Whitehorse

Laboratoire de création

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Texte original (d’après la BD de) Samuel Cantin

Adaptation Sébastien Tessier, Guillaume Laurin, Samuel Cantin

Mise en scène Simon Lacroix

Conseillère au texte Catherine Chabot

Interprétation Charlotte Aubin, Joey Bélanger, Éric Bernier, Marie Brassard, Sonia Cordeau, Guillaume Laurin, Etienne Lou, Sébastien Tessier

En webdiffusion jusqu’au 27 mars 2021 

Durée approximative: 55 minutes

Le couple formé de Henri, misanthrope, et Laura, comédienne à l’aube du succès, commence à se désintégrer lorsque cette dernière a l’opportunité d’aller tourner un film sur les caribous à Whitehorse avec le détestable réalisateur prodige Sylvain Pastrami… L’amour saura-t-il survivre au cruel milieu du cinéma québécois?

La compagnie multidisciplinaire Couronne Nord travaille à l’adaptation de la bande dessinée Whitehorse de Samuel Cantin. Ce laboratoire d’une vingtaine d’heures réunira une douzaine d’artistes qui travailleront sur ce projet. 

Duceppe présente le laboratoire Whitehorse, une adaptation de Sébastien Tessier, Guillaume Laurin et Samuel Cantin, tirée de l’œuvre de ce dernier, en collaboration avec Couronne Nord.

Extraits de critiques

et

Témoignages

Fabuleux. Excellent jeu des comédiens, histoire intéressante, on y reconnaît même certains membres de nos familles! J’aime ce mélange d’humour et de drame.
— LB

Excellente pièce de théâtre. René Richard Cyr a fait un travail sensationnel. Bravo!
— RD

Tout simplement super, extraordinaire, fabuleux, les mots me manquent pour l’appréciation de tous ces acteurs et actrices!
— GL

Une histoire de secrets de famille très intéressante. Des rôles féminins forts et bien interprétés.
— SL

Mise en scène vivante qui nous fait oublier le temps, les deux heures sont passées comme un coup de vent… Les acteurs sont tous excellents mais mention spéciale à Roger Léger, Marie-Hélène Thibault et surtout Christiane Pasquier!
— FR

Excellente adaptation d’une pièce majeure de la dramaturgie américaine, nettement mieux réussie que la version cinématographique!
— LC

Vraiment aucune fausse note! Texte particulièrement touchant, vrai, incisif, réaliste, profond et humain.
— CC

Excellent. Duceppe poursuit de belle façon son renouvellement: direction artistique inspirée, acteurs solides, performance magistrale de Christiane Pasquier et parfaite de Marie-Hélène Thibault. Merci à tous les artisans.
— AB

Une belle soirée. J’ai tout aimé: les comédiens, le décor, la mise en scène, les infos sur les écrans à l’entracte, tout! Bravo! J’aime les textes actuels qui nous font réfléchir sur l’humain.
— LL

J’ai tout simplement adoré la pièce et le jeu des comédiens. Nous la recommandons à tous nos amis.
— LT

J’ai beaucoup aimé le souffle et l’énergie de Christiane Pasquier, la vraisemblance d’une famille et des non dits.
— SL

J’adoré la pièce! Les acteurs étaient excellents… J’y retournerais demain matin!
— CC

Excellente soirée de théâtre avec une pièce qui roule autant dans le drame que dans la comédie! La distribution est particulièrement remarquable, surtout avec mesdames Pasquier et Thibault qui donnent le ton. Une belle fresque de la société américaine.
— RP

Excellent spectacle. Christiane Pasquier époustouflante. Bravo!
— PYB

Vraiment extraordinaire: 2h30 et je n’ai pas vu le temps passé. Chaque comédien était fabuleux, aucun temps mort. J’y retournerais sans hésitation!
— JC

Quelle bonne pièce et quels dialogues captivants, spécialement la scène du dîner! Le jeu de tous les comédiens était excellent. Beaucoup d’émotions, nous avons passé une excellente soirée.
— CB

Sublime! Belle pièce et bravo à tous ces excellents comédiens.
— CB

Ce spectacle m’a complètement renversée et plusieurs heures plus tard, je ressens encore cette fébrilité… réelle performance de tous les acteurs dirigés par un metteur en scène unique. Merci de m’avoir donné l’occasion de vivre ces moments magiques.
— EL

Extraordinaire! Mon épouse et moi avons tout aimé de cette pièce. Le texte, la mise en scène et le jeu des comédiens. Mention spéciale à Christiane Pasquier qui est tout à fait formidable. C’est une pièce dramatique avec quelques pointes d’humour bien dosées.
— MB

Pièce intéressante, qui allie humour et drame. Excellente mise en scène. Chapeau aux comédiens, surtout aux comédiennes.
— PB

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️! Une excellente pièce, dans la tradition du meilleur théâtre américain. Un texte puissant porté par des prestations impeccables de la part des comédiens et une mise en scène exceptionnelle. Un sublime moment de théâtre.
— SRB

Bon scénario, excellents comédiens, mise en scène vivante, décors superbes, une pièce magistrale.
— NT

Du grand théâtre. Excellent texte dont les révélations successives décapent l’une après l’autre les couches de l’hypocrisie et du mensonge non seulement d’une famille, mais de la société dont elle est le fruit. Production remarquable dans tous ses aspects.
— MO

Calendrier

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20h - COMPLET
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Distribution

Photo: Alexis GR

Charlotte
Aubin

Laura
Photo: Maxime Tremblay

Joey
Bélanger

Sébastien
Photo: Kelly Jacob

Éric
Bernier

Patrick
Photo: Minelly Kamemura

Marie
Brassard

Docteur Von Strudel
Photo: Andréanne Gauthier

Sonia
Cordeau

Nathalie
Photo: Kelly Jacob

Guillaume
Laurin

Sylvain Pastrami
Photo: Jean-Francois Sauvé

Etienne
Lou

Diego
Photo: Marï Photographe

Sébastien
Tessier

Henri

Crédits

Texte original (d’après la BD de)
Samuel Cantin
Adaptation
Sébastien Tessier, Guillaume Laurin, Samuel Cantin
Mise en scène
Simon Lacroix
Conseillère au texte
Catherine Chabot
Assistance à la mise en scène
Joëlle Leblanc
Production
Couronne Nord (Julie Groleau, Guillaume Laurin)
Réalisation
Léa Dumoulin
Direction photo
Félix Perreault
Son et musique
Marc-Antoine Barbier
Caméra
Martin Gros, Philémon Gunter Crête
Montage
Valérie Tremblay

Médias

Plus sur la pièce et son auteur

Quatrième pièce de l’Américain Tracy Letts, August: Osage County a été créée le 28 juin 2007 au Steppenwolf Theatre à Chicago, compagnie dont le dramaturge, aussi acteur, est membre depuis de nombreuses années. Applaudie ensuite sur Broadway, elle y tiendra l’affiche presque deux ans et récoltera un grand nombre de prix, dont un Pulitzer en 2008, l’une des plus illustres récompenses au monde, qui souligne chaque année les créations exceptionnelles en journalisme, littérature et théâtre. Deux autres pièces de Tracy Letts seront aussi finalistes pour cette prestigieuse récompense: Man from Nebraska (2004) et The Minutes (2018).

C’est Dennis Letts, le père du dramaturge, qui a créé le rôle du patriarche Beverly Weston dans August: Osage County à Chicago.

Passionné de théâtre, professeur d’anglais à la Southeastern Oklahoma State University, il s’est retiré du monde universitaire à l’âge de 50 ans pour devenir acteur. Malgré un diagnostic de cancer et un éprouvant traitement, il décidera de jouer la pièce de son fils à New York, donnant huit spectacles par semaine. Il quittera les planches en janvier 2008, peu de temps avant son décès, le 22 février.

Après Chicago, New York et Londres, les prestigieuses scènes d’Israël, de Porto Rico, d’Australie, d’Allemagne, d’Autriche, d’Argentine, de Suède, du Danemark, du Pérou, d’Espagne, de la Nouvelle-Zélande, de la Roumanie et du Canada comptent parmi celles qui ont tour à tour accueilli cette œuvre majeure, considérée par plusieurs comme l’une des pièces américaines les plus marquantes des vingt dernières années.

Parlant des origines du titre de sa pièce, Tracy Letts a déclaré:

«Je ne pourrais jamais prétendre à un titre aussi brillant que August: Osage County. M. Howard Starks, gentleman, professeur, poète, génie, mentor, ami a créé ce titre pour un poème extraordinaire qui est l’une des inspirations de ma pièce: je le lui vole avec déférence, mais sans excuses — Howard, j’en suis sûr, ne voudrait pas qu’il en soit autrement — et je dédie cette pièce à sa mémoire.»

Dust hangs heavy in the dull catalpas;
the cicadas are scraping interminably
at the heart-thickened air —
no rain in three weeks, no real breeze all day,
In the dim room,
the blinds grimly endure the deadly light,
protecting the machined air,
as the watchers watch the old lady die.

August: Osage County par Howard Starks (extrait)

Tracy Letts a signé l’adaptation cinématographique de sa pièce, portée à l’écran par le réalisateur John Wells. Tourné en Oklahoma, terre natale de l’auteur, le film a été présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto en septembre 2013. Il met en vedette une brillante distribution.

Meryl Streep y incarne Violet Weston, prestation qui lui vaudra une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice en 2014. Finaliste à cette même cérémonie, dans la catégorie de la meilleure actrice pour un second rôle, Julia Roberts y interprète sa fille, Barbara Weston.

Au Québec, la version en français a été projetée en 2014 sous le titre Le temps d’un été.

Au cours de la dernière décennie, Tracy Letts a aussi été salué pour ses performances d’acteur dans de nombreuses productions de renom, sur scène comme à l’écran.

De nouveau récompensé par un Tony Award en 2013, mais comme interprète cette fois — pour son rôle de George dans Who’s Afraid of Virginia Woolf? — Tracy Letts incarnait tout récemment Joe Keller dans All My Sons d’Arthur Miller sur Broadway, aux côtés d’Annette Bening.

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Entretien avec René Richard Cyr

La dernière présence de René Richard Cyr chez Duceppe remonte à dix ans déjà. Le réputé et prolifique metteur en scène dirigeait alors Minuit chrétien de Tilly. Nous sommes heureux d’accueillir de nouveau ce créateur formidable, qui a donné vie sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe aux personnages de Tennessee Williams comme à ceux de Michel Tremblay, aux univers de Serge Boucher et de Peter Shaffer. Cette fois, René Richard Cyr s’attaque à une partition colossale de treize rôles savoureux, créés par l’Américain Tracy Letts. Entretien avec le metteur en scène.

Vous envisagiez de monter cette pièce depuis un moment, n’est-ce pas?

Quand cette pièce a été présentée à New York pour la première fois, en 2007, j’ai reçu deux, sinon trois coups de fil, dont celui de Frédéric Blanchette, qui en signe ici la traduction québécoise. Il m’a dit: «Écoute, j’ai vu une pièce, c’est pour toi! Il faut que tu la montes.»

D’autres personnes m’ont aussi écrit et je crois que l’on pensait à moi parce qu’il y a une certaine parenté entre cette œuvre et l’univers de l’auteur québécois Serge Boucher, un univers hyperréaliste. Dans ma carrière, j’ai monté plusieurs textes de Serge, et j’avais à ce moment-là déjà mis en scène Les bonbons qui sauvent la vie, 24 poses (portraits) et , ici, chez Duceppe. J’ai donc lu cette pièce américaine et je l’ai beaucoup aimée, mais, pour toutes sortes de raisons, elle est restée quelques années dans mes cartons. Quand David (Laurin) et Jean-Simon (Traversy) sont arrivés à la direction artistique, nous avions le désir de travailler ensemble et August: Osage County faisait partie des projets possibles. Après mûre réflexion, leur choix s’est finalement arrêté sur ce grand texte que l’on a renommé Disparu·e·s.

Pourquoi ce titre?

Dans cette pièce, on parle d’abord d’un père qui est porté disparu. Mais, assez rapidement, on se rend compte qu’énormément de choses se sont aussi envolées. Les valeurs familiales ont disparu, les couples s’effritent, plus rien ne s’installe vraiment dans la durée. Le personnage de la mère, Violet Weston, s’efface dans les drogues, elle n’est plus tout à fait là. Ses filles se sont éloignées du noyau familial depuis des années…

À un moment donné, il y a un personnage qui dit: «Ce qui est en train de disparaître était en fait déjà disparu». Dans le sens que l’on ne peut plus vivre comme avant. Nos valeurs profondes sont ébranlées. Nous sommes aussi en train de disparaître. En fait, nos vies sont faites de mille disparitions par jour.

Vous avez déjà dit qu’il n’y a pas de rôle principal dans cette pièce. Pourquoi?

C’est ce qui est extraordinaire dans Disparu·e·s! Il y a presque treize rôles principaux. La pièce est en ce sens surprenante, enthousiasmante. Il a de nouveaux personnages qui arrivent tout le temps, au fur et à mesure que l’action avance. Il y a constamment des éléments de surprise. La mère, Violet, est tout de même centrale. C’est celle par qui tout est provoqué, celle sur qui tout rebondit. Mais, il demeure que tous les autres personnages ne font pas que saupoudrer quelques petites épices, ils participent réellement à l’histoire.

Il y a des moments hilarants dans cette pièce, comme des instants presque tragiques. Avez-vous attaqué cette œuvre comme une comédie ou plutôt comme un drame?

Je me dis que c’est un mélodrame comique. Il y a un côté très mélodramatique. Toutes les maladies de l’Amérique moderne, ou à peu près, y sont exploitées!

C’est un peu comme si l’auteur Tracy Letts avait mélangé du Arthur Miller, du Tennessee Williams et du Eugene O’Neill dans un gros blender… On y retrouve une telle charge d’événements dramatiques! Mais la steam est régulièrement libérée et l’humour devient salvateur à plusieurs moments. Ç’a été un grand plaisir de créer cette famille complètement dysfonctionnelle autour du personnage de la mère, très emblématique. C’est la comédienne Christiane Pasquier qui l’incarne.

J’avais de la difficulté à m’imaginer quelqu’un d’autre pour l’interpréter. Christiane a une vérité profonde, elle peut être très touchante et en même temps excessivement punchée, extrêmement comique. Ça prenait une actrice avec une grosse boîte de Prismacolor dans son cœur! C’est-à-dire, une actrice qui peut donner une tonne de couleurs à son personnage.

Et pour répondre à la question de savoir comment j’ai attaqué cette œuvre, comme une comédie ou comme un drame, je dirais que je l’ai d’abord attaquée sous l’angle de la vérité. À la première lecture, je ne savais pas si c’était un drame ou une comédie. J’ai dit aux acteurs et aux actrices: «C’est vous qui allez me le dire». Pour moi, ce qui est intéressant, c’est de pouvoir jouer avec tous ces éléments de contraste. À mon avis, c’est ce qui fait souvent la qualité des grands textes. Prenons, par exemple, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou de Tremblay. C’est une œuvre incroyablement tragique, mais, tout à coup, il y a une chicane sur le beurre de peanuts qui fait rire tout le monde et l’humour nous permet d’évacuer toute la lourdeur du propos. Dans Disparu·e·s, les répliques sont tellement vitrioliques qu’on ne peut pas faire autrement que de rire. Ces gens se disent des horreurs, certains éléments dans la situation sont démesurés. Mais, comme metteur en scène, on ne peut pas choisir d’en faire une comédie ou une tragédie.

J’essaie seulement d’y aller dans la vérité et dans la psychologie de chacun des personnages, en laissant au public le choix de trouver ça drôle, ou pas.

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Auteur

Photo: Kevin Millet

Jean-Philippe
Baril Guérard

Diplômé en interprétation à l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, Jean-Philippe Baril Guérard est auteur, chroniqueur, metteur en scène et comédien.

L’incisif dramaturge a signé de nombreuses pièces dont Baiseries (Théâtre en petites coupures, 2010), Warwick (Salle Fred-Barry, 2013), Tranche-cul (Espace libre, 2014) et La singularité est proche (Espace Libre, 2017). Il assure la mise en scène des deux dernières. Son parcours de metteur en scène l’amène à orchestrer trois Galas Juste pour rire à l’été 2018 ; ceux de Laurent Paquin, Les Denis Drolet et Pier-Luc Funk. 

Avec son roman Sports et divertissements, publié aux Éditions de Ta Mère en 2014 et où l’on suit le quotidien d’ami·e·s qui déploient toutes leurs énergies à s’étourdir, il amorce un cycle d’écriture qui se poursuit avec Royal, deux ans plus tard. Pour ce second titre, portrait sombre de l’obsession de la performance d’étudiant·e·s en droit, il remporte le Prix des collégiens et figure parmi les finalistes des Prix des libraires du Québec. Le réalisateur Francis Leclerc en créera prochainement l’adaptation au cinéma. Finalement, avec Manuel de la vie sauvage, où il questionne l’éthique dans le milieu des affaires et des nouvelles technologies, Jean-Philippe Baril Guérard conclut en 2018 ce cycle où il étale les pires côtés de l’être humain avec un flamboyant cynisme.

«Moi, j’aime pas ça, les personnages sympathiques. C’est tellement plus facile d’écrire des histoires avec des tas de marde, de faire sortir le mauvais. Ça crée du conflit. Et ce que j’aime, c’est découvrir la petite parcelle de beauté dans toutes ces couches-là de darkness, si tu veux», disait-il récemment à un journaliste du Devoir.

Également comédien, il joue sur les planches de La Licorne (Contes urbains) et du TNM (L’École des femmes, Cyrano de Bergerac), entre autres, ainsi qu’au petit écran (Fait divers, O’, District 31, Le chalet, Marche à l’ombre). Chroniqueur apprécié, notamment à l’émission Jusqu’au bout sur ICI Première, Jean-Philippe Baril Guérard signe à l’automne 2019 sa première web-série de fiction, Faux départs, disponible sur ICI Tou.tv.

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Metteur en scène

Photo : Maxyme G. Delisle

Jean-Simon
Traversy

Jean-Simon Traversy est directeur artistique, metteur en scène et traducteur. En avril 2017, dix ans après sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, il était nommé à la direction artistique de Duceppe, conjointement avec son équipier de longue date, David Laurin. Auparavant, les deux hommes étaient à la barre de la compagnie LAB87, animés par une passion commune pour la dramaturgie anglo-saxonne émergente.

À la saison 2018-2019 de Duceppe, la première sous leur direction, Jean-Simon signe une mise en scène saluée unanimement, celle de la pièce Le Terrier de David Lindsay-Abaire, qu’il avait d’abord créée à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier à l’automne 2016.

Avec LAB87, il a mis en scène Les flâneurs célestes d’Annie Baker, Constellations de Nick Payne et Yen d’Anna Jordan, en plus de travailler comme assistant-metteur en scène de Frédéric Blanchette sur L’Obsession de la beauté de Neil LaBute et Tribus de Nina Raine. LAB87, conjointement avec Denis Bernard, a également mis sur pied Les 5 à 7 de La Licorne avec les pièces L’amour est un dumpling,Toutes les choses parfaites et Il faudra bien qu’un jour.

Jean-Simon Traversy a assuré la mise en scène de nombreuses autres pièces parmi lesquelles Super Poulet de Stéphanie Labbé, Farragut North de Beau Willimon, Eigengrau de Penelope Skinner, Simone et le whole shebang d’Eugénie Beaudry, Hamster de Marianne Dansereau et Nos coeurs remplis d’uréthane d’André Gélineau. Il était aussi l’un des six metteurs en scène de À te regarder, ils s’habitueront au Théâtre de Quat’sous, projet initié par Olivier Kemeid et Mani Soleymanlou. Il a dirigé Bras-de-Fer de Mathieu Héroux et Astéroïde B612 d’Éric Noël, des productions de La Roulotte, en tournée dans les parcs de Montréal. De 2014 à 2017, il a été conseiller artistique de Claude Poissant au Théâtre Denise-Pelletier.

Également traducteur, il signe la version québécoise des pièces Eigengrau de Penelope Skinner, Rouge Speedo de Lucas Hnath, Tribus de Nina Raine et Toutes les choses parfaites de Duncan Macmillan.

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Mot de la direction artistique

August: Osage County, devenue Disparu·e·s chez Duceppe, s’inscrit dans la lignée des grandes fresques familiales américaines. C’est assurément l’une des pièces les plus puissantes issues de cette dramaturgie depuis le tournant du siècle.

Tracy Letts nous plonge dans l’univers des Weston, et plus particulièrement celui des trois générations de femmes qui sont l’âme, le cœur et le corps de cette famille.

Une famille forte, mais marquée par de profondes déchirures.

Des déchirures qui font écho aux dissensions qui affectent l’Amérique.

La cellule familiale est source de compromis. On y apprend à aimer ses proches de façon inconditionnelle et à apprécier leur différence. Mais quand un conflit affecte nos valeurs profondes, il arrive que nous soyons poussé·e·s dans nos derniers retranchements. Doit-on alors préserver la cellule familiale à tout prix?

Il y a longtemps que nous voulions travailler avec René Richard Cyr. S’il est devenu l’un de nos plus grands metteurs en scène, c’est justement parce qu’il a un don pour créer ces familles.

Une partie importante du travail de la mise en scène est de trouver la bonne actrice ou le bon acteur. Puis, de fil en aiguille, la famille est rassemblée. Au cours du processus des répétitions, elle rencontrera indéniablement des tempêtes, des périodes de doutes. C’est à ce moment que la mise en scène doit écouter, tempérer et éclairer.

René Richard excelle dans cet art parce qu’il élève tout le monde autour de lui.

Nous sommes fiers de vous présenter sa formidable famille de Disparu·e·s.

Bienvenue chez eux!

David et Jean-Simon

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Mot du metteur en scène

Nos vies sont traversées par mille disparitions.

L’enfance est vite passée, les désillusions s’amoncellent, l’amour ne dure pas toujours, l’argent est vite dépensé, les distances et le temps nous éloignent les uns des autres, les jours s’allongent, les nuits raccourcissent, la santé se fragilise, la vieillesse surgit trop tôt et finalement la mort rend tous nos efforts futiles et nos espoirs sont déçus. À vrai dire, on ne reconnait vraiment la valeur des gens et des choses que lorsqu’on les a perdus.

 

Il y a déjà longtemps que la famille Weston a explosé et même si l’on tentait d’en recoller les morceaux, les brèches et les blessures sont trop profondes et nombreuses pour que le passé soit effacé, le présent vivable et l’avenir possible. La précarité et la fragilité de leurs relations sont à l’image d’une Amérique déboussolée alors que tous les repères et les certitudes s’ébranlent. Confronté·e·s à tous les bouleversements sociaux, politiques et humains qui nous secouent, il devient de plus en plus impossible de vivre dans le confort et la quiétude. Et c’est peut-être tant mieux ainsi. Car le monde doit changer.

Nous savions que nous n’étions pas immortel·le·s, que nous étions tous inexorablement seul·e·s, nous sommes maintenant confronté·e·s au courage de ne pas sombrer dans le désespoir. Il faut vivre, il faut croire, mais il faut surtout tout réinventer.

À demain, en espérant que l’on ne soit pas disparu·e·s.

René Richard Cyr

P.S. Ah oui! J’oubliais! C’est peut-être aussi une comédie! La comédie humaine!

 

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