LES HARDINGS

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Texte et mise en scène Alexia Bürger

Conseil dramaturgique Fanny Britt

Interprétation Martin Drainville, Patrice Dubois, Bruno Marcil

Du 15 janvier au 15 février 2020

Durée approximative: 1h30

Ils portent tous les trois le même nom: Thomas Harding. En apparence, voilà tout ce qu’ont en commun un cheminot québécois, un chercheur néo-zélandais et un assureur américain spécialisé dans les compagnies pétrolières. Jusqu’au 6 juillet 2013. Cette nuit-là, un train chargé de 10 000 tonnes de pétrole brut déraille. Toute une ville explose. C’est alors que l’on assiste à la rencontre hypothétique de ces trois hommes, que l’on écoute leurs échanges, leurs affrontements, leurs réflexions et leurs questionnements. Et, peu à peu, les rails invisibles qui relient leurs existences et les attachent les unes aux autres apparaissent.

«Véritable coup de génie» selon le quotidien Le Devoir, la dernière œuvre d’Alexia Bürger, créée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en 2018, reprend l’affiche chez Duceppe. L’autrice et metteuse en scène s’est inspirée de la tragédie ferroviaire qui a bouleversé le Québec pour écrire cette pièce-choc. Avec une habileté et une sensibilité extraordinaires, elle y confronte responsabilité individuelle et collective, se penche sur la valeur de la vie humaine dans une société capitaliste, examine la culpabilité face aux catastrophes et à la mort d’autrui. Unanimement encensé par la critique, ce spectacle était sacré coup de cœur du public du CTD’A et récoltait en 2018 le prix du meilleur texte – section Montréal décerné par l’Association québécoise des critiques de théâtre. À l’automne 2019, le texte d’Alexia Bürger, publié par Atelier 10, fait partie de la sélection du jury pour le Grand Prix du livre de Montréal. 

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Extraits de critiques

et

Témoignages

Je recommande fortement cette pièce. Très bonne mise en scène, excellents acteurs, histoire d’une grande profondeur qui nous incite au questionnement sur la nature humaine.
— MLP

Excellente pièce! Nous fait voir la notion de responsabilité sous différents angles. Question très sensible et complexe abordée de façon brillante. J’ai adoré. C’est un spectacle qui résonne en nous longtemps!
— SS

FORMIDABLE! Bravo à l’autrice et aux comédiens. C’était instructif et touchant. Ça fait deux fois que je vais voir le spectacle, tellement il est bon.
— CC

Une pièce extraordinaire, une réflexion remarquable sur la responsabilité et la culpabilité sous trois points de vue. Je l’avais vue au CTD’A, j’y suis retournée avec mon petit-fils!
— DSJ

J’aime le théâtre qui nous fait réfléchir et qui nous amène à discuter entre nous par la suite. C’est réussi, bravo! La mise en scène, le texte, les comédiens et le décor, tout est WOW!
— CP

Pièce percutante et pertinente. Performance remarquable des comédiens. Merci à Duceppe d’avoir donné une autre chance de voir ce spectacle qui résonne longtemps après la représentation.
— DL

Une réussite pour traiter un sujet aussi épineux! Excellente mise en scène et performance des acteurs!
— SF

Excellente pièce présentant un sujet difficile avec beaucoup de délicatesse et d’intelligence.
— AM

Émouvante pièce qui porte à la réflexion et troublante de vérité.
— SH

Fabuleux! Un texte fort, une mise en scène originale et surtout le jeu des comédiens qui était touchant!
— SG

Extraordinaire! Trois Hardings en parallèle, trois histoires mais trois destins similaires! Bravo! J’en ai encore des frissons. Mise en scène sobre et prenante.
— CV

Tout le monde devrait voir cette pièce qui nous informe de façon exceptionnelle sur la catastrophe de Lac-Mégantic.
— CL

Spectacle très moderne par sa mise en scène et sa scénographie. On replonge dans ce drame tout en élargissant l’équation: prise de responsabilité, culpabilité, impuissance… Bravo à tous les artisans et chapeau aux comédiens pour avoir joué cette partition très difficile avec retenue, générosité et sensibilité.

— SL

J’ai été soufflée par le texte de cette pièce. L’autrice réussi à rendre toute la douleur des trois Hardings dans leur vécu personnel. Rapidement, nous reconnaissons le lien qui les unit.
— DD

Calendrier

Du 15 janvier au 15 février 2020
19h30
20h - Complet
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17h - Causerie
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Distribution

Photo: Julie Perreault

Martin
Drainville

L'assureur
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Photo: Jean-François Brière

Patrice
Dubois

Le chercheur
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Photo: Annie Éthier

Bruno
Marcil

Le conducteur de train
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Crédits

Décor
Simon Guilbault
Costumes
Elen Ewing
Maquillages et coiffures
Sylvie Rolland-Provost
Lumière et conception vidéo
Mathieu Roy
Musique
Nicolas Basque & Philippe Brault
Conseil au mouvement
Catherine Tardif
Assistance à la mise en scène
Stéphanie Capistran-Lalonde
Régie et direction de production
Marie-Christine Martel

Médias

Entrevue avec Alexia Bürger

Avec cette œuvre mémorable dont elle signe le texte et la mise en scène, Alexia Bürger a conquis le public et la critique au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en 2018. Depuis, on applaudit l’intelligence, la sensibilité et l’authenticité de cette créatrice qui se lançait pour la première fois en solo dans la création d’une pièce. « C’est un sujet qui m’a hantée. Donc le désir d’y entrer était plus grand que la peur », exprimera-t-elle dans Le Devoir. Entretien avec Alexia Bürger.

 

Comment décririez-vous la genèse de cette pièce?

Quand tout a explosé et que l’on s’est retrouvé·e·s devant les images de la tragédie qui tournaient en boucle, je suis devenue obsédée par le visage de Thomas Harding. Je n’arrivais pas à concevoir qu’un seul individu puisse être responsable d’autant de morts et de la destruction d’un centre-ville au grand complet. Il y avait quelque chose que je ne voulais pas, et que je ne pouvais pas, accepter. Aussi, plus j’en apprenais sur lui, plus je me rendais compte qu’il s’agissait d’un homme « ordinaire », au sens noble du terme. C’est-à-dire quelqu’un de consciencieux, qui avait toujours bien fait son travail, un bon père, un homme issu d’une famille de cheminots et pour qui le train était une vraie passion.

J’ai senti le besoin de creuser un peu plus parce que, selon moi, Thomas Harding était un bouc émissaire. Au-delà du fait qu’il avait probablement une part de responsabilité dans ce qui est arrivé, ça ne pouvait pas lui appartenir entièrement.

En fouillant sur internet, j’ai trouvé de nombreux autres Thomas Harding. Le fait qu’il y en ait plusieurs, que ce soit un nom assez commun, correspondait à des questions que j’avais justement envie de développer: quelle responsabilité est-ce que je partage avec ce chef de train; et ces autres Thomas Harding, portent-ils eux aussi une part de responsabilité dans ce qui s’est passé? J’ai imaginé la rencontre de trois d’entre eux. Voilà la prémisse des Hardings.

 

Qui sont ces deux autres Thomas Harding?

J’ai choisi un assureur qui avait travaillé avec les pétrolières. En explorant le monde de l’assurance, j’ai été amenée à évoquer la valeur statistique d’une vie humaine dans une société capitaliste, sa valeur financière, pécuniaire. Cela aussi résonnait avec le fait que l’on avait collectivement laisse Mégantic se produire.

Parce que plus je fouillais, plus je me rendais compte qu’il ne s’agissait pas d’un accident. Un accident, dans la définition propre du terme, c’est quelque chose que l’on ne peut pas prévoir. Or, avec tout ce qui était mis en place dans le système pétrolier, avec tout ce laxisme des compagnies ferroviaires et du gouvernement, on nous donnait même la certitude que ça allait arriver. La seule question qui demeurait était « quand? ».

Il y a aussi un Thomas Harding qui a vécu un terrible drame familial et cet homme considère qu’il a une part de responsabilité dans ce malheur. Il a du mal à y survivre, du mal à mesurer la différence entre culpabilité et responsabilité. Je trouvais que ce drame intime avait également une résonnance avec toutes les questions que Mégantic engendrait.

 

Est-ce que ce convoi de pétrole qui déraille est devenu la métaphore d’une réalité beaucoup plus large?

Oui. Pour moi, Mégantic était clairement le résultat d’un vaste système qui ne fonctionnait pas. De quelque chose de beaucoup plus large qu’un cheminot qui commet une erreur humaine un soir, alors que ces gestes, il les avait toujours exécutés correctement. Je me disais que l’on ne pouvait pas en mettre autant sur le dos d’un seul individu. Il y a un système derrière. Est-ce qu’on peut le regarder? Et ce système, j’en fais personnellement et quotidiennement partie. Ne serait-ce qu’en conduisant ma voiture, en utilisant du pétrole, je prends également part à ce qui vient de faire tout exploser.

Les Hardings est aussi une pièce sur l’atrophie de notre vigilance. Au sens intime comme au sens collectif. On répète sans arrêt les mêmes gestes et on oublie leurs conséquences. Et ce, malgré un sentiment qu’il y a quelque chose qui cloche. C’est un mécanisme humain de laisser sa vigilance s’atrophier un peu, sinon on vivrait toujours sur le qui-vive.

Mais, quand la tragédie de Mégantic s’est produite et que ça nous a explosé en plein visage, ça m’a confrontée à une question fondamentale : « quand est-ce qu’on arrête les trains? ». Aux sens propre et figuré. Les convois que l’on met en marche chaque jour, mais qui ne nous mènent nulle part. À petite échelle, dans nos vies personnelles, comme sur le plan social. Quand est-ce que l’on dit stop et que l’on descend de ce train? Quand est-ce que l’on comprend que ça suffit, que ce système ne fonctionne pas et qu’il nous conduit à notre perte?

 

Avec le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur de l’exploitation de la MMA au Québec, Jean Demaître, le chef de train Thomas Harding a été accusé de négligence criminelle ayant causé la mort. Vous avez commencé l’écriture de la pièce avant que leur procès ne se termine en janvier 2018. Comment avez-vous réagi au verdict de non-culpabilité?

Sur le plan personnel, j’étais tellement impliquée que ce fut un soulagement immense que l’on reconnaisse que tout ça était beaucoup plus complexe. Le verdict est tombé en janvier 2018 et Les Hardings était présentée dès avril 2018. J’ai beaucoup écrit après la fin du procès, dans le feu de l’action. Parce que si Thomas Harding avait été reconnu coupable, la pièce aurait probablement été différente. Avec tout ce que j’avais appris sur l’événement au fil de mes recherches, après mes discussions avec des journalistes et des enquêteur·euse·s, j’aurais alors senti un besoin d’exprimer le fait qu’il n’était pas entièrement responsable. Avec ce verdict de non-culpabilité, il y a une part de cette obligation qui est tombée et ç’a m’a permis d’aller plus largement dans le sujet.

Je remercie d’ailleurs les comédiens — Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil — qui ont fait preuve de beaucoup de courage. Ils ont reçu très tard le texte définitif, alors que le propos était particulièrement délicat. Ils ont accepté et accompli ce périlleux saut en bungee!

D’autre part, ce que ce procès a changé pour moi, c’est que j’y ai rencontré pour la première fois plusieurs citoyen·ne·s de Mégantic. Ç’a été le début d’une conversation. Ç’a été comme si ces gens me donnaient la permission d’affirmer que Thomas Harding n’était pas le seul responsable de leur si grand malheur. Je ne peux pas parler pour la totalité des Méganticois·es, mais tous ceux et celles avec qui j’ai discuté, pensaient la même chose que moi. C’est-à-dire que le chef de train était l’un des rouages d’un système plus vaste. C’est-à-dire qu’il y avait une part importante de responsabilité qui revenait à la compagnie ferroviaire Montreal Maine and Atlantic (MMA) car, manifestement, elle avait fait preuve de laxisme. Une autre part appartient au gouvernement qui a laissé cette compagnie être laxiste. Donc, ces rencontres m’ont permis de valider tout ça. C’est extrêmement délicat lorsque l’on parle de la vie de gens réels. Ces Méganticois·es m’ont donné une tape dans le dos, m’ont dit « vas-y, nous sommes d’accord avec toi ». Quelques-un·e·s ont même influencé certaines scènes par leur récit. Comme Gilles Fluet, un miraculé qui connaissait un grand nombre de victimes et qui a vu le train exploser à quelques mètres de lui. Il m’a parlé des jours qui ont suivi la catastrophe et, grâce à son témoignage, je me suis autorisée à évoquer la réaction de certains citoyen·ne·s.

 

Des Méganticois·e·s ont-ils·elles assisté à la pièce?

Oui, et j’ai été morte de trouille jusqu’à la fin. J’avais peur, les acteurs aussi. C’est lourd pour eux à porter. C’est énorme d’être Thomas Harding et d’évoquer cette catastrophe en sachant qu’il y a des gens de Mégantic, des proches des disparu·e·s, dans la salle. Maintenant, on sait qu’ils et elles sont reconnaissant·e·s que l’on ait traité leur tragédie de cette manière. Mais, à la création, on l’ignorait!

 

Considérez-vous votre pièce à mi-chemin entre le théâtre documentaire et la fiction ?

Ce n’est pas du théâtre documentaire. Il y a une liberté que je me suis permise, surtout par rapport aux personnages de l’assureur et du chercheur. Le cheminot demeure fictif également parce que, quand il dialogue avec les deux autres, je lui mets des mots dans la bouche.

Cependant, pour écrire ce rôle, j’ai consulté les verbatim des conversations qu’il a eues pendant la nuit de l’accident avec le superviseur et avec le contrôleur. Aussi, j’ai beaucoup discuté avec ses avocats, Me Thomas Walsh et Me Charles Shearson, deux hommes très proches de lui depuis le début. Ils ont lu le texte, ils ont vu le spectacle. Donc, la trame du chef de train Thomas Harding est la plus documentaire. Mais, tout ça reste une fiction inspirée du réel.

 

Quelle est la sitation aujourd’hui à Lac-Mégantic?

La tragédie de Lac-Mégantic est récente, mais elle s’efface rapidement quand on n’est pas Méganticois·es. Pour ces citoyen·ne·s, le combat reste à mener parce que, pour la plupart des gens à qui j’ai parlé, justice n’a pas été faite.

Par exemple, la MMA et son président Ed Burkhardt n’ont jamais été accusés au criminel. Cet homme n’a jamais fait face à ses responsabilités.

Aussi, en ce qui concerne la reconstruction de leur ville, les Méganticois·es ne se sont pas du tout senti·e·s écouté·e·s. Bref, la situation à Lac-Mégantic demeure extrêmement émotive, plusieurs citoyen·ne·s vivent toujours en choc post-traumatique et je ne suis pas certaine qu’au Québec, collectivement, on les soutienne suffisamment. Il y a encore du travail à faire.

Pour ceux et celles qui souhaiteraient creuser le sujet, je mentionne qu’il y a des ouvrages formidables qui ont été publiés récemment. Je suggère Enquête sur la catastrophe de Lac-Mégantic : quand les pouvoirs publics déraillent, une enquête très étayée de l’auteur Bruce Campbell et Mégantic: une tragédie annoncée, un essai d’Anne-Marie Saint-Cerny qui était finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général 2018. Ce sont deux titres qui sont également recommandés par les citoyen·ne·s de Mégantic.

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Autrice et metteuse en scène

Photo : Le Petit russe

Alexia
Bürger

Artiste polyvalente, fervente des collaborations artistiques autant que des rencontres entre disciplines, Alexia Bürger a enfilé tour à tour les chapeaux de comédienne, de dramaturge et de metteure en scène.

Sa dernière pièce, Les Hardings, qu’elle a écrite et mise en scène, a été créée en avril 2018 au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Cette œuvre, reprise cette saison chez DUCEPPE, a valu de nombreux éloges à cette «créatrice dont l’intelligence n’a d’égal que la sensibilité», exprimera Christian Saint-Pierre dans le quotidien Le Devoir. Sacré coup de cœur du public du CTD’A, Les Hardings récoltait par ailleurs le prix du meilleur texte – section Montréal décerné par l’Association québécoise des critiques de théâtre en 2018.

Complice de longue date d’Olivier Choinière, Alexia Bürger a notamment signé avec lui les mises en scène de Chante avec moi (Espace Libre / Festival TransAmériques / Centre National des Arts / Le Trident) et de Polyglotte (Théâtre Aux Écuries / Festival TransAmériques). Elle a aussi cocréé, avec Emmanuel Schwartz, le spectacle Alfred (Centre du Théâtre d’Aujourd’hui) en 2013.

Elle a conçu, en collaboration avec Sophie Cadieux, le déambulatoire théâtral Je ne m’appartiens plus (Espace Go) et œuvré sur des installations diverses mêlant matière fictive et documentaire, art visuel ou recherche sonore telle que Pensées courantes qui habitait le hall du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui lors de la saison 2016/2017. En 2017, elle a mis en scène Les Barbelés en France, au Théâtre La Colline, qu’elle a repris au Théâtre de Quat’Sous à l’automne 2018. En avril 2019, elle mettra en scène la pièce 21 de Rachel Graton au CTD’A.

À titre de conseillère dramaturgique, elle a récemment travaillé avec Michel Rivard à la création du spectacle L’origine de mes espèces, hors-série programmé chez Duceppe cette année. En 2018, Alexia Bürger remportait, conjointement avec sa fidèle collaboratrice Fanny Britt, la Bourse à la création Jean-Louis Roux du Théâtre du Nouveau Monde.

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Mot de la direction artistique

Nous avons eu la chance de voir Les Hardings au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui au printemps 2018, une œuvre majeure qui nous a touchés, confrontés et fascinés. Dans cette pièce, Alexia Bürger s’attaque à un sujet aussi important que sensible et il nous est apparu nécessaire de vous la présenter.

La tragédie qui a frappé les habitants de Lac-Mégantic dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013 a marqué tous les Québécois·es. L’image de ce train-fantôme qui dévale la côte de Nantes vers le centre-ville de Lac-Mégantic restera ancrée dans notre mémoire collective à jamais. Comment a-t-on pu laisser une telle bombe à retardement circuler sur notre réseau ferroviaire? Et comment a-t-on pu la laisser sans surveillance?

En nous donnant accès à la vie de trois personnages portant le même nom, Alexia Bürger pave la voie à trois univers parallèles, à trois manières d’approcher un incident. Dans une puissante réflexion sur notre responsabilité individuelle et collective, elle pose de grandes questions : et si l’homme qui a quitté son convoi à la fin de son quart de travail n’était qu’un maillon dans une chaîne d’événements? Quelle part de responsabilité revient à l’entreprise propriétaire du train? À nos gouvernements? Et quelle part nous revient à nous, citoyen·ne·s?

Les Hardings est une œuvre puissante qui nous rappelle l’importance de prendre acte collectivement de cette tragédie pour qu’une même succession d’événements ne se reproduise plus jamais.

En espérant que la démarche entreprise par Alexia et son équipe vous fasse réfléchir et vous touche droit au cœur.

Bon spectacle!

David et Jean-Simon

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Mot du producteur

Depuis maintenant quelques années, j’ai cette chance unique de suivre et d’accompagner

Alexia Bürger au cœur de son champ de recherche de prédilection qui pourrait s’avérer infini : tenter de décortiquer la part de responsabilité de tout un chacun dans ce qu’on pourrait appeler les catastrophes. Ce qui me fascine surtout dans son travail, c’est cette rigueur intellectuelle, cette honnêteté, ce talent dramaturgique autodidacte cristallin et, par-dessus tout, cette humanité bienveillante.

Les Hardings est à mon sens un formidable jeu théâtral qui permet l’appropriation, par chacun·e d’entre nous, d’une problématique sociale complexe. Le travail d’Alexia permet de reconnaître en nous des réflexes inconscients, des symptômes, mais aussi des gestes que nous posons chaque jour, sans nous en rendre compte. Alexia met en lumière et déplie sous nos yeux les mécanismes de cette pensée magique, qui peut trop rapidement nous exempter des tares de notre société que nous décrions très fort en tant que témoin de l’actualité, mais auxquelles nous nous adonnons peut-être aussi dans nos habitudes de vie ou de consommation et dans notre rapport aux systèmes judiciaires, politiques ou économiques.

Avec beaucoup de délicatesse, Alexia s’attaque simultanément à ces parts de paresse et d’initiative en nous, à ce qu’elles suscitent de culpabilité et de responsabilité. Mais elle tente d’abord et avant tout de comprendre. Et c’est précisément là qu’elle démontre une forme d’exemple. Dans Les Hardings, il y a ce qui ne fonctionne pas dans le système, ce qui pousse les industries à la déshumanisation. Mais il y a surtout, un peu partout dans cette œuvre, une artiste empathique qui croit au progrès, celui qui se construit par l’écoute et par l’intelligence.

Je vous souhaite, cher public, de faire ce soir une belle découverte: celle qu’Alexia a minutieusement préparée chez nous au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en 2018 et qui se rend jusqu’à vous aujourd’hui, grâce à cette magnifique invitation! Merci à toute la chaleureuse équipe de Duceppe de nous accueillir. Et merci encore une fois à cette lumineuse équipe de création réunie autour d’Alexia.

Sylvain Bélanger
Directeur artistique et codirecteur général
Centre du Théâtre d’Aujourd’hui

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Mot de l'autrice et metteuse en scène

Tout a commencé par le visage d’un conducteur de train aperçu à la télé en juillet 2013, parmi les images des décombres de la municipalité de Lac-Mégantic qui venait d’exploser.

Ce visage s’est accroché à moi, et, avec lui, un sentiment étrange de porter, moi aussi, une part de responsabilité dans la séquence des évènements ayant mené à cette tragédie collective. J’ai tapé le nom du conducteur sur mon clavier: Thomas Harding. Le moteur de recherche en a trouvé des tonnes. Je me suis demandé ce que tous ces Hardings partageaient entre eux, à part un nom.

Pour chercher les liens invisibles attachant leurs vies les unes aux autres, j’ai fait se rencontrer, par la fiction, les existences bien réelles du conducteur de train et de deux de ses homonymes : un chercheur néozélandais et un assureur américain. Je pensais qu’en entremêlant les histoires de ces hommes, elles allaient s’éclairer entre elles. Mais tranquillement, je dirais malgré moi, c’est avec ma propre histoire qu’elles se sont mises à dialoguer. Elles m’ont parlé de la difficulté de porter mes semblables (vivants et morts). De la valeur statistique d’une vie humaine. De ma grande propension à confondre les mots responsabilité et culpabilité. De l’atrophie sournoise, mais quotidienne de ma vigilance, qui s’use au fil des actes mille fois répétés.

Elles m’ont parlé de la force qu’il faut pour descendre des trains en marche qui ne mènent nulle part. Ce soir, j’espère que ces Hardings sauront aussi s’adresser à votre histoire.

Ce spectacle est dédié aux survivant·e·s.

Alexia Bürger

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Un pièce qui voyage!

D’Aarhus à Zurich, La Face cachée de la Lune a été applaudie par les spectateurs de 65 villes, dans 27 pays. Ce solo a été joué près de 450 fois à ce jour, dont plus de 300 par Yves Jacques.

Alunissage

3 janvier 2019

PREMIER ALUNISSAGE SUR LA FACE CACHÉE DE LA LUNE LE 3 JANVIER 2019 : UN ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Un premier engin spatial a réussi à se poser en douceur sur la face cachée de la Lune le 3 janvier dernier et cette mission, une première dans l’histoire, n’était ni russe ni américaine. Elle était chinoise. L’appareil Chang’e-4, du nom d’une divinité de la Lune dans la mythologie chinoise, avait quitté la Terre le 8 décembre 2018.

Contrairement à la face qui est toujours tournée vers notre planète et qui avait notamment été explorée par les missions Appolo, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’avait encore jamais touché le sol de l’autre côté. Il s’agit d’une opération particulièrement difficile du point de vue technologique, car la face cachée de notre satellite naturel est montagneuse, accidentée et parsemée d’une multitude de cratères.