L’ORIGINE DE MES ESPÈCES

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Texte, chansons et interprétation Michel Rivard

Mise en scène Claude Poissant

Musicien Vincent Legault

Conseil dramaturgique Alexia Bürger

Spectacle hors série – 28 novembre au 7 décembre 2019
SUPPLÉMENTAIRES 3-4 DÉCEMBRE

1h55 sans entracte

Sans frontières entre la poésie, le drame, l’anecdote et l’autodérision, un auteur-compositeur au cœur de la soixantaine retrace ses origines. «Je suis né sans mon consentement, premier prix de consolation dans un concours de circonstances, indépendantes de ma volonté…», lance Michel Rivard dans ce récit impressionniste où il plonge loin derrière, revenant sur sa conception, sa naissance, son enfance, sa jeunesse… Où il raconte l’histoire de ses parents ainsi que sa découverte, sur le tard, de ce qui n’allait pas dans leur relation trouble. Une proposition théâtrale qui mêle, dans un doux désordre, fiction et autobiographie, et relate la quête d’un homme pour retrouver les morceaux de son passé qui lui ont échappé.

Inspirée de sa propre recherche identitaire amorcée il y a quelques années, cette œuvre est la plus personnelle de Michel Rivard. Ce spectacle théâtral, dont Claude Poissant assure la mise en scène, déploie un long monologue ponctué de chansons originales que le chanteur livre en toute simplicité, accompagné du musicien Vincent Legault. Créé et présenté à guichet fermé au Théâtre La Licorne en avril 2019, puis en tournée à travers le Québec, L’origine de mes espèces revient à Montréal à la fin de 2019. Duceppe se réjouit d’accueillir cette performance unique de l’un des créateurs les plus marquants de la scène culturelle québécoise.

 

Le spectacle est récipiendaire de trois prix Félix au Gala de l’ADISQ 2019 soit Spectacle de l’année (auteur-compositeur-interprète), Script de l’année et Mise en scène et scénographie de l’année.

Une production

Extraits de critiques

et

Témoignages

Tout à fait ravie, enchantée par la performance époustouflante de Yves Jacques, l’ingéniosité de la mise en scène, la page d’histoire et la rectitude du propos. Tout à fait génial!
— JD

J’ai trouvé le spectacle GÉNIAL! Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu de l’acteur… Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une pièce de théâtre.
— IM

Le spectacle était à la hauteur de mes attentes qui étaient très grandes. La scénographie et le jeu du comédien étaient exceptionnelles.
— AM

J’ai complètement adoré. La technologie est un plus mais le jeu de Yves Jacques est superbe. Rien que du bon! À recommander à mes amis.
— ML

Un excellent spectacle qui nous a transportés du début à la fin. Un texte d’une grande richesse, une mise en scène originale et créative et une interprétation magistrale, tous les éléments étaient réunis pour nous faire apprécier cette pièce.
— AM

C’était magnifique! L’utilisation du décor, la trame sonore, la conception d’éclairages, la mise en scène et bien sûr, le comédien! J’ai grandement apprécié cette œuvre dans son entièreté.
— MB

Mise en scène très originale, inédite, très créatrice, et qui sort des sentiers battus. Excellente performance du comédien Yves Jacques.
— PP

La mise en scène était magique! 2h15 de pur bonheur avec un comédien maîtrisant son rôle à la perfection.
— FBD

Première pièce de Robert Lepage : nous avons été complètement soufflés, ébahis par les aspects multimédias et la qualité de l’interprétation.
— ADM

C’est tout une performance d’Yves Jacques et le génie de M. Lepage. Bravo à eux et aux artisans magiques.
— RL

Le théâtre de Robert Lepage fait appel à notre intelligence. Sa non-linéarité, le non-respect des conventions théâtrales, le jeu exceptionnellement sensible de Yves Jacques, m’ont complètement chamboulée. J’en ai pleuré de bonheur.
— DP

Nous ne pouvions demander mieux, superbe moment de théâtre!
— SH

Une super production qui vaut le détour. L’ingéniosité de la scénographie est impressionnante. Yves Jacques est sublime. IMMENSE coup de cœur pour la scène finale!
— MLG

Tout simplement extraordinaire. J’ai dégusté ce spectacle du début à la fin, du grand Lepage, joué par un grand acteur.
— SR

Performance incroyable d’Yves Jacques. Usage ingénieux des éléments du décor, très introspectif comme pièce. Toute en finesse, du grand Robert Lepage.
— CB

J’ai apprécié ce spectacle autant que la première fois que je l’ai vu, à sa création, joué par Robert Lepage lui-même. Yves Jacques se l’ait bien approprié. La scénographie est extraordinaire, on croirait voir un film.
— OL

Très impressionnant tant au niveau technique qu’au niveau du jeu. Yves Jacques était tout simplement sublime.
— SL

Absolument fantastique! Quel génie que Robert Lepage et Yves Jacques, quel acteur! — ME Magnifiquement présenté. L’acteur, l’histoire, le mécanisme de la scène, la poésie derrière.
— NL

J’ai vu le spectacle à sa création, revu avec Yves Jacques et une troisième fois hier soir, en plus d’avoir vu le film. Toujours aussi ravie…
— RM

Ma fille et à moi avons adoré la pièce, autant la mise en scène que le jeu exceptionnel d’Yves Jacques.
— SV

Absolument fantastique. La mise en scène était parfaite et Yves Jacques sublime. Je reverrais ce même spectacle encore et encore.
— ST

Superbe! très bien joué et témoigne de la grande créativité de l’auteur et du metteur en scène!
— MB

Calendrier

Du 28 novembre au 7 décembre 2019
SUPPLÉMENTAIRES 3-4 DÉCEMBRE
20h
COMPLET
COMPLET
19h30 - SUPPLÉMENTAIRE
19h30 - SUPPLÉMENTAIRE
20h
20h
COMPLET

Distribution

Photo: Marie-Claude Meilleur

Michel
Rivard

Michel Rivard

La carrière d’Yves Jacques l’a mené de sa ville natale Québec à Montréal, puis à Paris où il joue depuis, aussi bien sur scène qu’au cinéma. Il a tourné dans cinq films du réalisateur Denys Arcand, dont Le déclin de l’empire américain, Jésus de Montréal et Les invasions barbares, ainsi que dans sept films du cinéaste français Claude Miller, notamment dans La Chambre des magiciennes, La petite Lily et Voyez comme ils dansent.

Sa renommée n’a depuis cessé de croître avec des films et des productions théâtrales tant en France qu’au Québec. Sur scène, il a tourné dans le monde entier avec deux pièces de Robert Lepage, La Face cachée de la Lune (à partir de 2001) et Le Projet Andersen (à partir de 2007), dans les versions française et anglaise.

Sa collaboration avec Lepage a incité Luc Bondy, alors directeur du Théâtre de l’Odéon à Paris, à lui offrir un rôle au côté d’Isabelle Huppert dans Les Fausses Confidences de Marivaux, puis dans son ultime adaptation cinématographique produite et diffusée sur ARTE, avec la même distribution. Sur les planches de DUCEPPE, le public l’a applaudi dans Un Mari idéal d’Oscar Wilde, sous la direction de Françoise Faucher en 1999 et dans Une Journée particulière d’Ettore Scola, sous la direction de Serge Denoncourt en 2001. L’automne dernier, il était de la distribution de Je suis mixte de Mathieu Quesnel à La Petite Licorne.

Parmi les autres cinéastes avec lesquels Yves Jacques a eu le privilège de travailler, on peut citer Xavier Dolan, qui l’a dirigé dans Laurence Anyways, Jean-Paul Rappeneau dans Belles Familles, Olivier Dahan dans son film biographique Grace of Monaco et Martin Scorsese pour lequel il a joué dans The Aviator. Il sera bientôt à l’affiche du film La Beauté du monde d’André Forcier.

Pour son travail dans Le Projet Andersen, il reçoit en 2012 le prestigieux Elliot Norton Award dans la catégorie «Outstanding Solo Performance». Yves Jacques a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture et de la Communication de France en février 2001 et Officier de l’Ordre du Canada en 2009.

Dernière mise à jour: mars 2019

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Photo: Marilou Nadeau

Vincent
Legault

Musicien

La carrière d’Yves Jacques l’a mené de sa ville natale Québec à Montréal, puis à Paris où il joue depuis, aussi bien sur scène qu’au cinéma. Il a tourné dans cinq films du réalisateur Denys Arcand, dont Le déclin de l’empire américain, Jésus de Montréal et Les invasions barbares, ainsi que dans sept films du cinéaste français Claude Miller, notamment dans La Chambre des magiciennes, La petite Lily et Voyez comme ils dansent.

Sa renommée n’a depuis cessé de croître avec des films et des productions théâtrales tant en France qu’au Québec. Sur scène, il a tourné dans le monde entier avec deux pièces de Robert Lepage, La Face cachée de la Lune (à partir de 2001) et Le Projet Andersen (à partir de 2007), dans les versions française et anglaise.

Sa collaboration avec Lepage a incité Luc Bondy, alors directeur du Théâtre de l’Odéon à Paris, à lui offrir un rôle au côté d’Isabelle Huppert dans Les Fausses Confidences de Marivaux, puis dans son ultime adaptation cinématographique produite et diffusée sur ARTE, avec la même distribution. Sur les planches de DUCEPPE, le public l’a applaudi dans Un Mari idéal d’Oscar Wilde, sous la direction de Françoise Faucher en 1999 et dans Une Journée particulière d’Ettore Scola, sous la direction de Serge Denoncourt en 2001. L’automne dernier, il était de la distribution de Je suis mixte de Mathieu Quesnel à La Petite Licorne.

Parmi les autres cinéastes avec lesquels Yves Jacques a eu le privilège de travailler, on peut citer Xavier Dolan, qui l’a dirigé dans Laurence Anyways, Jean-Paul Rappeneau dans Belles Familles, Olivier Dahan dans son film biographique Grace of Monaco et Martin Scorsese pour lequel il a joué dans The Aviator. Il sera bientôt à l’affiche du film La Beauté du monde d’André Forcier.

Pour son travail dans Le Projet Andersen, il reçoit en 2012 le prestigieux Elliot Norton Award dans la catégorie «Outstanding Solo Performance». Yves Jacques a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture et de la Communication de France en février 2001 et Officier de l’Ordre du Canada en 2009.

Dernière mise à jour: mars 2019

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Crédits

Arrangements musicaux et atmosphères
Philippe Brault
Décor
Patrice Charbonneau-Brunelle
Costumes
Julie Charland
Conception vidéo
Marcella Grimaux
Éclairages
Martin Labrecque
Musique
Michel Rivard

Médias

Auteur

Photo : Marie-Claude Meilleur

Michel
Rivard

Auteur-compositeur-interprète, guitariste, comédien, animateur et même humoriste à ses heures, Michel Rivard s’est imposé, au cours des 40 dernières années, comme l’un des créateurs les plus fascinants de la scène culturelle québécoise. Il a mis en œuvre plusieurs de ses talents pour concevoir L’origine de mes espèces, un solo théâtral et musical présenté à guichet fermé au printemps 2019 à La Licorne, avant d’être applaudi partout au Québec et repris cette saison chez Duceppe.

Par ailleurs, dans la foulée des Leclerc, Vigneault et Ferland, cet artiste entier a contribué à faire avancer la chanson québécoise vers de nouvelles formes et de nouveaux horizons: le folk urbain contemporain. Avec des titres tels que Le blues d’la Métropole, La complainte du phoque en Alaska, Ginette, Le retour de Don Quichotte, Je voudrais voir la mer, Un trou dans les nuages, Tout simplement jaloux, Rive-sud, Maudit bonheur, Toujours vivant (pour Gerry Boulet), Entre Matane et Bâton-Rouge (pour Isabelle Boulay), les innombrables classiques de Michel Rivard témoignent avec force de son statut d’auteur-compositeur de premier plan, plusieurs fois récompensé, ici comme en Europe.

Il a notamment remporté de nombreux Félix, dont celui de scripteur de spectacle de l’année en 2014 pour Roi de rien, concert qui suivait la parution de son dernier album, et s’est vu décerner le Félix Hommage de l’ADISQ en 2004. Parmi les autres distinctions qu’il a eu l’honneur de recevoir, Michel Rivard a été nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2005.

De l’aventure Beau Dommage aux multiples albums solos en passant par ses importantes collaborations (avec l’OSM ou Diane Dufresne), la Ligue nationale d’improvisation, les musiques de film (Les matins infidèles, Histoires d’hiver), l’animation de galas de l’ADISQ, divers rôles au cinéma et au théâtre (Art, Les Variations énigmatiques), Michel Rivard continue d’appliquer une vision et un style très personnels à l’ensemble d’une carrière remarquable, en constante évolution.

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Metteur en scène

Photo: Marie-Claude Hamel

Claude
Poissant

Auteur, comédien, et surtout metteur en scène réputé, Claude Poissant est directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier depuis le printemps 2014. Auparavant, il assurait la codirection artistique du Théâtre PÀP, compagnie qu’il cofondait en 1978.

Figure de proue du théâtre québécois depuis près de quarante ans, on doit à Claude Poissant d’innombrables mises en scène, parmi lesquelles celles de Le Traitement de Martin Crimp, Je voudrais me déposer la tête de Jonathan Harnois, Abraham Lincoln va au théâtre, The Dragonfly of Chicoutimi, Grande Écoute, Le Ventriloque et L’Orangeraie de Larry Tremblay, Mutantès de Pierre Lapointe, Rouge Gueule d’Étienne Lepage et Tom à la ferme de Michel Marc Bouchard. Il a également signé la direction de Tristesse animal noir de Anja Hilling, Après moi, le déluge de Luisa Cunillé, 2 h 14 de David Paquet, Le Goûteur de Geneviève Billette, Petit Monstre de Jasmine Dubé, Bienveillance de Fanny Britt, Unity 1918 de Kevin Kerr, L’avare de Molière, On ne badine pas avec l’amour de Musset, Lucrèce Borgia et Marie Tudor de Victor Hugo et Cinq visages pour Camille Brunelle de Guillaume Corbeil.

Parmi ses autres mises en scène saluées, le public de Duceppe se souviendra longtemps de Oiseaux de proie (2001) de John Logan, inspirée de ce que plusieurs ont appelé «le crime du siècle», alors que deux fils de riches industriels subissaient leur procès pour le meurtre d’un garçon de 14 ans.

En 2018, il dirigeait Hurlevents, qui marquait sa troisième collaboration avec Fanny Britt, Dans la nuit du 4 au 5 de Rachel Graton au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et il s’offrait un premier rendez-vous avec un texte de Michel Tremblay, Bonjour, là, bonjour, tragédie chorale en 31 brefs tableaux, au Théâtre Denise-Pelletier.

Le travail de Claude Poissant fut récompensé de nombreuses distinctions, dont plusieurs prix de l’Académie québécoise du théâtre, sans compter le Prix Gascon-Thomas – École nationale de théâtre (2011) et le Prix Reconnaissance de l’UQÀM pour son apport exceptionnel à la scène théâtrale québécoise (2008).

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Mot de la direction artistique

C’est au cours d’un repas de fin de soirée improvisé que l’idée de reprendre La Face cachée de la Lune à Montréal nous est apparue. Yves Jacques venait de faire un laboratoire avec notre ami Mathieu Quesnel. Et c’est ce soir-là, en écoutant ses savoureuses histoires de tournée, que l’idée a sérieusement commencé à germer.

 

 

Au cours de cette période, nous passions beaucoup de temps à réfléchir aux bases de notre future direction artistique. Un questionnement nous habitait depuis un bon moment: quels seront les classiques québécois de demain? Quels sont les créateurs dont nous parlerons encore dans 50 ou 100 ans? Lorsqu’on évoque ces classiques, nos références nous renvoient souvent aux premiers succès de la dramaturgie québécoise. Serait-il temps de faire découvrir les grandes œuvres des années 90 et 2000 à une nouvelle génération? Et la réponse s’est imposée d’elle-même grâce la rencontre fortuite d’un artiste exceptionnel revenu se poser à Montréal entre deux blocs de tournée: absolument.

 

 

Alors que nous étions encore sur les bancs d’école, la création de La Face cachée de la Lune avait provoqué une onde de choc dans nos réseaux et sur la scène culturelle québécoise. Célébrée pour son inventivité, son humanité et son accessibilité, cette œuvre propulsait la dramaturgie québécoise contemporaine aux quatre coins du monde.

 

 

Avec cette œuvre, Robert Lepage réussit habilement à concilier l’infiniment petit et l’infiniment grand. À travers ses recherches sur la conquête de l’espace et ses tentatives de rapprochement avec son frère cadet, le personnage de Philippe nous force à nous poser de grandes questions.

 

 

Sommes-nous seuls?

 

 

Quoi qu’il en soit, nous espérons que votre présence entre nos murs aujourd’hui saura vous convaincre de la puissance du théâtre comme expérience collective et humaine.

 

Bon spectacle,
David Laurin et Jean-Simon Traversy

Mot du metteur en scène

Depuis que nous l’avons sondée, explorée, cartographiée et que nous y avons planté un drapeau, notre intérêt pour la Lune semble avoir grandement diminué. Déjà, au début des années 70, les dernières missions Apollo ne suscitaient plus assez d’intérêt pour justifier leurs télédiffusions.

 

Mais bien qu’elle ait perdu un peu de son mystère, la Lune n’a certainement pas perdu sa force poétique. En m’intéressant à certains épisodes de la conquête de l’espace, j’ai découvert que ma jeunesse – que je croyais pourtant ensoleillée – baignait la plupart du temps dans les tonalités bleues et grises de la Lune.

 

J’ose espérer que cette histoire de réconciliation entre deux frères saura vous toucher et réveiller en vous un peu de cette nostalgie lunaire.

 

Robert Lepage

Auteur, concepteur et metteur en scène

Entrevue avec Yves Jacques

L’acteur Yves Jacques mène une brillante carrière, ici comme à l’international. Ces dernières années, il a partagé la scène avec Isabelle Huppert, le grand écran avec Nicole Kidman ou encore Fabrice Luchini. À compter de 2001, il est devenu la voix et le visage de La Face cachée de la Lune de Robert Lepage. Depuis, il a fait le tour du monde, livrant ce solo plus de 300 fois en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie, en Europe et en Océanie. Acteur virtuose, donnant vie à tous les personnages de ce spectacle culte, il recevait le Prix Gascon-Roux (2003) et le Prix des abonnés du Théâtre du Trident (2011) pour cette performance. Entretien avec Yves Jacques.

 

Dans La Face cachée de la Lune, Robert Lepage dépeint le personnel pour atteindre l’universel et il a dit qu’il se souviendrait toujours de votre interprétation en Corée du Sud. Cette œuvre sur deux frères qui tentent de se réconcilier a pris une dimension particulière dans ce pays, en conflit avec « sa sœur », la Corée du Nord. Y a-t-il d’autres représentations dont vous vous rappelez plus spécialement ?

 

Je reviens d’abord sur la Corée. On y est retourné en mai 2018 et c’est incroyable l’effet que cette pièce peut avoir là-bas. Les gens sont d’une extrême fébrilité, parfois même en larmes quand ils viennent me rencontrer après la représentation. Des membres de l’équipe du théâtre, avec qui on a travaillé une ou deux semaines, étaient aussi très émus, bouleversés. En Corée, les familles sont déchirées, au Nord et au Sud. Ils ne se voient plus depuis des dizaines d’années et il y a tellement de Coréens qui ne demandent que ça, une réconciliation. La Face cachée de la Lune touche partout dans le monde, mais quand on a vu la réaction si intense des spectateurs de Séoul, c’est incomparable.

Ce que je trouve par ailleurs fascinant — et c’est là que je constate à quel point Lepage sait vraiment toucher l’âme humaine — c’est de voir les spectateurs de partout réagir aux mêmes endroits, à la réplique près, que ce soit en français ou en anglais, car je joue cette pièce dans les deux langues. Cependant, la façon de réagir est différente d’un pays à l’autre. Par exemple, au Mexique, je n’ai jamais vu une salle rire comme ça de ma vie. Les spectateurs avaient ouvert leurs cellulaires, ils s’envoyaient des textos sur ce qui se passait sur scène, prenaient des photos. Ils avaient un fun noir entre eux et je n’avais plus aucun contrôle. C’était débridé et déchaîné !

Sinon, je pense à la Chine, où les salles sont immenses, pour la présentation des opéras, des comédies musicales, de grands ballets. On se retrouve dans ces lieux parce que les petites salles ne sont pas assez larges pour accueillir notre décor. Je me souviens d’une fois en particulier, c’était juste avant que le spectacle commence. Je suis alors derrière le miroir, comme toujours. Mais, cette fois, je n’entends aucun, mais aucun son venir du public. On est à quelques minutes du début de la représentation. Je marche doucement en coulisse et je demande au régisseur : « Coudon, est-ce qu’il y a au moins quelques spectateurs ? » Il me répond que c’est plein à craquer ! Je repars, et on n’entend toujours rien, sauf le bruit de mes chaussures quand je retourne à ma place pour commencer le show ! C’était hallucinant, complètement le contraire de ce que j’avais vécu au Mexique.

Un autre moment dont je me souviens, tout à fait charmant celui-là, c’est lorsqu’on nous a invités en Catalogne, à Barcelone plus précisément. On leur a offert de présenter le spectacle en anglais ou en français. Ils ont exigé qu’on le fasse en français. Eux, ils parlent le catalan dans un pays espagnol et on nous a dit quelque chose comme : « Ça n’est certainement pas nous qui allons vous obliger à jouer la pièce en anglais alors qu’au départ elle a été créée en français, au Québec » !

Est-ce qu’elle a été présentée en Russie ?

Oui ! C’était Robert Lepage qui ouvrait un festival à Moscou en 2007 avec La Face cachée de la Lune, et moi, j’y étais avec Le Projet Andersen. Il ne le savait pas, mais le cosmonaute Alexeï Leonov, le héros de son enfance et l’inspiration même de la pièce qu’il jouait, était dans la salle. Après le spectacle, Leonov a rencontré Robert et lui a offert une bouteille de vodka, celle qu’il avait apportée avec lui dans le vaisseau spatial à l’époque, semble-t-il !

Il y a près de 20 ans, Robert Lepage vous confiait l’interprétation de La Face cachée de la Lune. « Elle est à toi maintenant », vous a-t-il dit. Comment vous êtes-vous réapproprié ce rôle, d’abord créé par Lepage, lui-même ?

Robert a effectué quelques légères adaptations quand je suis arrivé. Mais, j’ai toujours fait en sorte que ça demeure très respectueux de son travail. Je n’ai pas « kidnappé » le show à mes propres fins, ça reste un spectacle de Robert Lepage. D’abord, je l’ai joué de 2001 à 2005, puis j’ai repris Le Projet Andersen jusqu’en 2012, encore une fois, partout dans le monde.

En 2011, on nous a invités à présenter La Face au Trident à Québec — où la pièce avait été créée en 2000 — pour célébrer les 40 ans de ce théâtre. On a encore constaté un vrai engouement pour cette production que plusieurs considèrent comme l’une des plus accessibles et les plus populaires de Robert Lepage. À partir de là, les gens ont voulu revoir La Face cachée de la Lune et on a repris la route. L’hiver dernier, j’étais en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Séoul. L’automne d’avant, j’étais en Belgique et en France après avoir joué à Cardiff et Plymouth en Angleterre. Prochainement, on est attendus à Shanghai, Singapour et Barcelone. Ça n’arrête pas !

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Un pièce qui voyage!

D’Aarhus à Zurich, La Face cachée de la Lune a été applaudie par les spectateurs de 65 villes, dans 27 pays. Ce solo a été joué près de 450 fois à ce jour, dont plus de 300 par Yves Jacques.

Alunissage

3 janvier 2019

PREMIER ALUNISSAGE SUR LA FACE CACHÉE DE LA LUNE LE 3 JANVIER 2019 : UN ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Un premier engin spatial a réussi à se poser en douceur sur la face cachée de la Lune le 3 janvier dernier et cette mission, une première dans l’histoire, n’était ni russe ni américaine. Elle était chinoise. L’appareil Chang’e-4, du nom d’une divinité de la Lune dans la mythologie chinoise, avait quitté la Terre le 8 décembre 2018.

Contrairement à la face qui est toujours tournée vers notre planète et qui avait notamment été explorée par les missions Appolo, aucune sonde ni aucun module d’exploration n’avait encore jamais touché le sol de l’autre côté. Il s’agit d’une opération particulièrement difficile du point de vue technologique, car la face cachée de notre satellite naturel est montagneuse, accidentée et parsemée d’une multitude de cratères.