L'AMOUR EST UN DUMPLING

Le gouvernement a modifié la distanciation exigée dans les salles de spectacle, qui passe de 1,5 mètre à deux mètres. Cela nous oblige à relocaliser les détenteur·trice·s de billets. Nous suspendons la vente de billets jusqu’à ce que cette opération soit terminée. Inscrivez-vous sur la liste d’attente pour être avisé·e en premier si de nouveaux billets sont mis en vente.

Partagez
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on email

Texte Mathieu Quesnel et Nathalie Doummar

Scénario et mise en scène Mathieu Quesnel

Interprétation Nathalie Doummar, Simon Lacroix et Zhimei Zhang

Du 31 mars au 25 avril 2021
Supplémentaires: 15, 22, 23, 24, et 25 avril
Webdiffusion disponible dès le 22 mars 2021

Durée approximative: 1h30

Deux ex-amants se donnent rendez-vous dans un restaurant. Sept années sont passées depuis leur dernière rencontre. Jonglant entre malaise et complicité, Marc et Claudia se remémorent leurs années de bohème, lorsqu’ils parcouraient l’Asie avec leur groupe de musique. Aujourd’hui dans la jeune trentaine, ils ont une vie plus rangée et des responsabilités. Ils ont dû renoncer à quelques rêves pour rentrer dans le rang et se disent sans regret. Mais quelle est donc cette mystérieuse proposition que Claudia veut soumettre à Marc?

Créé en 2017 à La Licorne, le texte cosigné par Mathieu Quesnel et Nathalie Doummar revivra sur la grande scène de Duceppe dans une version bonifiée de scènes inédites. Ce sympathique objet théâtral et musical évoque avec humour le passage à la vie adulte, le couple, les enfants, les compromis. Il scrute le désir, les regrets; effleure le grand amour. Il rappelle que nous entretenons tous et toutes, parfois, le fantasme de tout recommencer à zéro.

En partenariat avec

Les représentations de L’amour est un dumpling sont rendues possible grâce au Plan de relance économique du milieu culturel du gouvernement du Québec. 

Captation rendue possible par le programme Exploration numérique du CALQ

Extraits de critiques

et

Témoignages

Excellent, bien filmé. J’ai aimé qu’on puisse arrêter et reprendre le visionnement.
— G.C.R.

Super! Vraiment une belle pièce, superbement interprétée. La dame d’origine asiatique est une perle qui s’ajoute à la distribution. Les plans de caméra et les projections font qu’on n’a pas l’impression que c’est linéaire. On lui donne ⭐ ⭐⭐⭐⭐!
— J.L.

Une captation de très bonne qualité. Prise de vue, prise de son et éclairages très réussis. Et le décor était particulièrement beau. Bref, une soirée très agréable!
— L.S.P.

J’ai trouvé que la mise en scène est bien adaptée à la webdiffusion. On se croyait au théâtre et parfois dans un film!
— V.A.

Pièce intelligente et drôle qui m’a replongée dans mes 30 ans 😉. Captation dynamique d’une très bonne mise en scène avec 3 acteurs très justes. J’ai adoré l’expérience, même chez moi, en solitaire.
— V.M.

Ce fut un moment très agréable. Le rythme était dynamique, le texte intelligent et les comédiens extraordinaires. Nous serons au rendez vous pour une prochaine diffusion. Merci! 🙏 Un succès très abordable. 
— C.L.

Cette pièce est extraordinaire! Le texte est savoureux, les acteurs sont excellents. Vous avez hissé la captation de théâtre à un autre niveau. C’était parfait!
— A.L.

Excellente captation qui a rendu l’expérience télévisuelle très agréable.
— P.G.

Bel objet audiovisuel à mi-chemin entre le théâtre et la télévision.
— H.B.

On s’est fait un cadeau vivant en région éloignée. La captation était vivante, c’était plus comme du théâtre-cinéma. Nous vous remercions pour ce beau moment! 🧡
— F.A.C.

J’ai découvert des interprètes tellement talentueux! Vous avez bien réussi les prises de vue pour rendre le spectacle agréable. Je l’ai recommandé à plein de gens déjà. Bravo!!
— C.V.

Formidable, meilleure captation théâtrale que j’ai vu.
— N.D.

Nous avons adoré! Original et rafraîchissant! 💜 Super formule web diffusion! Nous avons beaucoup apprécié les acteurs Nathalie Doummar et Simon Lacroix mais une mention spéciale à Zhimei Zhang qui fut une très belle découverte. Petit rôle mais très sympa!
— S.V.

J’ai adoré la pièce et la diffusion était excellente. Cette pièce était vraiment bien adaptée pour un visionnement en ligne. Merci pour le beau travail.
— C.D.

Très satisfaite. Mise en scène excellente. Réparties des acteurs très claires et époustouflantes par moments. Bravo les acteurs! J’ai beaucoup apprécié de pouvoir voir ce spectacle chez moi et au moment qui me convenait. Merci pour cette belle opportunité!
— L.L.

Excellente captation, très imaginative. Suscite et maintient l’intérêt tout au long de la pièce.
— P.D.

Calendrier

Du 31 mars au 25 avril 2021
Supplémentaires: 15, 22, 23, 24, et 25 avril
Lorsque la représentation indique complet, il se peut que quelques billets soient encore disponibles. Vous pouvez tenter votre chance.
19h - COMPLET
19h - COMPLET
19h - COMPLET
16h - COMPLET
15h - COMPLET
19h - COMPLET
19h - COMPLET
16h - COMPLET
15h - COMPLET
14h
SUPP - 19h - COMPLET
16h - COMPLET
SUPP - 19h - COMPLET
SUPP - 19h
SUPP - 16h
SUPP - 15h

Distribution

Photo: Andréanne Gauthier

Nathalie
Doummar

Claudia

Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2011, Nathalie Doummar est une artiste multidisciplinaire: en plus d’être formée en interprétation, elle maîtrise le chant et est est également autrice.

En 2015, elle a signé le texte Delphine de Ville Saint-Laurent, pièce mise en scène par Martin Desgagné et produite par le Théâtre Urbi et Orbi. En 2016, Nathalie Doummar a proposé Coco, une pièce percutante créée à La Petite Licorne dans une mise en scène de Mathieu Quesnel. Coco a été saluée par la critique et présentée à guichets fermés, tant à sa création qu’à sa reprise à l’automne 2017. Forte de ce succès, l’autrice a continué de consacrer temps et énergie à l’écriture, parallèlement à sa carrière de comédienne. En 2017, elle a cosigné avec Mathieu Quesnel L’amour est un dumpling, pièce en un acte qui a été présentée dans le cadre des 5 à 7 de La Licorne et dont vous assistez aujourd’hui à la reprise bonifiée. Sa pièce Le loup, dans laquelle elle évoque avec une troublante justesse la difficulté de faire face à son propre déclin, était présentée à l’hiver 2020 dans le cadre des 5 à 7 de Duceppe. Interrompu par la pandémie, le spectacle qui met en vedette Maude Guérin et Luc Senay sera repris lors d’une prochaine saison. 

Actrice, Nathalie Doummar a été de la distribution de diverses productions théâtrales dont Les 3 ténors de Ken Ludwig, mise en scène par Benoît Brière et Martin Drainville et Chienne(s) de Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent. À la télévision, on a pu la voir dans les séries Trop, Nouvelle adresse, Boomerang, Au secours de Béatrice et L’heure bleue.

Au cinéma, elle a interprété en 2016 le rôle principal du film Pays de Chloé Robichaud. Cette performance lui a valu une nomination aux Prix Écrans canadiens dans la catégorie «Interprétation féminine dans un premier rôle» en 2017.

Depuis septembre 2018, Nathalie est autrice en résidence chez Duceppe. Elle travaille présentement à sa pièce Mama (titre de travail) aux côtés de la metteuse en scène Marie-Ève Milot. Le projet fait d’ailleurs l’objet d’un laboratoire de création ce printemps au cours duquel les deux collaboratrices collaboreront avec plusieurs actrices professionnelles d’ascendance nord-africaine et moyen-orientale.

En lire plus
Photo: Jacinthe Perreault

Simon
Lacroix

Marc

Depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2011, Simon Lacroix a joué dans plus d’une vingtaine de productions théâtrales. 

On a pu le voir dans Le meilleur des mondes de Guillaume Corbeil, d’après l’œuvre d’Aldous Huxley, ainsi que dans la pièce Trip de Mathieu Quesnel. Avec ses complices Sonia Cordeau et Raphaëlle Lalande de la compagnie Le Projet Bocal il a écrit, mis en scène et présenté à La Licorne les spectacles Le Projet Bocal (2013), Oh Lord (2014) et Le spectacle (2016), en plus de jouer dans Perplex(e) de Marius von Mayenburg. En 2019, Le Projet Bocal se voit octroyer par Duceppe une résidence d’écriture de deux ans. On a également pu admirer son travail comme acteur dans la captation audio de Pétrole, puis comme metteur en scène du laboratoire de création Whitehorse. Avec L’amour est un dumpling, il marque son premier passage sur la scène de Duceppe.

Au petit écran, il s’est fait connaître dans les séries Lâcher prise, Léo, L’Académie et La malédiction de Jonathan Plourde. Cette année, il tient un des rôles principaux dans Faits Divers 4.

Simon est lauréat de quatre prix Gémeaux pour ses interprétations dans la série Lâcher Prise (2018) et les webséries Deep (2013), Hypno (2017) et Les éphémères (2020).

En lire plus

Zhimei
Zhang

La Dame du restaurant

Zhimei Zhang est née en Chine en 1935. Là-bas, elle a combiné trois emplois: traductrice, professeure d’anglais à l’université et journaliste. Elle a immigré au Canada en 1985 et s’est établie un an plus tard à Montréal où elle est engagée par la firme SNC-Lavalin. Elle y travaillera jusqu’à sa retraite en 2002.

En 2007, elle a offert plus de 800 articles de vêtements et de broderies chinoises antiques au Musée du costume et du textile du Québec pour l’exposition Splendeurs du quotidien.

Zhimei Zhang a publié en 1992 son premier livre Foxspirit, écrit en anglais, et a remporté le prix de la non-fiction de l’Association des écrivains du Québec. Foxspirit a été traduit en allemand et en français (Ma vie en rouge). Il s’agit d’un récit autobiographique qui entraîne les lecteurs.trice.s au cœur des changements qu’a subi la Chine durant la Révolution culturelle de Mao. Son deuxième livre, Les traces d’un papillon, écrit en français, a été publié chez VLB Éditeur en 2019. Dans ce recueil de réminiscences ponctué de poèmes, l’autrice décrit sa transformation en «Québécoise pure soie» et revient sur les moments marquants de sa jeunesse.

Femme de défi, elle a entamé sa carrière d’actrice en 2011 à l’âge 76 ans. Elle a débuté avec un rôle dans un court métrage chinois puis a enchaîné plusieurs contrats de fiction québécoise. Elle a joué pour la première fois sur les planches avec L’amour est un dumpling, pièce d’abord présentée en 2017, puis en 2019 et finalement cette année chez Duceppe.

Pour Zhimei Zhang, le ciel est immense et la route est sans limite.



En lire plus

Crédits

Décor
Odile Gamache
Costumes
Sylvain Genois
Éclairages
Renaud Pettigrew
Musique
Nicolas Basque
Vidéo
Alexandre Leblanc
Accessoires
Normand Blais
Assistance à la mise en scène
Andrée-Anne Garneau
Réalisation de la captation
Stéphane Lapointe
Direction photo
Barry Russell
Scripte
Amel Amiri
Prise de son
Stephan Roy
Montage
Amélie Labrèche
Production
Ginette Gauthier

Médias

Plus sur la pièce et son auteur

Quatrième pièce de l’Américain Tracy Letts, August: Osage County a été créée le 28 juin 2007 au Steppenwolf Theatre à Chicago, compagnie dont le dramaturge, aussi acteur, est membre depuis de nombreuses années. Applaudie ensuite sur Broadway, elle y tiendra l’affiche presque deux ans et récoltera un grand nombre de prix, dont un Pulitzer en 2008, l’une des plus illustres récompenses au monde, qui souligne chaque année les créations exceptionnelles en journalisme, littérature et théâtre. Deux autres pièces de Tracy Letts seront aussi finalistes pour cette prestigieuse récompense: Man from Nebraska (2004) et The Minutes (2018).

C’est Dennis Letts, le père du dramaturge, qui a créé le rôle du patriarche Beverly Weston dans August: Osage County à Chicago.

Passionné de théâtre, professeur d’anglais à la Southeastern Oklahoma State University, il s’est retiré du monde universitaire à l’âge de 50 ans pour devenir acteur. Malgré un diagnostic de cancer et un éprouvant traitement, il décidera de jouer la pièce de son fils à New York, donnant huit spectacles par semaine. Il quittera les planches en janvier 2008, peu de temps avant son décès, le 22 février.

Après Chicago, New York et Londres, les prestigieuses scènes d’Israël, de Porto Rico, d’Australie, d’Allemagne, d’Autriche, d’Argentine, de Suède, du Danemark, du Pérou, d’Espagne, de la Nouvelle-Zélande, de la Roumanie et du Canada comptent parmi celles qui ont tour à tour accueilli cette œuvre majeure, considérée par plusieurs comme l’une des pièces américaines les plus marquantes des vingt dernières années.

Parlant des origines du titre de sa pièce, Tracy Letts a déclaré:

«Je ne pourrais jamais prétendre à un titre aussi brillant que August: Osage County. M. Howard Starks, gentleman, professeur, poète, génie, mentor, ami a créé ce titre pour un poème extraordinaire qui est l’une des inspirations de ma pièce: je le lui vole avec déférence, mais sans excuses — Howard, j’en suis sûr, ne voudrait pas qu’il en soit autrement — et je dédie cette pièce à sa mémoire.»

Dust hangs heavy in the dull catalpas;
the cicadas are scraping interminably
at the heart-thickened air —
no rain in three weeks, no real breeze all day,
In the dim room,
the blinds grimly endure the deadly light,
protecting the machined air,
as the watchers watch the old lady die.

August: Osage County par Howard Starks (extrait)

Tracy Letts a signé l’adaptation cinématographique de sa pièce, portée à l’écran par le réalisateur John Wells. Tourné en Oklahoma, terre natale de l’auteur, le film a été présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto en septembre 2013. Il met en vedette une brillante distribution.

Meryl Streep y incarne Violet Weston, prestation qui lui vaudra une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice en 2014. Finaliste à cette même cérémonie, dans la catégorie de la meilleure actrice pour un second rôle, Julia Roberts y interprète sa fille, Barbara Weston.

Au Québec, la version en français a été projetée en 2014 sous le titre Le temps d’un été.

Au cours de la dernière décennie, Tracy Letts a aussi été salué pour ses performances d’acteur dans de nombreuses productions de renom, sur scène comme à l’écran.

De nouveau récompensé par un Tony Award en 2013, mais comme interprète cette fois — pour son rôle de George dans Who’s Afraid of Virginia Woolf? — Tracy Letts incarnait tout récemment Joe Keller dans All My Sons d’Arthur Miller sur Broadway, aux côtés d’Annette Bening.

En lire plus

Entretien avec René Richard Cyr

La dernière présence de René Richard Cyr chez Duceppe remonte à dix ans déjà. Le réputé et prolifique metteur en scène dirigeait alors Minuit chrétien de Tilly. Nous sommes heureux d’accueillir de nouveau ce créateur formidable, qui a donné vie sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe aux personnages de Tennessee Williams comme à ceux de Michel Tremblay, aux univers de Serge Boucher et de Peter Shaffer. Cette fois, René Richard Cyr s’attaque à une partition colossale de treize rôles savoureux, créés par l’Américain Tracy Letts. Entretien avec le metteur en scène.

Vous envisagiez de monter cette pièce depuis un moment, n’est-ce pas?

Quand cette pièce a été présentée à New York pour la première fois, en 2007, j’ai reçu deux, sinon trois coups de fil, dont celui de Frédéric Blanchette, qui en signe ici la traduction québécoise. Il m’a dit: «Écoute, j’ai vu une pièce, c’est pour toi! Il faut que tu la montes.»

D’autres personnes m’ont aussi écrit et je crois que l’on pensait à moi parce qu’il y a une certaine parenté entre cette œuvre et l’univers de l’auteur québécois Serge Boucher, un univers hyperréaliste. Dans ma carrière, j’ai monté plusieurs textes de Serge, et j’avais à ce moment-là déjà mis en scène Les bonbons qui sauvent la vie, 24 poses (portraits) et , ici, chez Duceppe. J’ai donc lu cette pièce américaine et je l’ai beaucoup aimée, mais, pour toutes sortes de raisons, elle est restée quelques années dans mes cartons. Quand David (Laurin) et Jean-Simon (Traversy) sont arrivés à la direction artistique, nous avions le désir de travailler ensemble et August: Osage County faisait partie des projets possibles. Après mûre réflexion, leur choix s’est finalement arrêté sur ce grand texte que l’on a renommé Disparu·e·s.

Pourquoi ce titre?

Dans cette pièce, on parle d’abord d’un père qui est porté disparu. Mais, assez rapidement, on se rend compte qu’énormément de choses se sont aussi envolées. Les valeurs familiales ont disparu, les couples s’effritent, plus rien ne s’installe vraiment dans la durée. Le personnage de la mère, Violet Weston, s’efface dans les drogues, elle n’est plus tout à fait là. Ses filles se sont éloignées du noyau familial depuis des années…

À un moment donné, il y a un personnage qui dit: «Ce qui est en train de disparaître était en fait déjà disparu». Dans le sens que l’on ne peut plus vivre comme avant. Nos valeurs profondes sont ébranlées. Nous sommes aussi en train de disparaître. En fait, nos vies sont faites de mille disparitions par jour.

Vous avez déjà dit qu’il n’y a pas de rôle principal dans cette pièce. Pourquoi?

C’est ce qui est extraordinaire dans Disparu·e·s! Il y a presque treize rôles principaux. La pièce est en ce sens surprenante, enthousiasmante. Il a de nouveaux personnages qui arrivent tout le temps, au fur et à mesure que l’action avance. Il y a constamment des éléments de surprise. La mère, Violet, est tout de même centrale. C’est celle par qui tout est provoqué, celle sur qui tout rebondit. Mais, il demeure que tous les autres personnages ne font pas que saupoudrer quelques petites épices, ils participent réellement à l’histoire.

Il y a des moments hilarants dans cette pièce, comme des instants presque tragiques. Avez-vous attaqué cette œuvre comme une comédie ou plutôt comme un drame?

Je me dis que c’est un mélodrame comique. Il y a un côté très mélodramatique. Toutes les maladies de l’Amérique moderne, ou à peu près, y sont exploitées!

C’est un peu comme si l’auteur Tracy Letts avait mélangé du Arthur Miller, du Tennessee Williams et du Eugene O’Neill dans un gros blender… On y retrouve une telle charge d’événements dramatiques! Mais la steam est régulièrement libérée et l’humour devient salvateur à plusieurs moments. Ç’a été un grand plaisir de créer cette famille complètement dysfonctionnelle autour du personnage de la mère, très emblématique. C’est la comédienne Christiane Pasquier qui l’incarne.

J’avais de la difficulté à m’imaginer quelqu’un d’autre pour l’interpréter. Christiane a une vérité profonde, elle peut être très touchante et en même temps excessivement punchée, extrêmement comique. Ça prenait une actrice avec une grosse boîte de Prismacolor dans son cœur! C’est-à-dire, une actrice qui peut donner une tonne de couleurs à son personnage.

Et pour répondre à la question de savoir comment j’ai attaqué cette œuvre, comme une comédie ou comme un drame, je dirais que je l’ai d’abord attaquée sous l’angle de la vérité. À la première lecture, je ne savais pas si c’était un drame ou une comédie. J’ai dit aux acteurs et aux actrices: «C’est vous qui allez me le dire». Pour moi, ce qui est intéressant, c’est de pouvoir jouer avec tous ces éléments de contraste. À mon avis, c’est ce qui fait souvent la qualité des grands textes. Prenons, par exemple, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou de Tremblay. C’est une œuvre incroyablement tragique, mais, tout à coup, il y a une chicane sur le beurre de peanuts qui fait rire tout le monde et l’humour nous permet d’évacuer toute la lourdeur du propos. Dans Disparu·e·s, les répliques sont tellement vitrioliques qu’on ne peut pas faire autrement que de rire. Ces gens se disent des horreurs, certains éléments dans la situation sont démesurés. Mais, comme metteur en scène, on ne peut pas choisir d’en faire une comédie ou une tragédie.

J’essaie seulement d’y aller dans la vérité et dans la psychologie de chacun des personnages, en laissant au public le choix de trouver ça drôle, ou pas.

En lire plus

Auteur et metteur en scène

Photo: Andréanne Gauthier

Mathieu
Quesnel

Mathieu Quesnel a obtenu son diplôme du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2006. Homme de théâtre polyvalent, il est à la fois acteur, auteur et metteur en scène.

Il a participé à plusieurs productions théâtrales dont Au Champ de Mars et Débris du Théâtre de la Manufacture, L’Obsession de la beauté et Les Flâneurs Célestes de LAB87, L’Assassinat du Président du Théâtre du Futur et Vol au-dessus d’un nid de coucou du Théâtre du Rideau Vert. 

À la télévision, on a pu le voir entre autres dans Lâcher Prise, Ruptures, SNL Québec et Sacrés Objets. Au grand écran, Au grand écran, il a été dirigé par Émile Gaudreault sur Le vrai du faux et De père en flic 2, par Denys Arcand sur Le règne de la beauté et par François Bouvier sur Paul à Québec.

Depuis 2016, il a signé la mise en scène de ses pièces L’amour est un dumpling et Je suis mixte à La Licorne, ainsi que Trip à Espace Libre. Sa collaboration avec Nathalie Doummar a débuté il y a cinq ans, alors qu’il met en scène sa pièce Coco. Adepte de la comédie sous toutes ses formes, Mathieu a écrit de nombreux numéros et courtes pièces pour les Cabarets Insupportables de Transthéâtre, le Théâtre Tout Court d’Absolu Théâtre ou encore le Zoofest de Juste pour Rire. Il développe actuellement deux nouvelles comédies (Les Ânes soeurs et Chop-chop) qui devraient voir le jour prochainement.

En lire plus

Autrice

Photo: Andréanne Gauthier

Nathalie
Doummar

Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2011, Nathalie Doummar est une artiste multidisciplinaire: en plus d’être formée en interprétation, elle maîtrise le chant et est est également autrice.

En 2015, elle a signé le texte Delphine de Ville Saint-Laurent, pièce mise en scène par Martin Desgagné et produite par le Théâtre Urbi et Orbi. En 2016, Nathalie Doummar a proposé Coco, une pièce percutante créée à La Petite Licorne dans une mise en scène de Mathieu Quesnel. Coco a été saluée par la critique et présentée à guichets fermés, tant à sa création qu’à sa reprise à l’automne 2017. Forte de ce succès, l’autrice a continué de consacrer temps et énergie à l’écriture, parallèlement à sa carrière de comédienne. En 2017, elle a cosigné avec Mathieu Quesnel L’amour est un dumpling, pièce en un acte qui a été présentée dans le cadre des 5 à 7 de La Licorne et dont vous assistez aujourd’hui à la reprise bonifiée. Sa pièce Le loup, dans laquelle elle évoque avec une troublante justesse la difficulté de faire face à son propre déclin, était présentée à l’hiver 2020 dans le cadre des 5 à 7 de Duceppe. Interrompu par la pandémie, le spectacle qui met en vedette Maude Guérin et Luc Senay sera repris lors d’une prochaine saison. 

Actrice, Nathalie Doummar a été de la distribution de diverses productions théâtrales dont Les 3 ténors de Ken Ludwig, mise en scène par Benoît Brière et Martin Drainville et Chienne(s) de Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent. À la télévision, on a pu la voir dans les séries Trop, Nouvelle adresse, Boomerang, Au secours de Béatrice et L’heure bleue.

Au cinéma, elle a interprété en 2016 le rôle principal du film Pays de Chloé Robichaud. Cette performance lui a valu une nomination aux Prix Écrans canadiens dans la catégorie «Interprétation féminine dans un premier rôle» en 2017.

Depuis septembre 2018, Nathalie est autrice en résidence chez Duceppe. Elle travaille présentement à sa pièce Mama (titre de travail) aux côtés de la metteuse en scène Marie-Ève Milot. Le projet fait d’ailleurs l’objet d’un laboratoire de création ce printemps au cours duquel les deux collaboratrices collaboreront avec plusieurs actrices professionnelles d’ascendance nord-africaine et moyen-orientale.

En lire plus

Mot de la direction artistique

August: Osage County, devenue Disparu·e·s chez Duceppe, s’inscrit dans la lignée des grandes fresques familiales américaines. C’est assurément l’une des pièces les plus puissantes issues de cette dramaturgie depuis le tournant du siècle.

Tracy Letts nous plonge dans l’univers des Weston, et plus particulièrement celui des trois générations de femmes qui sont l’âme, le cœur et le corps de cette famille.

Une famille forte, mais marquée par de profondes déchirures.

Des déchirures qui font écho aux dissensions qui affectent l’Amérique.

La cellule familiale est source de compromis. On y apprend à aimer ses proches de façon inconditionnelle et à apprécier leur différence. Mais quand un conflit affecte nos valeurs profondes, il arrive que nous soyons poussé·e·s dans nos derniers retranchements. Doit-on alors préserver la cellule familiale à tout prix?

Il y a longtemps que nous voulions travailler avec René Richard Cyr. S’il est devenu l’un de nos plus grands metteurs en scène, c’est justement parce qu’il a un don pour créer ces familles.

Une partie importante du travail de la mise en scène est de trouver la bonne actrice ou le bon acteur. Puis, de fil en aiguille, la famille est rassemblée. Au cours du processus des répétitions, elle rencontrera indéniablement des tempêtes, des périodes de doutes. C’est à ce moment que la mise en scène doit écouter, tempérer et éclairer.

René Richard excelle dans cet art parce qu’il élève tout le monde autour de lui.

Nous sommes fiers de vous présenter sa formidable famille de Disparu·e·s.

Bienvenue chez eux!

David et Jean-Simon

En lire plus

Mot de l'auteur et metteur en scène

C’est le cœur rempli de chou et d’échalote que je vous écris aujourd’hui pour vous souhaiter un excellent retour au théâtre!  Aviez-vous hâte que ça recommence? Moi oui! Tout au long de la pandémie j’ai beaucoup réfléchi à mon métier et je me suis vite rendu compte que ce qui a le plus de valeur pour moi, c’est toute cette magie qu’on crée en équipe pour rendre hommage à l’éphémère, cette belle camaraderie qui règne dans le milieu théâtral, ce partage précieux et essentiel! C’est pourquoi, chères spectatrices et spectateurs, je profite de la réouverture des salles pour te déclarer mon amour. Ça fait longtemps que je vous aime en secret, mais voilà je le dévoile enfin au grand jour! J’ai envie de vous prendre avec des baguettes et de vous tremper dans la sauce soya! 

Maintenant j’ai un secret à vous confier… C’est à propos de la pièce que vous allez découvrir. Elle n’était pas supposée voir le jour. Dans le sens qu’elle ne figurait pas sur ma «to do list»… Mais!  Il y a quelques années, j’ai eu le bonheur (ou le malheur) d’aller souper avec un vieil amour de jeunesse. Petit conseil, si vous vous retrouvez dans une telle situation, déclinez l’invitation. La pièce vous donnera un bon aperçu de ce qui pourrait vous arriver. Non je blague. La vérité c’est que les personnages sont nés par un bel après-midi alors que j’écoutais Just like starting over de John Lennon. Je devais pourtant pondre un autre texte et j’avais pris du retard, mais Marc et Claudia parlaient et chantaient trop fort alors j’ai tout arrêté pour les écouter, et je n’ai jamais fini l’autre texte… Après avoir pris douze pages de notes, j’ai proposé l’histoire à David et Jean-Simon (alors directeurs de LAB87) et eux l’ont proposée aux 5 à 7 de la Licorne (un nouveau concept qui allait commencer). À ma grande surprise, tout a fonctionné. J’ai donc appelé Simon et Nathalie pour leur demander de jouer dans la pièce. Ils m’ont demandé: «On peut-tu lire le texte avant?» et j’ai répondu «Euh non il n’est pas encore écrit… je voudrais qu’on l’écrive ensemble!».

On s’est donc donné rendez-vous dans le quartier chinois en septembre 2016, je leur ai lu mes douze pages de notes, ils se sont endormis, on a rêvé ensemble, et quelques semaines plus tard on s’est installé·e·s sur une table devant une grande fenêtre et pour commencer à tester les premiers dialogues. Nathalie et moi tapions sur nos laptops pour modifier le texte en direct pendant que Simon et son sens critique légendaire nous donnait ses commentaires. Puis un jour, on a invité Zhimei à venir passer une audition pour jouer la Dame du restaurant. C’était sa première audition à vie (elle avait seulement fait un peu de figuration). Elle a lu les deux petits bouts de scènes inachevés qu’on avait pour elle et nous sommes vite tombé·e·s sous son charme. Je n’ai invité personne d’autre à auditionner. Quelques mois plus tard, nous avions une pièce de 45 minutes entre les mains. 

Elle devait prendre l’affiche pour 4 soirs seulement, mais finalement elle a été jouée 25 fois en 2017 et 2019. On rêvait d’en faire un film, ou d’écrire une suite, alors quand David et Jean-Simon m’ont demandé de la remonter chez Duceppe, je me suis dit: voilà notre chance! Nathalie et moi sommes retourné·e·s à nos claviers pour pondre cette deuxième partie que vous allez voir en primeur. Et la cerise sur le sundae: la fermeture des salles nous aura permis de filmer la pièce avec le réalisateur de talent qu’est Stéphane Lapointe pour en faire le film dont nous rêvions depuis longtemps. Bref, c’est une belle histoire d’amour que nous avons vécue pendant tout le parcours de cette petite pièce en un acte qui est finalement devenue une vraie pièce en deux actes montée sur un grand plateau.

En terminant, pour ceux et celles qui se demandent pourquoi l’amour est un «dumpling», disons simplement que tout le monde que je connais aime les dumplings, et qu’on ne sait jamais vraiment ce qui se cache à l’intérieur d’un dumpling tant qu’on a pas croqué dedans. 

Et pour ceux et celles qui se demandent si le mot dumpling est une sorte de calembour douteux en lien avec mon nom de famille (Quenelle…) la réponse est non. Tout ça n’est que pur hasard. Je vous en fais part parce que lors de la création, j’ai un ami qui croyait que ce serait une pièce absurde truffée de jeu de mots et j’avais beau lui dire: «Non c’est une comédie romantique, et personnellement elle me donne un petit pincement au cœur à chaque fois que je la vois…», mais il ne m’a jamais cru et il n’est jamais venu la voir. Tant pis pour lui. Qui sait, peut-être aurait-il rencontré l’amour de sa vie au théâtre ce soir-là… 

Chères spectatrices et spectateurs, merci d’être là, encore une fois je vous aime et je vous souhaite un bon spectacle. Et n’oubliez pas, la vie est toujours meilleure avec un petit sploutch de sauce piquante!

En lire plus

Mot des D.A.

D’abord, merci d’être parmi nous aujourd’hui et de contribuer à cette renaissance des arts vivants montréalais. C’est une immense joie de pouvoir vous retrouver après cette longue période de turbulences. Pour marquer cette relance printanière, nous avions envie de vous permettre d’oublier les événements qui ont bouleversé la dernière année avec une comédie qui fait du bien.

À notre plus grand bonheur, Mathieu Quesnel et son équipe de concepteur·trice·s ont accepté de vous concocter une version longue et revisitée de la pièce L’amour est un dumpling, créée à La Licorne en 2017. C’est avec un plaisir presque coupable que nous vous invitons dans ce restaurant du quartier chinois en compagnie de Marc et Claudia, deux anciens amants qui se retrouvent alors que leurs vies ont pris des directions opposées. Avec un zeste d’humour et de tendresse, la pièce pose un regard lucide sur l’engagement, les responsabilités familiales, la vie de banlieue et le temps qui passe. Perdons-nous nos idéaux en vieillissant? Quand est-il trop tard pour revenir en arrière? La nostalgie est-elle un piège? 

L’amour est un dumpling vous entraînera dans une mer de désirs inassouvis et de doutes, mais surtout d’humanité et de profonde complicité. Nous espérons que vous tomberez sous le charme de Marc, Claudia et la Dame du restaurant, et que vous quitterez notre théâtre le cœur infiniment plus léger. 

Bonne représentation,

David et Jean-Simon



En lire plus