes avec lesquelles je souhaitais m’entretenir. Je sens vraiment que ce travail est abouti. Et en janvier dernier, après le grand tourbillon, on a enfin eu le temps de le peaufiner. On a inclus de nouvelles illustrations de Mathilde Corbeil, on a effectué des petites coupes ici et là, on a ajouté quelques précisions dans le texte, bref, c’est achevé. Je suis très satisfaite!

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Hydro-Québec

Grandes lignes de l’histoire de notre hydroélectricité depuis sa nationalisation et survol de quelques points importants abordés par Christine Beaulieu.

 

1944 – Naissance d’Hydro-Québec à Montréal. La loi 17 est sanctionnée et confie la gestion des biens de la Montreal Light, Heat & Power Consolidated et de ses filiales à la Commission hydroélectrique de Québec, soit en abrégé, Hydro-Québec.

 

1962 – À l’extérieur de Montréal, les tarifs d’électricité des compagnies privées sont élevés. Au printemps, René Lévesque, ministre des Ressources naturelles, dévoile son intention de nationaliser l’industrie de l’électricité. En brandissant ce thème, le premier ministre du Québec, Jean Lesage, lance et remporte les élections haut la main. Lors de cette campagne électorale, il prononce son fameux « Maîtres chez nous ».

 

1963 – Deuxième phase de la nationalisation de l’électricité. Le 1er mai, le gouvernement du Québec achète les actions de onze compagnies privées pour les fusionner à Hydro-Québec.

 

1963 à 1972 – Lancement et construction de plusieurs grands projets qui permettent à Hydro-Québec d’augmenter de façon spectaculaire sa capacité de production.

 

1997 – Publication du rapport de la Commission d’enquête sur la politique d’achat d’électricité par Hydro-Québec auprès de producteurs privés, commandé par le gouvernement de Jacques Parizeau et présidée par le juge François Doyon.

 

1998 – Une tempête de verglas sans précédent endommage une partie importante des réseaux de transport et de distribution d’Hydro-Québec.

 

2001 – À la suite de l’adoption, en 2000, de la Loi modifiant la Loi sur la Régie de l’énergie, Hydro-Québec confirme la séparation fonctionnelle des unités d’affaires qui assurent la production, le transport et la distribution de l’électricité.

 

2009 – Lancement du projet de la Romaine au nord de la municipalité de Havre-Saint-Pierre. Il s’agit du plus grand complexe depuis la Baie-James.

 

2013 – Afin de définir les objectifs prioritaires de la politique énergétique 2016-2025, le gouvernement de Pauline Marois met sur pied une Commission sur les enjeux énergétiques, coprésidée par Roger Lanoue et Normand Mousseau. Leur rapport sera publié le 2 février 2014.

 

2017 – Inauguration de la centrale de la Romaine-3. La fin du projet est prévue pour 2021 avec la mise en service de la Romaine-4.