LES ENFANTS

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Texte Lucy Kirkwood

Mise en scène Marie-Hélène Gendreau

Traduction Maryse Warda

Interprétation Micheline Bernard, Germain Houde, Danielle Proulx

Du 26 février au 28 mars 2020

Durée approximative: 2h

Dans un petit chalet isolé sur la côte britannique, un couple d’ingénieurs nucléaires à la retraite tente de mener une vie saine et calme, malgré le danger et le rationnement quotidien. Dehors, le chaos règne depuis qu’une série d’événements dévastateurs a endommagé la centrale nucléaire voisine. Quand une ancienne collègue arrive chez eux sans s’annoncer pour leur faire part d’un projet inattendu, leur routine fragile est soudainement brisée. Sa proposition appose non seulement une «date d’expiration» sur leur propre vie, mais confronte également leurs valeurs et un confort durement acquis. Que décideront-ils?

La Britannique Lucy Kirkwood, dramaturge saluée par The Independent comme «la plus enrichissante de sa génération», impressionne par sa capacité à soulever des questions cruciales. Trouvant son inspiration à la suite de l’explosion nucléaire de Fukushima, elle a imaginé un dilemme moral captivant, dans lequel se mêlent habilement le legs des générations, les devoirs familiaux et les enjeux environnementaux. Créée à Londres en 2016, en lice pour le Tony Award de la meilleure pièce sur Broadway en 2017, Les enfants est une oeuvre puissante, ponctuée d’humour et de mordant, qui alimentera le nécessaire débat sur les risques environnementaux liés à nos choix.

Avec le soutien de

Extraits de critiques

et

Témoignages

Tout à fait ravie, enchantée par la performance époustouflante de Yves Jacques, l’ingéniosité de la mise en scène, la page d’histoire et la rectitude du propos. Tout à fait génial!
— JD

J’ai trouvé le spectacle GÉNIAL! Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu de l’acteur… Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une pièce de théâtre.
— IM

Le spectacle était à la hauteur de mes attentes qui étaient très grandes. La scénographie et le jeu du comédien étaient exceptionnelles.
— AM

J’ai complètement adoré. La technologie est un plus mais le jeu de Yves Jacques est superbe. Rien que du bon! À recommander à mes amis.
— ML

Un excellent spectacle qui nous a transportés du début à la fin. Un texte d’une grande richesse, une mise en scène originale et créative et une interprétation magistrale, tous les éléments étaient réunis pour nous faire apprécier cette pièce.
— AM

C’était magnifique! L’utilisation du décor, la trame sonore, la conception d’éclairages, la mise en scène et bien sûr, le comédien! J’ai grandement apprécié cette œuvre dans son entièreté.
— MB

Mise en scène très originale, inédite, très créatrice, et qui sort des sentiers battus. Excellente performance du comédien Yves Jacques.
— PP

La mise en scène était magique! 2h15 de pur bonheur avec un comédien maîtrisant son rôle à la perfection.
— FBD

Première pièce de Robert Lepage : nous avons été complètement soufflés, ébahis par les aspects multimédias et la qualité de l’interprétation.
— ADM

C’est tout une performance d’Yves Jacques et le génie de M. Lepage. Bravo à eux et aux artisans magiques.
— RL

Le théâtre de Robert Lepage fait appel à notre intelligence. Sa non-linéarité, le non-respect des conventions théâtrales, le jeu exceptionnellement sensible de Yves Jacques, m’ont complètement chamboulée. J’en ai pleuré de bonheur.
— DP

Nous ne pouvions demander mieux, superbe moment de théâtre !
— SH

Une super production qui vaut le détour. L’ingéniosité de la scénographie est impressionnante. Yves Jacques est sublime. IMMENSE coup de cœur pour la scène finale!
— MLG

Tout simplement extraordinaire. J’ai dégusté ce spectacle du début à la fin, du grand Lepage, joué par un grand acteur.
— SR

Performance incroyable d’Yves Jacques. Usage ingénieux des éléments du décor, très introspectif comme pièce. Toute en finesse, du grand Robert Lepage.
— CB

J’ai apprécié ce spectacle autant que la première fois que je l’ai vu, à sa création, joué par Robert Lepage lui-même. Yves Jacques se l’ait bien approprié. La scénographie est extraordinaire, on croirait voir un film.
— OL

Très impressionnant tant au niveau technique qu’au niveau du jeu. Yves Jacques était tout simplement sublime.
— SL

Absolument fantastique! Quel génie que Robert Lepage et Yves Jacques, quel acteur! — ME Magnifiquement présenté. L’acteur, l’histoire, le mécanisme de la scène, la poésie derrière.
— NL

J’ai vu le spectacle à sa création, revu avec Yves Jacques et une troisième fois hier soir, en plus d’avoir vu le film. Toujours aussi ravie…
— RM

Ma fille et à moi avons adoré la pièce, autant la mise en scène que le jeu exceptionnel d’Yves Jacques.
— SV

Absolument fantastique. La mise en scène était parfaite et Yves Jacques sublime. Je reverrais ce même spectacle encore et encore.
— ST

Superbe! très bien joué et témoigne de la grande créativité de l’auteur et du metteur en scène!
— MB

Calendrier

Du 26 février au 28 mars 2020
19h30
20h - Complet
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Distribution

Photo: Julie Perreault

Micheline
Bernard

Rose
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Photo: Monic Richard

Germain
Houde

Robin
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Photo: Andréanne Gauthier

Danielle
Proulx

Adèle
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Crédits

Décor
Marie-Renée Bourget Harvey
Costumes
Cynthia St-Gelais
Éclairages
Julie Basse
Musique
Mykalle Bielinski
Accessoires
Normand Blais
Assistance à la mise en scène
Caroline Boucher-Boudreau

Médias

Autrice

Lucy
Kirkwood

La Britannique Lucy Kirkwood, dramaturge saluée par The Independent comme «la plus enrichissante de sa génération», est née en 1984 à East London. Autrice en résidence au Clean Break Theatre Co., elle était élue membre de la Royal Society of Literature en 2018.

Lucy Kirkwood impressionne par sa capacité à soulever des questions graves et cruciales tout en évitant de tomber dans le mélodramatique ou le sentimental. Elle créait la surprise en 2013 avec Chimerica, pièce qui examine la relation entre les États-Unis et la Chine, inspirée par la célèbre photo de l’homme face aux tanks sur la place Tian’anmen en 1989. Chimerica remportait cinq Olivier Awards, dont celui de la meilleure nouvelle pièce, ainsi que les prix Evening Standard, Critics’ Circle et Susan Smith Blackburn. Lucy Kirkwood n’avait alors pas encore 30 ans.

Son autre grand succès, The Children, oeuvre puissante, mordante et d’une criante actualité, est d’abord créée à Londres en 2016 avant de prendre l’affiche sur Broadway en 2017 et figurer en lice pour le Tony Award de la meilleure pièce. The Children est présenté cette saison chez Duceppe.

Fascinante, provocante et utilisant la science pour interroger notre humanité, sa dernière pièce Mosquitoes est aussi teintée de cet humour aiguisé propre à l’autrice. Elle fut créée au National Theatre en juillet 2017. «Lucy Kirkwood est une dramaturge à l’ambition héroïque», lira-t-on dans le prestigieux quotidien The Guardian au lendemain de la première londonienne.

Parmi ses autres œuvres pour le théâtre, mentionnons NSFW; Hansel and Gretel, Beauty and the Beast (en collaboration avec Katie Mitchell); it felt empty when the heart went at first but it is alright now (John Whiting Award 2012); Hedda; et Tinderbox. Lucy Kirkwood écrit également pour la télévision. Elle a prêté sa plume à la série SKINS diffusée de 2007 à 2013, puis elle a créé The Smoke en 2014.

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Metteuse en scène

Photo: Nicola-Frank-Vachon

Marie-Hélène
Gendreau

Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Québec, Marie-Hélène Gendreau est metteure en scène et comédienne. Depuis 2016, elle assure la coordination artistique du Théâtre Périscope.

 

À titre de metteure en scène, Marie-Hélène Gendreau se démarque notamment pour sa direction d’acteurs. Elle s’est illustrée en 2013 avec la pièce Transpotting, une adaptation de Wadji Mouawad, présentée d’abord à Premier acte, puis reprise à La Bordée en 2015 et au Prospero à Montréal l’année suivante. La production fut couronnée aux Prix d’excellence des arts et de la culture pour la meilleure mise en scène et recevait de l’Association des critiques de théâtre du Québec le prix de la meilleure production – section Québec. Dernièrement, elle a monté Madra de Frances Poet à La Licorne, Foreman de Charles Fournier au Périscope, Le vrai monde? au Trident, Bienveillance de Fanny Britt, Les Marches du pouvoir de Beau Willimon et Tom à la ferme de Michel Marc Bouchard à La Bordée. Elle a également créé Le cercle de craie caucasien de Bretch et de Serge Boucher avec les finissants du CADQ.

Marie-Hélène Gendreau est aussi régulièrement appelée à diriger des mises en lecture: elle est derrière Les Régionalismes selon Fabien Cloutier et La naissance d’un cycle – Merci Michel Tremblay!, deux productions de la Maison de la littérature. Elle signe avec Frédéric Dubois depuis trois ans la mise en scène de la Soirée des prix RIDEAU au Capitole.

 

Sur les planches, elle a joué dans plusieurs productions, tant du répertoire classique que contemporain, et a participé à de nombreuses créations. Plus récemment, elle a interprété le rôle de Sawda dans Incendies de Wadji Mouawad au Trident, tandis qu’à l’écran, on a pu la voir dans plusieurs téléséries, dont 30 VIES, Le Clan et Les hauts et les bas de Sophie Paquin. Elle était aussi de la distribution du film Les 3 p’tits cochons de Patrick Huard.

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Traductrice

Photo: Jean-Sébastien Dénommé

Maryse
Warda

Chez Duceppe, on apprécie grandement le travail de Maryse Warda dont les nombreuses traductions et adaptations cumulent les distinctions. On lui a confié les traductions de Du Bon Monde de David Lindsay-Abaire en 2012 et de La Vénus au vison de David Ives en 2013. Puis, il y aura celles de Race de David Mamet en 2016 et du Bizarre incident du chien pendant la nuit de Simon Stephens en 2018.

Au total, c’est au-delà de soixante pièces que Maryse Warda a traduites au cours de sa carrière qui débute au Théâtre de Quat’Sous en 1991. Rappelons que son travail sur Motel de passage de George F. Walker, recevait en 2000 le Masque de la meilleure traduction et se retrouve en lice pour le Prix du Gouverneur général. L’Académie québécoise du théâtre nommera deux autres de ses traductions, celles de W;t de Margaret Edson et de Variations sur un temps de David Ives. En 2011, elle recevait le Prix littéraires du Gouverneur général pour sa version québécoise de la pièce Toxique ou L’incident dans l’autobus de Greg MacArthur.

Les metteurs en scène les plus reconnus – pensons à Martine Beaulne, René Richard Cyr, Serge Denoncourt, Martin Faucher, Marie-Thérèse Fortin, Denis Bernard et Hugo Bélanger – font appel à son talent. Parmi ses accomplissements, citons ses traductions des pièces Des promesses, des promesses de Douglas Maxwell, Trahison, de Harold Pinter, l’adaptation théâtrale du roman La liste de mes envies, de Grégoire Delacourt ainsi que sa co-adaptation du spectacle Les Choristes, avec Serge Denoncourt. En 2019, elle signait les traductions de L’éducation de Rita, de Willy Russell et de La Société des poètes disparus, de Tom Schulman, et se commettait pour la première fois à l’écriture dans le cadre du spectacle La maison, du Petit Théâtre du Nord.

Plusieurs de ses traductions sont publiées —L’Homme laid (Boréal), la série Motel de passage (VLB éditeur) et Traces d’étoiles (LUX)— ou portées à l’écran par les réalisateurs Claude Desrosiers (Traces d’étoiles) ou Louis Bélanger (Le génie du crime).

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Mot de la direction artistique

C’est au cours d’un repas de fin de soirée improvisé que l’idée de reprendre La Face cachée de la Lune à Montréal nous est apparue. Yves Jacques venait de faire un laboratoire avec notre ami Mathieu Quesnel. Et c’est ce soir-là, en écoutant ses savoureuses histoires de tournée, que l’idée a sérieusement commencé à germer.

 

Au cours de cette période, nous passions beaucoup de temps à réfléchir aux bases de notre future direction artistique. Un questionnement nous habitait depuis un bon moment: quels seront les classiques québécois de demain? Quels sont les créateurs dont nous parlerons encore dans 50 ou 100 ans? Lorsqu’on évoque ces classiques, nos références nous renvoient souvent aux premiers succès de la dramaturgie québécoise. Serait-il temps de faire découvrir les grandes œuvres des années 90 et 2000 à une nouvelle génération? Et la réponse s’est imposée d’elle-même grâce la rencontre fortuite d’un artiste exceptionnel revenu se poser à Montréal entre deux blocs de tournée: absolument.

Alors que nous étions encore sur les bancs d’école, la création de La Face cachée de la Lune avait provoqué une onde de choc dans nos réseaux et sur la scène culturelle québécoise. Célébrée pour son inventivité, son humanité et son accessibilité, cette œuvre propulsait la dramaturgie québécoise contemporaine aux quatre coins du monde.

 

Avec cette œuvre, Robert Lepage réussit habilement à concilier l’infiniment petit et l’infiniment grand. À travers ses recherches sur la conquête de l’espace et ses tentatives de rapprochement avec son frère cadet, le personnage de Philippe nous force à nous poser de grandes questions.

Sommes-nous seuls?

 

Quoi qu’il en soit, nous espérons que votre présence entre nos murs aujourd’hui saura vous convaincre de la puissance du théâtre comme expérience collective et humaine.

 

Bon spectacle,
David Laurin et Jean-Simon Traversy

Mot du metteur en scène

Depuis que nous l’avons sondée, explorée, cartographiée et que nous y avons planté un drapeau, notre intérêt pour la Lune semble avoir grandement diminué. Déjà, au début des années 70, les dernières missions Apollo ne suscitaient plus assez d’intérêt pour justifier leurs télédiffusions.

 

Mais bien qu’elle ait perdu un peu de son mystère, la Lune n’a certainement pas perdu sa force poétique. En m’intéressant à certains épisodes de la conquête de l’espace, j’ai découvert que ma jeunesse – que je croyais pourtant ensoleillée – baignait la plupart du temps dans les tonalités bleues et grises de la Lune.

 

J’ose espérer que cette histoire de réconciliation entre deux frères saura vous toucher et réveiller en vous un peu de cette nostalgie lunaire.

 

Robert Lepage

Auteur, concepteur et metteur en scène

Entrevue avec Yves Jacques

L’acteur Yves Jacques mène une brillante carrière, ici comme à l’international. Ces dernières années, il a partagé la scène avec Isabelle Huppert, le grand écran avec Nicole Kidman ou encore Fabrice Luchini. À compter de 2001, il est devenu la voix et le visage de La Face cachée de la Lune de Robert Lepage. Depuis, il a fait le tour du monde, livrant ce solo plus de 300 fois en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie, en Europe et en Océanie. Acteur virtuose, donnant vie à tous les personnages de ce spectacle culte, il recevait le Prix Gascon-Roux (2003) et le Prix des abonnés du Théâtre du Trident (2011) pour cette performance. Entretien avec Yves Jacques.

 

Dans La Face cachée de la Lune, Robert Lepage dépeint le personnel pour atteindre l’universel et il a dit qu’il se souviendrait toujours de votre interprétation en Corée du Sud. Cette œuvre sur deux frères qui tentent de se réconcilier a pris une dimension particulière dans ce pays, en conflit avec « sa sœur », la Corée du Nord. Y a-t-il d’autres représentations dont vous vous rappelez plus spécialement ?

 

Je reviens d’abord sur la Corée. On y est retourné en mai 2018 et c’est incroyable l’effet que cette pièce peut avoir là-bas. Les gens sont d’une extrême fébrilité, parfois même en larmes quand ils viennent me rencontrer après la représentation. Des membres de l’équipe du théâtre, avec qui on a travaillé une ou deux semaines, étaient aussi très émus, bouleversés. En Corée, les familles sont déchirées, au Nord et au Sud. Ils ne se voient plus depuis des dizaines d’années et il y a tellement de Coréens qui ne demandent que ça, une réconciliation. La Face cachée de la Lune touche partout dans le monde, mais quand on a vu la réaction si intense des spectateurs de Séoul, c’est incomparable.

Ce que je trouve par ailleurs fascinant — et c’est là que je constate à quel point Lepage sait vraiment toucher l’âme humaine — c’est de voir les spectateurs de partout réagir aux mêmes endroits, à la réplique près, que ce soit en français ou en anglais, car je joue cette pièce dans les deux langues. Cependant, la façon de réagir est différente d’un pays à l’autre. Par exemple, au Mexique, je n’ai jamais vu une salle rire comme ça de ma vie. Les spectateurs avaient ouvert leurs cellulaires, ils s’envoyaient des textos sur ce qui se passait sur scène, prenaient des photos. Ils avaient un fun noir entre eux et je n’avais plus aucun contrôle. C’était débridé et déchaîné !

Sinon, je pense à la Chine, où les salles sont immenses, pour la présentation des opéras, des comédies musicales, de grands ballets. On se retrouve dans ces lieux parce que les petites salles ne sont pas assez larges pour accueillir notre décor. Je me souviens d’une fois en particulier, c’était juste avant que le spectacle commence. Je suis alors derrière le miroir, comme toujours. Mais, cette fois, je n’entends aucun, mais aucun son venir du public. On est à quelques minutes du début de la représentation. Je marche doucement en coulisse et je demande au régisseur : « Coudon, est-ce qu’il y a au moins quelques spectateurs ? » Il me répond que c’est plein à craquer ! Je repars, et on n’entend toujours rien, sauf le bruit de mes chaussures quand je retourne à ma place pour commencer le show ! C’était hallucinant, complètement le contraire de ce que j’avais vécu au Mexique.

Un autre moment dont je me souviens, tout à fait charmant celui-là, c’est lorsqu’on nous a invités en Catalogne, à Barcelone plus précisément. On leur a offert de présenter le spectacle en anglais ou en français. Ils ont exigé qu’on le fasse en français. Eux, ils parlent le catalan dans un pays espagnol et on nous a dit quelque chose comme : « Ça n’est certainement pas nous qui allons vous obliger à jouer la pièce en anglais alors qu’au départ elle a été créée en français, au Québec » !

Est-ce qu’elle a été présentée en Russie ?

Oui ! C’était Robert Lepage qui ouvrait un festival à Moscou en 2007 avec La Face cachée de la Lune, et moi, j’y étais avec Le Projet Andersen. Il ne le savait pas, mais le cosmonaute Alexeï Leonov, le héros de son enfance et l’inspiration même de la pièce qu’il jouait, était dans la salle. Après le spectacle, Leonov a rencontré Robert et lui a offert une bouteille de vodka, celle qu’il avait apportée avec lui dans le vaisseau spatial à l’époque, semble-t-il !

Il y a près de 20 ans, Robert Lepage vous confiait l’interprétation de La Face cachée de la Lune. « Elle est à toi maintenant », vous a-t-il dit. Comment vous êtes-vous réapproprié ce rôle, d’abord créé par Lepage, lui-même ?

Robert a effectué quelques légères adaptations quand je suis arrivé. Mais, j’ai toujours fait en sorte que ça demeure très respectueux de son travail. Je n’ai pas « kidnappé » le show à mes propres fins, ça reste un spectacle de Robert Lepage. D’abord, je l’ai joué de 2001 à 2005, puis j’ai repris Le Projet Andersen jusqu’en 2012, encore une fois, partout dans le monde.

En 2011, on nous a invités à présenter La Face au Trident à Québec — où la pièce avait été créée en 2000 — pour célébrer les 40 ans de ce théâtre. On a encore constaté un vrai engouement pour cette production que plusieurs considèrent comme l’une des plus accessibles et les plus populaires de Robert Lepage. À partir de là, les gens ont voulu revoir La Face cachée de la Lune et on a repris la route. L’hiver dernier, j’étais en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Séoul. L’automne d’avant, j’étais en Belgique et en France après avoir joué à Cardiff et Plymouth en Angleterre. Prochainement, on est attendus à Shanghai, Singapour et Barcelone. Ça n’arrête pas !

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Un pièce qui voyage!

D’Aarhus à Zurich, La Face cachée de la Lune a été applaudie par les spectateurs de 65 villes, dans 27 pays. Ce solo a été joué près de 450 fois à ce jour, dont plus de 300 par Yves Jacques.

Alunissage

3 janvier 2019

PREMIER ALUNISSAGE SUR LA FACE CACHÉE DE LA LUNE LE 3 JANVIER 2019 : UN ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Un premier engin spatial a réussi à se poser en douceur sur la face cachée de la Lune le 3 janvier dernier et cette mission, une première dans l’histoire, n’était ni russe ni américaine. Elle était chinoise. L’appareil Chang’e-4, du nom d’une divinité de la Lune dans la mythologie chinoise, avait quitté la Terre le 8 décembre 2018.

Contrairement à la face qui est toujours tournée vers notre planète et qui avait notamment été explorée par les missions Appolo, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’avait encore jamais touché le sol de l’autre côté. Il s’agit d’une opération particulièrement difficile du point de vue technologique, car la face cachée de notre satellite naturel est montagneuse, accidentée et parsemée d’une multitude de cratères.